Aujourd'hui, je vais dans une boulangerie proche de chez moi. J'y suis déjà allé quelques fois mais aujourd'hui la tension est palpable.
J'entre dans la boulangerie, me nettoie les mains au gel hydroalcoolique. Je regarde la marchandise en vitrine, mon regard croise celui de la vendeuse. Derrière son "Bonjour" souriant, se cache un vrai malaise. Je demande un macatia choco-coco et un café sur place.
La vendeuse demande d'une voix tremblante "Vous avez le pass sanitaire ?". Cette simple question revêt une dimension exceptionnelle. Les enjeux sous-jacents sont inconmensurables. Je m'imagine déjà avec sa tête au bout d'une pique. Une révolution sanglante est en marche. Dois-je ployer devant ce suppôt de la dictature ? Dois-je revendiquer mon droit inaliénable à contaminer d'autres citoyens ?
Elle ressent cette tension. Elle comprend le risque mortel qu'elle prend en posant cette question. Les enfants, peut-être que Maman ne va plus jamais rentrer à la maison. Elle savait que son métier n'était pas facile. Elle a toujours su que son métier de vendeuse en boulangerie l'exposerait à la violence et au meurtre. Elle sait qu'en posant cette question, elle risque sa vie plusieurs fois par jour.
Des vagues de violence submergent mon cerveau. Je suis prêt à tuer pour ma liberté. Je suis là à deux doigts de sortir mon couteau qui me suit depuis toujours. La gorge, c'est là que je vais frapper en premier. Sa collègue juste à côté, ce sera plus difficile. Je vais jeter des croissants au sol pour la distraire et au moment où elle détournera le regard, je lui planterai un coup dans le ventre avant de l'égorger. La révolution est en marche. Macron doit avoir peur de moi, de nous, les opprimés du pass sanitaire !
Dans cette boulangerie ne vivent que les deux vendeuses, moi et la haine. Dans deux minutes, il ne restera plus que moi. Je m'approche de la caisse. La deuxième vendeuse renchérit "Votre pass, s'il-vous-plaît." Je plonge la main dans mon sac, hésite entre mon couteau et mon téléphone. Là c'est le drame. Ma main dévie malencontreusement. Je saisis mon portable. Dans le feu de l'action, je démarre l'application de traçage du gouvernement. La vendeuse scanne mon QR code en me demandant 2,90 €. JE DOIS PAYER POUR ME FAIRE ESPIONNER PAR LE GOUVERNEMENT !!!
La vendeuse me remercie de lui avoir laissé la vie sauve et me tend un plateau avec mon macatia et mon café.
Je n'étais pas prêt pour cette fois-ci. En dégustant mon café, j'échafaude un plan plus détaillé pour renverser la dictature qui frappe actuellement notre pays.
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