21/06/2009

Les supplices de l'été

J'aime beaucoup l'hiver : la neige, les clodos qui meurent ( « Il a fait moins 10 à Lyon et moins 2 à Marseille » ), le froid, le fait de me la péter en me baladant en T-shirt sous la neige, les vingt centimètres de couette réglementaires pour la nuit, les plats savoyards composés presque exclusivement de fromage, les routes bloquées.

En revanche, mes sentiments envers l'été sont plus mitigés : c'est les vacances, mais je dois difficilement préparer la rentrée. Je dois supporter les discours racistes de mes grands-parents, mais c'est la seule période où je vois certains amis. Je ne vois plus les élèves du lycée, mais certains me manquent, en dehors de toute considération sexuelle. On crève de chaud, mais les vieux crèvent tout court.
Et puis l'été, c'est le seul moment où je suis susceptible de voir quelque Italienne callipyge ou quelque étrangère septentrionale désarmante. Mais l'été c'est aussi le moment où je suis privé de M6, W9, etc. parce qu'on ne capte que trois chaînes de télé à Thorame. Et ça, c'est vraiment horrible.

Il reste que mon plus gros problème, concernant l'été, c'est les filles. Moi qui adore voir une fille en jupe, je suis servi, surtout qu'en cette période, les jupes sont facilement assorties d'un décolleté assez saisissant.
Ah, toutes ces paires de seins qu'on aimerait toucher, étreindre, mordre ! (Desproges, si tu nous regardes...) Toutes ces jupes, sous lesquelles on voudrait laisser nos yeux juste pour voir ce qu'il y a ou ce qu'il n'y a pas dessous. Toutes ces filles, plus moches les unes que les autres, mais qui, grâce à quelques centimètres carrés de tissu bien choisis, deviennent subitement attirantes. Toutes ces autres filles, déjà parfaites, qui nous font lever la tête au ciel.

Et toi, oui, toi, petite ingénue méridionale, toi qui pose ton père en odeur de sainteté, j'ai vraiment une mauvaise nouvelle pour toi. Quand ton père croise une fille dans la rue habillée avec seulement 38 cm² de tissu, il pense exactement à la même chose que moi. Et quand une de tes copines sort de ta piscine avec un bikini ravageur, les cheveux mouillés et le regard d'une actrice porno, sache qu'il s'imagine en une fraction de seconde des millions de choses qu'il n'oserait jamais avouer à ta mère et que d'ailleurs il ne s'avoue que lorsque, le soir même ou les cinq minutes suivantes, selon l'intensité du regard, il conçoit ton futur petit frère en un temps record vu que pour lui, c'est ta copine qui a déjà effectué une grande partie du travail.

Mais revenons à mon problème. Toutes ces filles que je ne peux jamais séduire, pour des raisons qui me sont tout à fait opaques, que puis-je en faire ? Me contenter de mater la naissance de leur soutien-gorge en espérant fébrilement apercevoir ce qui se cache derrière ? Guetter avec impatience ce vent fripon qui ne s'attaque habituellement qu'aux porteurs de chapeaux, mais qui, avec je ne sais quelle grâce divine me permettrait de répondre à la question que des générations entières d'hommes et de lesbiennes se posent : « Cette fille porte-t-elle une culotte ou pas ? »

Au reste, comment un homme peut-il se contrôler quand passe sous ses yeux une fille tellement envoûtante qu'elle lui ferait presque oublier qu'elle est sur terre pour faire la vaisselle ? Que doit faire un homme face à une fille habillée avec une jupe écossaise suffisamment courte pour ranimer tous ses fantasmes ataviques ?
Je tiens au passage à adresser toutes mes excuses auprès du Prince Charles : la ruelle était sombre, j'avais un peu bu, il était en kilt...

Concluons donc. Vu que pour des raisons qui me sont étrangères, il m'apparaît impossible de séduire sans exercer de contrainte sur ces créatures qui passent de mes nuits à mes journées, je crois que je n'ai qu'une seule solution : attendre l'hiver prochain.
En espérant au moins une nouvelle vague de décès chez les vieux pour la fin de cet été, histoire de me consoler un peu.

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Photo : lac de Castillon - août 2003

07/06/2009

Naïla ou la légende de la larme de vie, un titre attirant pour un livre attirant

Beaucoup d'entre nous, s'ils y regardent un peu, ont parmi leurs amis au moins un ami atypique qui a un look atypique, un parcours de vie atypique, un comportement atypique, des réflexions atypiques, un talent atypique, un humour atypique ou un métier atypique. Beaucoup d'entre vous diront qu'il s'agit de moi, cet ami atypique, mais ce n'est pas cela que je veux évoquer aujourd'hui.
Cette « singularité » que l'on perçoit chez l'autre n'a toutefois pas franchement gêné nos relations avec cet ami, puisque atypique, il l'était à notre rencontre, et ami il l'est devenu.
Certains sont rebutés devant cette originalité qu'ils découvrent au hasard des conversations d'une soirée ou dans leurs relations professionnelles. Ceux-là vont parfois jusqu'à rejeter cet « étranger » qu'ils n'apprécient pas instinctivement. Mais ce n'est pas non plus cela que je veux évoquer.
« Mais alors de quoi tu veux nous parler, connard ? » Je vais y venir. Et je vais vous demander d'être un peu plus poli.


Makayel – je l'appelle comme ça, mais son prénom est Michaël – est un de ces amis. Son look est assez passe-partout si l'on oublie la longueur atypique de ses cheveux raides (qui sont, selon moi, anti-érogènes). Sa maison semi-troglodyte est atypique. Son parcours universitaire est franchement inhabituel. La décoration de sa chambre est atypique. Le mobilier de sa chambre d'ami est atypique (parmi vous, qui a déjà eu une photocopieuse en panne en guise de porte-vêtements chez soi ?).
Makayel ne m'a jamais déçu. En cela, c'est un ami atypique. Il est doué de toutes les qualités humaines que chacun recherche chez ses amis. En cela aussi, il est unique.

Makayel a écrit un livre, il y a plusieurs années, alors qu'il n'avait pas encore 25 ans.
Comme il est sorti major de sa promo à la fac d'éco, on peut se dire qu'il a écrit un livre sur l'économie, mais ce n'est pas ça. Comme il a bifurqué sur un parcours qui le destine à devenir pasteur protestant, on peut se dire qu'il a écrit un livre sur la foi, sur Dieu ou sur l'histoire de la religion, mais ce n'est toujours pas ça.
Non, Makayel a écrit un livre pour enfants, dont la lecture commencerait à sept ans, à peu de choses près. Ce serait l'univers du Seigneur des Anneaux pour le public de Harry Potter. Ce livre nous conte l'histoire d'une petite fille, Naïla, qui découvre le jour de ses neuf ans que sa mère est une elfe noire, ce qui explique, d'une part, ses oreilles pointues et, d'autre part, son grain de peau mat qu'elle est la seule à avoir dans son village. Naïla partira donc à la recherche de sa mère, qu'elle n'a jamais vue, tandis que son père tentera de rattraper sa fille.
Voilà tout un programme avec à la clé des vilains très vilains, des amitiés inattendues et des rencontres parfois épiques, avec nains, elfes, brigands, comptosaures, etc.


Naïla ou la légende de la larme de vie est un livre amusant sans autre intention que celle de faire passer un bon moment, ou même plusieurs, étant donné le volume du livre. Les situations loufoques côtoient les personnages atypiques et instillent une ambiance emplie de joie et d'humour. L'univers décrit est à la fois simple et attrayant, il arrive même de s'imaginer au sein de ces lieux de vie et d'aborder les fées et nains qui les peuplent.
Un défaut toutefois : les mots, le phrasé, pas assez recherchés, ne sont pas à la hauteur de la fresque dépeinte et empêchent le livre d'être un récit grandiose qui émerveillerait carrément le lecteur. Mais bon... Moi j'dis ça, j'ai pas sept ans, non plus...

Si jamais vous êtes intéressé, vous pouvez envoyer un (Maka)mail à l'auteur qui se fera une joie de vous donner les détails supplémentaires dont vous auriez besoin.