28/03/2013

Sus au citron !

Nous voici donc sur un nouvel article, après dix mois de gauche au pouvoir. Alors que ce soir François Hollande va s'adresser au peuple français, on attend de toi un article au vitriol, Virgile. Vas-y, rentre-lui dedans !

Non. Rien à dire à ce sujet. Tout va bien.

Maintenant qu'on a fait le tour de la politique, abordons enfin un vrai problème. Ceux qui me connaissent savent combien ce sujet me tient à cœur, depuis que j'en ai pris conscience. Au rang des obsessions virgiliennes, celle-ci est indéniablement dans les plus importantes.
Comme environ 100% des gens, j'aime les bonbons, et ce depuis ma plus tendre enfance. C'est normal d'aimer ça. Le sucré est le seul goût que les bébés apprécient dès leur naissance. Notre cerveau est fait pour aimer le sucre.

Pour faire plaisir à son cerveau, l'Homme, pendant la Grèce antique, a d'ailleurs eu une idée géniale : plonger une amande dans du miel et la manger. Nous sommes en moins beaucoup avant Jésus Christ et les Grecs inventent deux piliers du monde moderne : la démocratie et les bonbons, sous des proto-formes qui seront perfectionnées au cours des millénaires suivants, jusqu'à arriver aujourd'hui au summum de la démocratie et de la civilisation que nous connaissons avec la mise sous tutelle des banques chypriotes.
Observons bien ce premier bonbon de l'Histoire : il contient un fruit sec et du miel. Et c'est tout. Aucune trace d'agrume.

1922. Un Rhénan crée à Bonn une chaîne de fabrication simple et efficace : il mélange du sucre, de la gélatine, du sirop de fruits et verse le tout dans des petits moules en forme d'ours. Hans Riegel, à Bonn, vient de créer l'Ours d'or. Il ne le sait peut-être pas, mais il vient de poser la pierre d'angle qui mènera son entreprise - Haribo - au succès qu'on lui connaît aujourd'hui, rendant possible le sachet des fraises Tagada qui traîne chez moi et dont l'espérance de vie diminue au fur et à mesure de la rédaction de cet article.

Aujourd'hui, il existe donc une quantité incalculable de bonbons avec des formes, des couleurs, des goûts ne connaissant pour seule limite que l'imagination de leurs créateurs. Le principe de base est toujours à peu près le même : du sucre, 2-3 ingrédients pour lui donner une structure, 2-3 ingrédients pour lui donner un goût singulier, 2-3 ingrédients pour le colorer.

Dans l'industrie actuelle, on peut distinguer deux sortes de présentation des bonbons. dans un cas, les goûts sont mélangés (Dragibus, Régal'ad, etc.), dans l'autre, le sachet ne contient qu'un seul type de bonbons (les fraises ont leurs Tagada, les bananes ont leurs Bam's, les Schtroumpfs ont leurs Schtroumpfs, les framboises ont leurs Floppy, les œufs ont leurs plats, les chats ont leur mallows, etc.)

Or, que remarque-t-on ?
Premier constat : les bonbons jaunes et oranges, respectivement au citron et euh... à l'orange ne sont JAMAIS dans les sachets uniformes, mais toujours mélangés à d'autres goûts.

Je vous invite par ailleurs à faire chez vous le deuxième constat. Achetez un sachet de bonbons mélangés (ou volez-le, je m'en fiche de ce que vous faites de votre vie) comme des crocodiles par exemple et disposez son contenu dans une assiette chez vous, bien en évidence. Tout être humain normalement constitué qui passera devant en prendra au moins un. Attendez et regardez. Au bout de quelques temps (jours, heures, nano-secondes, ça dépend de la fréquentation du lieu), vous pourrez constater que les bonbons auront disparu.
Tous ? Non. A vrai dire, une poche de résistance organisée aura résisté à l'assaut. Leur point commun ? Ils sont soit jaunes, soit oranges. Jaunes ou oranges, comme ceux que je visais tout à l'heure. Citron et orange. Ceux-là peuvent rester sur le coin de votre table, parfois des semaines durant !

C'est un fait, les gens - vous, moi, nous - n'aiment pas ou aiment en tout cas nettement moins les bonbons jaunes ou oranges.
Alors je pose la question : pourquoi les fabricants persistent-ils à imposer ces bonbons non désirés au milieu des autres ???
Certes, un sachet de bonbons, c'est un peu comme un bouquet de fleurs. Pour rendre un bouquet plus beau, on l'agrémente de feuilles, de ruscus, d'ambages colorés. Un sachet de crocodiles, c'est un peu pareil, on lui ajoute quelques bonbons oranges et voilà.

Mais aujourd'hui, cela est trop. Les bonbons au citron, quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup que ça pose problème.
Je le demande donc aux fabricants, à vous les fils spirituels de Hans Riegel :

Abaissez la proportion de bonbons jaunes et oranges dans vos paquets !

Tremblez, tremblez, car mon combat ne connaîtra pas de répit, aussi longtemps que cela sera nécessaire !