La majorité des communautés représentées en France sont soumises à des préjugés et des actes négatifs plus ou moins virulents, mais en même temps ces élations sont contre-balancées par des actions de soutien ou de contestation qui viennent de ces communautés ou de l'extérieur (par le terme « communauté », je veux dire, un ensemble de personnes partageant des points communs et non un ensemble de personnes visant un but collectif particulier ou ayant une organisation particulière).
C'est en partie grâce aux préjugés évoqués au début de l'article que le Front National obtient des scores à deux chiffres depuis trente ans, ce qui constitue, partiellement, un acte contre les Maghrébins, les noirs et même les Européens.
C'est en partie pour lutter contre ces préjugés que de nombreux partis politiques érigent en vérité indiscutable l'intégration, la tolérance, l'apport mutuel des cultures, etc. Ces pensées sont suivies d'actes : depuis plusieurs décennies, les Espagnols, les Italiens et leurs descendants sont presque totalement acceptés par la population française. Ce n'est plus un problème, contrairement à l'après-guerre, que d'embaucher des Alonso, Rodriguez, Ferrari, Santini, etc. De même, pour la première fois dans l'histoire de France, l'on peut voir, non pas un, mais plusieurs ministres « de couleur. »
Dans tous les cas, les exclus de ces mouvements hostiles ou favorables, ce sont les Asiatiques, alors qu'ils sont plus d'un million en France. Connaissez-vous beaucoup de blagues racistes sur les Japonais ? Avez-vous un seul cliché négatif sur les Chinois en France ? Et les Indiens ? J'ai des connaissances qui passent leur journée à cracher le fiel qu'ils ont sur les noirs, mais pas un mot sur les Cambodgiens ou les Indonésiens. A l'inverse, pouvez-vous citer le nom d'un seul Asiatique français (ou même Européen) qui soit connu ? Un chanteur, un sportif, un homme politique, une actrice ou un homme d'affaires asiatique ? Une Vietnamienne qui fasse fantasmer tous les Français ? On voit les partis politiques faire monter des noirs ou des Arabes sur les listes électorales pour faire bien, pour dire qu'ils sont ouverts, etc. mais où sont les Thaïlandais ?
Comment faire alors pour simplement reconnaître la présence des Asiatiques en France ? Cela permettrait ainsi de leur donner un statut dans l'imaginaire collectif, puis par ricochets, leur offrir les mêmes droits que les noirs en France : se faire insulter dans la rue, amener une nouveauté musicale ; voir des tags « Mort aux jaunes », être élu ; se faire contrôler par les patrouilles de police chaque semaine, devenir haut-fonctionnaire, quitte à commencer par être sous-préfet dans la Creuse ; faire la une des journaux pour un fait divers qui permettrait à tel ou tel extrémiste de stigmatiser cette communauté et l'accuser de maux non-pertinents, faire la une des journaux pour un exploit sportif qui permettrait à tel ou tel journaliste liseur d'AFP de parler de l'intégration réussie des Asiatiques, etc.
A bien y réfléchir, cette reconnaissance est-elle bien utile ? Vaut-il mieux avoir l'eau tiède ou devoir composer avec l'eau bouillante et l'eau glacée ? Cruel dilemme...
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Photo : exposition sur l'art coréen, jardin d'acclimatation - Paris, mars 2004
C'est en partie grâce aux préjugés évoqués au début de l'article que le Front National obtient des scores à deux chiffres depuis trente ans, ce qui constitue, partiellement, un acte contre les Maghrébins, les noirs et même les Européens.
C'est en partie pour lutter contre ces préjugés que de nombreux partis politiques érigent en vérité indiscutable l'intégration, la tolérance, l'apport mutuel des cultures, etc. Ces pensées sont suivies d'actes : depuis plusieurs décennies, les Espagnols, les Italiens et leurs descendants sont presque totalement acceptés par la population française. Ce n'est plus un problème, contrairement à l'après-guerre, que d'embaucher des Alonso, Rodriguez, Ferrari, Santini, etc. De même, pour la première fois dans l'histoire de France, l'on peut voir, non pas un, mais plusieurs ministres « de couleur. »
Dans tous les cas, les exclus de ces mouvements hostiles ou favorables, ce sont les Asiatiques, alors qu'ils sont plus d'un million en France. Connaissez-vous beaucoup de blagues racistes sur les Japonais ? Avez-vous un seul cliché négatif sur les Chinois en France ? Et les Indiens ? J'ai des connaissances qui passent leur journée à cracher le fiel qu'ils ont sur les noirs, mais pas un mot sur les Cambodgiens ou les Indonésiens. A l'inverse, pouvez-vous citer le nom d'un seul Asiatique français (ou même Européen) qui soit connu ? Un chanteur, un sportif, un homme politique, une actrice ou un homme d'affaires asiatique ? Une Vietnamienne qui fasse fantasmer tous les Français ? On voit les partis politiques faire monter des noirs ou des Arabes sur les listes électorales pour faire bien, pour dire qu'ils sont ouverts, etc. mais où sont les Thaïlandais ?
Comment faire alors pour simplement reconnaître la présence des Asiatiques en France ? Cela permettrait ainsi de leur donner un statut dans l'imaginaire collectif, puis par ricochets, leur offrir les mêmes droits que les noirs en France : se faire insulter dans la rue, amener une nouveauté musicale ; voir des tags « Mort aux jaunes », être élu ; se faire contrôler par les patrouilles de police chaque semaine, devenir haut-fonctionnaire, quitte à commencer par être sous-préfet dans la Creuse ; faire la une des journaux pour un fait divers qui permettrait à tel ou tel extrémiste de stigmatiser cette communauté et l'accuser de maux non-pertinents, faire la une des journaux pour un exploit sportif qui permettrait à tel ou tel journaliste liseur d'AFP de parler de l'intégration réussie des Asiatiques, etc.
A bien y réfléchir, cette reconnaissance est-elle bien utile ? Vaut-il mieux avoir l'eau tiède ou devoir composer avec l'eau bouillante et l'eau glacée ? Cruel dilemme...
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Photo : exposition sur l'art coréen, jardin d'acclimatation - Paris, mars 2004
3 commentaires:
Hum... Je ne me ferai pas l'avocat du diable, mais le racisme anti-chinois est très présent chez moi! Douce rue du Temple, merveilleuse Belleville, et autres rues où tous les commerces sont rachetés par des chinois! Et rue au Maire, au centre d'action social de la ville, les panneaux explicatifs sont écrits en français et en chinois, et ça dit : ne venez pas sans traducteur...
Si si pour ma part j'ai découvert des attitudes racistes envers les chinois, notamment envers les étudiants que j'ai côtoyé en cité U et à la fac.
Ainsi, il ne fait pas bon être chinois en cité U. Enfin, il ne fait carrément pas bon avoir des origines chinoises tout court. Ex: la directrice de la cité U l'Estelan avait répondu à une étudiante australienne ayant une mère d'origine chinoise que si elle voulait être traitée correctement par les femmes de ménage, il fallait qu'elle leur signale plus tôt qu'elle était australienne et non chinoise!
Enfin bon c'est comme ça, moi je dis qu'il n'ont qu'à pas squatter les cuisines pour faire de la bouffe qui pue! Que, plus que tout autre étudiant étranger, ils n'ont qu'à mieux parler français! Et puis, qu'est-ce qu'ils viennent prendre les chères places de master 2 en économie! Non mais!
Bouffe qui pue???
Euh, vive le fromage français...
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