29/07/2010

Hier soir, dans les ruelles embrumées de mon âme


Hier soir, dans les recoins obscurcis de Thorame,
Hier soir, dans les ruelles embrumées de mon âme,
J'ai rencontré quelques compagnons de chemin
Présents parfois depuis un passé lointain.

Presque nus, ces êtres qui n'en sont pas vraiment,
Etalaient leurs apparats les plus séduisants.
Pour un moment, voulant à tout prix m'attirer,
Ils comptent encore avec moi longtemps deviser.

Très tôt sur mon chemin, je pus trouver Humour.
Il me dit : « J'en ferai fuir de ta petite cour,
Je suis noir, lourd, corrosif, j'ai six-cents facettes.
Mais je suis toi, ceux qui m'aiment t'acceptent. »

Plus loin sur un vieux banc, rêvaient deux acolytes.
« Je suis le volant, lui, le frein de ta conduite.
Tu as besoin de moi, tu devras l'endurer. »
J'ai vu Intelligence, et Paresse à côté.

Dans le jardin public, un garçon m'appelait : 
« Tu viens de voir ma mère, mais c'est mieux de jouer !
J'ai un nom impossible, je fais pas mes devoirs.
"Procrastination", allons sur la balançoire. »

Lors, une femme ceinturée de néant murmurait : 
« Je suis ton pire fléau, comme je fais tes succès.
En bonne épouse, j'empêche quiconque de t'approcher. »
C'était Solitude, maladroite île imposée.

Au hasard de mes pas, une étudiante offrait
Les clés pour comprendre l'Homme et sa société.
Elle me demanda d'être prudent avec elle,
Quand elle sert pour les autres, c'est là qu'elle est belle.

Des enfants courraient sur la place des marronniers, 
« Tout le monde nous aime, viens avec nous jouer »
C'était le Sport et les Arts qui faisaient les durs.
Mais seuls Ecriture et Photographie me plurent.

A force de fouiller, je vis enfin cette femme 
« Tu cherchais à vaincre le fléau de ton âme,
Si tu me retrouves, je serai plus forte qu'elle. »
Ainsi parla Amour, puis disparut au ciel.

Egaré, je continuais mes errements
Inquiété par ceux que je verrai au tournant
Résignation, Peur et mille autres m'appelèrent
Je fis le choix de les laisser loin, loin derrière.

Au bout de mon voyage, se trouvait ma maison
Où j'invitais à venir tous ces compagnons.
Ceux qui les aiment y seront toujours bienvenus
En espérant voir un jour la timide élue.

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Photo : Le mois dernier sur les quais troublés de Paris