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29/11/2019

Vingt ans, un long voyage

Ce serait aujourd’hui. Un brouillard à couper au couteau aurait enveloppé Thorame au petit matin, ne laissant paraître qu’une lueur pâle dans le village. Des cheminées embaumeraient l’atmosphère de leurs odeurs de bois, venant intensifier le blanc dans le blanc. Aucune âme qui vive ne serait visible, si ce n’est un chat au loin. Je me dirigerais vers la place du village et tu m’attendrais à la table du café. 


Notre-Dame de la Garde - automne 2011
Ou alors ce serait sur cette si belle terrasse, avec la plus belle vue de Marseille sur Notre-Dame de la Garde. Le Soleil viendrait faire mentir l’arrivée de l’automne. Les goélands s’inviteraient dans ce tableau en tournoyant autour du toit avant de s’y poser. Tu serais assis à la table de jardin en contemplant l’infini du ciel azur parsemé de traînées nuageuses. 

Tu me proposerais un café, que j’accepterais avec autant de gourmandise que de plaisir. 
Bien serré, comme tu aimais, et comme j’aime. Et avec du chocolat à portée, comme tu aimais et comme j’aime. 
La scène serait à la fois la plus simple et parmi les plus incroyables de toute l’histoire de l’Humanité. 

Tu commencerais par une question simple : 
- Comment ça va ? 
- Je crois que ça va. Je connais ce lieu mais je ne suis pas sûr de savoir comment j’y suis arrivé. Et pour toi, comment ça se passe ? 
- Oh, je profite. 
- Parmi les réflexions que tout le monde peut avoir sur la vie et la mort, tu m’avais dit une fois que pour toi la mort était probablement un état où l’on aurait réponse à toutes les questions que l’on se pose. C’était ta vision du Paradis : la connaissance universelle. Connaître la vérité sur l’assassinat de JFK, sur les autres galaxies, sur les raisons qui font que nous échouons parfois, sur tout.
Certains travaux laissent d’ailleurs penser que cette possibilité existe dans un univers quantique où tout est un et un est tout. Dieu, toi, moi, les atomes, le Soleil et le brouillard, tout. Est-ce que maintenant ça y est, tu sais tout ? 
- Je sais deux ou trois choses. Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? 
- Comme toi. Je fais tout comme toi. C’est pas ce que j’essaye de faire, c’est ce que je fais. Je marche sans le vouloir dans les mêmes pas que les tiens. J’avance aux mêmes alizés, vers les mêmes caps. Tu étais parti vivre à l’autre bout du monde, je suis à l’autre bout du monde et Dieu sait où demain. Ou peut-être que toi aussi tu sais où. Kerguelen, Polynésie, tes buts d’hier sont ceux que je me fixe aujourd’hui, alors que je n’y avais jamais songé quelques années auparavant. J’ai emprunté des méandres et des ambages pour suivre ma voie et je me retrouverai demain à occuper exactement les mêmes postes que les tiens. Même mes loisirs, mes plaisirs sont bien souvent exactement les mêmes que les tiens. Combien de convives ai-je eu le plaisir de gâter avec tes recettes ? Mon cœur battant pour Marseille et Thorame, je retiens à peine mes larmes chaque fois que je mets les pieds dans la première et chaque fois que je quitte la seconde. Alors qu’il existe plus de 20 000 kilomètres de route en France, j’ai emprunté exactement les mêmes routes que celles où tu nous emmenais en vacances il y a trente ans. Toujours sans le vouloir, sans le faire exprès. Ce que je fais dans la vie, c’est que je récolte les fruits des arbres que tu as plantés ici ou là et qui vivent plus longtemps que toi. Tu plantais avant-hier un olivier pour en consommer les fruits et ce que personne ne savait alors, c’est que j’y cueillerais moi-même les olives aujourd’hui. Et grâce à toi, j’ai fait mieux que toi. J’ai appris de tes erreurs sans avoir à payer un prix aussi élevé que le tien. J’ai appris à éviter les gens toxiques, j’ai appris à fuir les folles comme on fuit la peste, j’ai appris à trouver assez de force en moi pour me relever, j’ai appris à préserver tes arbres et mes récoltes. J’ai aussi appris à réaménager cet espace avec mes propres artifices, ce qui fait de ton oliveraie un champ plus riche et plus beau qu’avant. Ce que je fais dans la vie, c’est que je fais comme toi. C’est que je fais dans la vie, c’est que je réussis. Et pour ça, je te remercie.

28/02/2013

Pour une passoire, ce n'est pas un défaut d'avoir des trous

Je n'ai aucun défaut. Ô, rien de très prétentieux derrière cette affirmation, je remets simplement certaines vues d'esprit en cause. Au reste, n'ayant aucun défaut, je ne suis pas parfait non plus.


Interrogeons-nous sur ce qu'est un défaut. Un défaut peut être un manque, une insuffisance de ce qui serait nécessaire, et définition très proche il peut aussi bien être une imperfection.
Or, qu'est-ce que la perfection ? La perfection est la réunion de toutes les qualités chez une personne ou un objet. Et c'est là que le bât blesse. Une qualité ne peut pas être objective, mais seulement subjective. Dit autrement, ce qui sera considéré comme qualité par l'un ne le sera pas forcément pour l'autre. Par exemple, je considère le fait d'être galant comme une qualité mais j'ai déjà entendu des femmes dénoncer le fait que la galanterie était une manière de rabaisser les femmes au rang d'êtres faibles.
Vous êtes beau ? Est-ce une qualité ? Vous êtes fortuné, drôle, cultivé, charismatique, melliflu et vous pensez que ce sont des caractéristiques que tout le monde recherche ? Je dois vous annoncer qu'il y aura toujours une ou plusieurs personnes qui ne considéreront pas ces qualités en tant que telles.

Mieux, ce qui est a priori un défaut ne l'est pas forcément. Comme vous le savez peut-être, j'ai une tendance exceptionnelle à la procrastination, le fait de remettre des tâches au lendemain – au passage, pourquoi remettre au lendemain ce qu'on pourrait remettre au sur-lendemain ? – mais à vrai dire, cela peut être une façon pour moi d'économiser mon temps. Combien de tâches n'ai-je reporté alors qu'elles furent finalement annulées ? Combien de livres ai-je lu, combien de sommeils réparateurs ai-je gagné, combien de films ai-je découvert, combien de rendez-vous amoureux ai-je connu pour éviter de passer le balai/écrire une lettre/enterrer ma dernière victime dans mon jardin/ faire de la paperasse/apporter des galettes à ma mère-grand/effectuer une quelconque tâche rébarbative ? Le bénéfice de ma fainéantise devient alors supérieur à son coût, le défaut devient utile, le gaspillage de temps devient lucratif, le défaut n'en est pas un, le défaut n'existe pas.

 
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du mal
Thorame, janvier 2012
 
Réciproquement, la qualité en tant qu'aspect positif n'existe pas non plus. Je suis grand, ce qui est une qualité d'un point de vue social, mais le fait de devoir me baisser sans arrêt m'apporte régulièrement des douleurs au dos, ce qui en fait un défaut.
Non, les qualités n'existent pas, la perfection – qu'elle s'applique aux humains ou aux choses – devient donc impossible car indéfinissable.

 
Les défauts n'existent pas, les qualités n'existent pas, alors que reste-t-il ?
Moi, vous, ce que nous sommes, hier aujourd'hui et demain. Chaque médaille à son revers, chaque chose a un coût dont il faut s'acquitter, chaque tartine de Nutella est aussi faite avec du pain. Et bien pour nous, c'est pareil.

22/12/2012

Lettre ouverte à Dieu

Après avoir écrit au Virgile du futur, il me paraissait logique de passer à l'étape supérieure et de m'adresser à Dieu. Nous y voici donc.


Cher Dieu,

Je t'écris aujourd'hui pour te faire part de mon immense mécontentement quant à tes dernières actions ou plutôt quant à tes dernières inactions.
En effet, nous sommes le 22 décembre 2012 et hier, à la grande surprise générale, la fin du monde n'a pas eu lieu.
Pour ma part, j'étais ravi d'avoir échappé au crash de la station Mir qui devait avoir lieu le 11 août 1999, puis au bug de l'an 2000 qui ne m'avaient même pas laissé une égratignure. Un peu plus tard, j'ai également survécu à la terrifiante date du 06/06/06. Et surtout, j'ai réussi à survivre à l'alignement exceptionnel du Soleil, de Vénus et des loches de Pénélope Cruz du 04 septembre 2010, événement rarissime et catastrophique, la dernière fois ayant été à l'origine de la déchéance de l'Empire romain. 

Peyresq - avril 2004
En revanche, pour le 21 décembre 2012, il était certain qu'il y aurait un alignement cosmique qui allait entraîner, si ce n'est la fin du monde, au moins un cataclysme gravissime qui aurait engendré la mort de plus de 95% des êtres humains de la planète. Ca devait se passer comme dans la Bible : de la grêle et du feu qui ravagent la Terre, la mer qui se transforme en sang, la lumière du Soleil qui faiblit, une invasion de sauterelles, etc.
Alors du coup, j'en ai profité pour faire tout ce que chaque être humain censé aurait fait : j'ai profité de l'imminence de la fin du monde pour faire tout ce que je n'aurais pas fait si j'avais imaginé que j'en paierais les conséquences.
La première des choses, c'est que j'ai évidemment laissé tomber mon travail quelques semaines avant l'apocalypse pour me dégager du temps libre. Bon, je suis pas bête, je savais que je n'allais pas tenir longtemps sans argent alors j'ai décidé de dépenser toutes mes économies. Et puis comme je savais qu'il n'y aurait pas de conséquences, j'ai aussi dépensé les économies de plusieurs personnes de mon entourage qui avaient eu la mauvaise idée de laisser traîner un RIB dans un tiroir de leur bureau.

La moindre des choses qu'on puisse dire, c'est que j'ai su en profiter. Toi-même, Dieu, tu serais surpris de la facilité à raccourcir le délai d'attente pour avoir un couvert dans les restaurants trois étoiles tant qu'on peut avancer suffisamment d'argent.
Et je n'y suis pas toujours allé seul, loin de là. Grâce à cette fin du monde annoncée, je me suis libéré de la contrainte de ma santé et je me suis donc rendu à Moscou. Pas pour photographier la ville, non, mais surtout, ne craignant plus les MST, pour profiter de la chaleur des femmes russes d'une part, et pour vendre l'un de mes reins d'autre part. Ça peut valoir très cher un rein. En tout cas, suffisamment pour pouvoir acheter une parure de diamants que j'ai offert à la fille de mes rêves. Certes, ça n'a pas suffi à la séduire, mais au moins j'ai rendu cette fille heureuse pendant toute une après-midi minimum.

Dieu sait, pardon, tu sais, que je ne me suis pas arrêté là. En effet, j'en ai aussi profité pour satisfaire nombre de mes curiosités : à quoi ressemble l'intérieur d'un écran de télévision plasma, d'un appareil photo ou de dizaines d'autres choses de mon intérieur, quelles mesures de coercition sont efficaces pour faire taire un bichon frisé, etc.
J'en ai même profité pour tuer plusieurs personnes au hasard dans la rue, pour voir si ça se passe comme dans les séries policières américaines (si tant est qu'on puisse utiliser l'expression « au hasard » pour décrire 870 kilomètres de voiture et 17h40 heures d'attente effectués dans trois villes de France).

Pour réussir tout ça, je n'ai pas hésité à prendre assez de cocaïne pour tenir le coup. Ça marche bien ce truc. Le problème, c'est que j'en avais acheté seulement pour tenir jusqu'au 21 décembre et qu'aujourd'hui nous sommes le 22 et je m'approche à grands pas du syndrome de manque. Je pourrais bien m'en acheter un peu pour me sevrer progressivement, mais j'ai déjà claqué tout ce qu'il me restait dans un baptême d'apesanteur (ça coûte cher la stratosphère). J'espérais d'ailleurs te voir en allant là-haut, mais je crois que tu n'as pas répondu au rendez-vous.
J'ai bien fait quelques autres choses dont je ne suis pas très fier, notamment dans un établissement du Marais que je déconseille ou avec un père Noël, histoire de choquer les enfants de l'assistance médusée.

Bon enfin bref, j'ai été particulièrement déçu de cette non fin du monde et je tenais à te le dire. A part l'album de reprises de Jean-Jacques Goldman, il faut dire qu'on n'a rien eu de très catastrophique pour ce 21 décembre, ce qui représente une double peine pour nous tous. Et établir une double peine alors que la gauche est au gouvernement, je trouve ça minable.

Je vais donc essayer de survivre à cette survie, mais une chose est sûre, c'est que ça ne sera pas grâce à toi.

31/03/2012

Etre ou avoir ?

Il y a être et avoir. Ces deux verbes sont les plus utilisés de la langue française, et ce n'est pas seulement pour leur rôle d'auxiliaire de conjugaison, c'est aussi pour l'importance que nous accordons aux deux états qui vont avec : avoir quelque chose, être quelqu'un. 

Je ne vais pas m'étendre sur le double discours de la gauche qui consiste à diaboliser le verbe avoir, symbole de la société de consommation, en même temps qu'elle ne demande qu'une seule chose : attribuer plus d'argent à ceux qui en ont peu afin qu'ils puissent plus consommer. 

Peut-être l'interpréterez-vous justement comme l'un de ces symboles de la société de consommation, mais depuis quelques mois, je possède, j'ai, un nouvel appareil photo. Et ce nouvel avoir fait de moi un être légèrement différent d'avant. 


Thorame - janvier 2012
Plus rapide, plus polyvalent, plus permissif, plus sophistiqué, en bref : bien plus performant que mon précédent appareil, mon D90 va jusqu'à changer la représentation visuelle de mon environnement dans mon cerveau. Désormais, je ne vois plus d'oiseau. Je vois un sujet cadré dans mon objectif. Je sais à peu près la longueur de champ que je vais utiliser, je sais où je vais me positionner, j'imagine déjà le cliché. Auparavant, cet instant aurait été trop fugace, cet oiseau trop éloigné pour que j'en tire un cliché correct. Désormais, mon champ des possibles s'est ouvert à ces anciennes difficultés. D'autres vont progressivement s'ouvrir à moi au fil de ma maîtrise de l'appareil ou de mes futures acquisitions. 
A ce point-là, il est difficile de dire si mon appareil est seulement l'outil qui vient dans le prolongement de mon cerveau puisqu'il réorganise mes représentations. Il est difficile de dire si l'avoir ne vient pas compléter l'être ou le modifier. 



Nice - avril 2012
Mais cela ne s'arrête pas là. Dans quelques semaines, je partirai en vacances dans un lieu chargé d'histoire. Aux vieilles ruelles, aux monuments historiques et aux majestueux palais, viennent se greffer d'autres lieux auxquels je n'aurais peut-être pas prêté autant d'attention : réserves animalières, falaises, forêts méditerranéennes, etc. tout cela dans le but d'espérer rapporter quelque cliché plus surprenant ou plus esthétique que les autres. Mon appareil photo va donc jusqu'à modifier mon emploi du temps et les lieux où je me rends. Et à bien y réfléchir, j'avais déjà pensé à cette destination six mois auparavant, mais j'attendais d'acquérir cet appareil avant de m'y rendre... 
Et ça va encore plus loin ! Depuis que j'ai cet appareil, les gens me perçoivent différemment. Un inconnu vous a peut-être demandé un jour de le prendre en photo au pied d'un monument et vous avez sûrement accepté, écouté les consignes et pris quelques photos. Je suis passé à l'étape supérieure puisque maintenant, les gens ne me donnent même plus de consignes ou de conseils. Ils se contentent de dire que je sais sûrement comment faire avant de me laisser leur matériel à 400 € dans les mains. 


Vanina - Paris, mars 2012
Mes amis aussi me voient différemment. Je le vois très bien quand leurs yeux croisent le fond de mon objectif, j'en suis même surpris. Une expression de visage tout juste liminale, qui en devient même intime. L'espace d'un instant, il se produit une interaction qui n'était pourtant pas là quelques secondes auparavant. Mais pour ma part, c'est plus sur les expressions suivantes que je vais m'attarder. Les yeux qui ont vu mon appareil m'indiquent si je peux les prendre en photo ou pas. Existe-t-il cette connivence, cet accord pour figurer sur une photographie ? Existe-t-il ce regard de désapprobation qui bien souvent va m'arrêter ? Mais encore, est-ce que ce regard fuyant signifie l'envie de fuir l'objectif ou le photographe ou est-il l'expression d'un sentiment plus profond indécryptable sur le moment ? Et surtout, pourrai-je en tirer quelque chose d'esthétique ? 
Je prends mes amis plus souvent en photo qu'avant. Et paradoxalement, ils s'en plaignent plus, mais semblent plus impatients de voir le résultat final. 


Alors au final, ce nouvel appareil photo, c'est bien plus qu'un objet de consommation, c'est un loisir, un outil, un complément, une ressource. C'est un objet qui marque ma manière de voir mon environnement, qui m'y amène, parfois. Ce simple « avoir » ouvre la perspective à de nombreux autres verbes : faire, aller, créer, immortaliser, extraire, transmettre, trouver... Il en devient même un marqueur social puisque je suis passé de « celui qui prend des photos » à « photographe ».


P.S.: Si vous arrivez à identifier le rapace que j'ai pris en photo, je veux bien que vous m'indiquiez ce que c'est comme espèce.

27/10/2011

Le sacré à Thorame

Je n'ai de cesse de le dire : Thorame est le plus beau village du monde. Il est tellement beau, à vrai dire, qu'une personne de prestige s'y est arrêtée pour y rencontrer l'un des villageois. Une personne de prestige, oui. Clint Eastwood ? Dany Boon ? Kurt Cobain ? Catherine Deneuve ? Georges Brassens ? Non, mieux !!
Euh... François Mitterand ? Barack Obama ? Didier Super ?
Mieux, je vous dis !!
Napoléon ? De Gaulle ?
Bien plus prestigieux !
Je sais pas. Dieu ?
Presque !
Nicolas Sarkozy ?
Non plus. Thorame a connu une apparition de la Vierge Marie qui offrit une fleur cueillie dans le paradis à un paysan du village en lui demandant d'édifier une église à l'endroit de leur rencontre. C'est cette rencontre qui est à l'origine de l'église de Notre-Dame de la Fleur.
Je n'ai pas osé parler d' « érection de l'église », je me suis dit que ça faisait limite dans le même paragraphe que la Vierge.
Bref.

Chaque année, en mémoire de cet évènement, a lieu une procession où l'on transporte la statue de la Vierge de l'église de Thorame, jusqu'à l'église de Notre-Dame de la Fleur (7 km). J'ai photographié cette procession et il se trouve que l'une de mes photos a été choisie pour illustrer l'article dédié dans le livre Le sacré dans les Alpes que je vous recommande chaudement (Ouaiiiiiis, c'est là où je voulais en venir).


Statue de ND de la Fleur, procession de la Pentecôte 2011
(mais ce n'est pas cette photo qui illustre le livre)
Ce livre décrit quelques uns des lieux sacrés les plus remarquables dans les Alpes du Nord et du Sud : les incontournables, comme Notre-Dame de la Sallette ou le monastère des Chartreux, mais aussi d'autres, moins connus, comme cette église à deux clochers, l'un pour les messes catholiques, l'autre pour les messes protestantes. On y découvre aussi l'incroyable église de Passy (Haute-Savoie) décorée par Braque, Matisse, Chagall, Léger, Rouault et bien d'autres lieux encore.

Je vous invite donc à découvrir tous ces beaux lieux alpins en vous procurant ce livre, que vous devriez trouver facilement dans toutes les bonnes crèmeries.
 (Je précise au passage que je ne touche pas de droits d'auteur en fonction des ventes effectuées. Je ne vous conseille donc pas ce livre pour mes intérêts personnels)

30/07/2011

La machine a remonter le temps


Vous l'ignorez encore peut-être, mais je possède une machine à remonter le temps. Bien que le terme "récemment" soit à manipuler avec précaution en l'espèce, je puis dire que j'ai récemment pu utiliser cette machine pour aller prendre ce cliché en gare de Thorame Haute il y a tout juste un siècle, le 3 juillet 1911. 
Très beau temps au passage, ce jour-là. On regrettera juste l'absence d'eau réellement potable.

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Photo : Locomotive Henschel & Sohn E211 - Thorame Haute, juillet 1911

29/03/2011

Qui veut venir à la messe ?


Ben moi je dis, si c'est demandé si gentiment, pourquoi pas ?

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Photo : affiche sur la porte de l'église de Thorame - mars 2011

28/01/2011

Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera

J'ai un excellent ami que nous allons appeler Régis. Mais ce Régis n'est pas un con. Je le connais depuis environ toujours. Nous avons atteint une proximité que je rencontre avec peu de personnes et, sans vouloir me vanter, je pense être une des rares personnes sur Terre qui le connaisse et le comprenne aussi profondément. Souvent, il n'a pas besoin de parler, je sais ce qu'il veut me dire. Nous sommes, comme on dit, sur la même longueur d'ondes.
Oh, évidemment, tout n'est pas exactement parfait entre nous deux : nous avons des idées politiques on ne peut plus opposées, j'ai quelques légers reproches à lui faire, nous avons eu quelques différends. Et tous ces points sont réciproques.

Nous avons donc bâti quelque chose ensemble, quelque chose qui semble être d'une solidité singulière, mais malgré cela, je ne l'ai vu pleurer que trois fois, alors que je me doute qu'il est en vérité bien plus sujet à ce genre de manifestations.

La première fois, c'était il y a une dizaine d'années. Il traversait alors des difficultés que je comprenais mal. Moi-même, je n'aurais sûrement pas su faire face à ces difficultés. Il a tenu bon. Douloureusement, mais il a tenu bon. Un jour, il m'a manifesté cette douleur. Nous étions assis sur les marches d'une grande maison aux volets verts dominant une placette, et sans que l'un d'entre nous ne s'y attende, les digues ont lâché. Je ne savais pas trop quoi dire ou faire. J'ai essayé de l'aider, mais je me suis perdu dans des questions inutiles et je ne sais pas si je lui ai vraiment été utile à ce moment-là.

La deuxième fois, c'était il y a cinq ans, au décès de l'une de ses amies dont moi-même j'étais encore plus proche. Je l'ai vu entrer chez moi et lorsqu'il a voulu saluer les personnes présentes, il est tombé en sanglots dans les bras de la première personne venue, plus touchée que lui. Nous étions plusieurs, les yeux épuisés de larmes, et ses larmes apportaient encore de l'oxygène au feu qui nous consumait. Mais il était là, en partie pour moi et ça aussi ça m'a touché. Bon, durant les jours suivants, je l'ai vu pleurer pas mal de fois, mais je ne les compte que pour une seule.
Il a été d'une bienveillance et d'un soutien exemplaires envers moi et malgré son chagrin. Il n'a compté ni les heures ni les pleurs pour jouer son rôle d'ami. Il m'a remplacé durant mes absences, il a été un soutien lors de mes présences.
A un moment, il m'a tapé sur l'épaule pour me dire « Regarde, on est tous derrière toi. » Il avait réuni derrière moi tous mes amis les plus proches. J'ai n'ai jeté qu'un œil furtif. Un peu plus tard, j'ai glissé un mot à ma petite amie, puis j'ai à nouveau jeté un œil furtif encore plus tard. Il ne sait pas trop pourquoi, mais je ne lui ai jamais dit ce que j'ai ressenti à ce moment-là.

La troisième fois, c'était il y a juste quelques semaines. Il me dressait son bilan, particulièrement pessimiste, de l'année écoulée. Un excellent début, puis une dégringolade sans fin. Ses perspectives étaient à peine plus gaies. Et il a craqué. Je le soupçonnerais presque d'avoir préparé son coup.
C'est toujours gênant de voir quelqu'un pleurer. On ne sait jamais trop comment réagir. Surtout que là, je pouvais pas dire grand' chose. Il était lucide, ça faisait des mois qu'il avait tourné toutes ses idées dans sa tête. Ça faisait des mois qu'il cherchait des solutions. Et je me rendais compte que ça faisait des mois qu'il était en détresse. Et que ça faisait des mois que je n'avais pas été là.
Que pouvais-je lui apporter comme solution nouvelle ? Aucune. Mais ce soir-là, j'ai été présent. C'était peut-être la seule chose qu'il attendait de moi, faute de pouvoir lui apporter la solution miracle à laquelle il n'aurait pas pensé.

Au fond, c'est aussi cela que l'on peut attendre d'un ami : être là, rendre la pluie plus agréable, le froid moins mordant, la douleur plus légère. 

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Photo : Thorame, été 2006

29/07/2010

Hier soir, dans les ruelles embrumées de mon âme


Hier soir, dans les recoins obscurcis de Thorame,
Hier soir, dans les ruelles embrumées de mon âme,
J'ai rencontré quelques compagnons de chemin
Présents parfois depuis un passé lointain.

Presque nus, ces êtres qui n'en sont pas vraiment,
Etalaient leurs apparats les plus séduisants.
Pour un moment, voulant à tout prix m'attirer,
Ils comptent encore avec moi longtemps deviser.

Très tôt sur mon chemin, je pus trouver Humour.
Il me dit : « J'en ferai fuir de ta petite cour,
Je suis noir, lourd, corrosif, j'ai six-cents facettes.
Mais je suis toi, ceux qui m'aiment t'acceptent. »

Plus loin sur un vieux banc, rêvaient deux acolytes.
« Je suis le volant, lui, le frein de ta conduite.
Tu as besoin de moi, tu devras l'endurer. »
J'ai vu Intelligence, et Paresse à côté.

Dans le jardin public, un garçon m'appelait : 
« Tu viens de voir ma mère, mais c'est mieux de jouer !
J'ai un nom impossible, je fais pas mes devoirs.
"Procrastination", allons sur la balançoire. »

Lors, une femme ceinturée de néant murmurait : 
« Je suis ton pire fléau, comme je fais tes succès.
En bonne épouse, j'empêche quiconque de t'approcher. »
C'était Solitude, maladroite île imposée.

Au hasard de mes pas, une étudiante offrait
Les clés pour comprendre l'Homme et sa société.
Elle me demanda d'être prudent avec elle,
Quand elle sert pour les autres, c'est là qu'elle est belle.

Des enfants courraient sur la place des marronniers, 
« Tout le monde nous aime, viens avec nous jouer »
C'était le Sport et les Arts qui faisaient les durs.
Mais seuls Ecriture et Photographie me plurent.

A force de fouiller, je vis enfin cette femme 
« Tu cherchais à vaincre le fléau de ton âme,
Si tu me retrouves, je serai plus forte qu'elle. »
Ainsi parla Amour, puis disparut au ciel.

Egaré, je continuais mes errements
Inquiété par ceux que je verrai au tournant
Résignation, Peur et mille autres m'appelèrent
Je fis le choix de les laisser loin, loin derrière.

Au bout de mon voyage, se trouvait ma maison
Où j'invitais à venir tous ces compagnons.
Ceux qui les aiment y seront toujours bienvenus
En espérant voir un jour la timide élue.

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Photo : Le mois dernier sur les quais troublés de Paris

27/05/2010

Les tribulations d'un Thoramien à Thorame ou les trépidantes aventures télévisuelles d'un type à peu près normal qui veut éviter la dépression





Le titre est un peu long, je vous l'accorde.
Depuis plusieurs décennies, la commune de Thorame – et d'ailleurs la plupart des communes environnantes – ne connaissait que trois chaînes : TF1, France 2 et France 3. Aucune autre.
En emménageant à Thorame, il était inenvisageable de me limiter à ces chaînes. Vous imaginez le risque dépressif élevé le lundi soir, coincé entre un épisode de soeurtherese.com et un épisode de Louis la brocante ? Impensable. C'est pourquoi, j'ai immédiatement décidé d'investir dans un récepteur TNT par satellite.

Or, la semaine dernière, en tripatouillant un peu le récepteur, j'ai réussi à passer des 19 chaînes traditionnelles à plusieurs centaines de chaînes de télés et de radios satellitaires. Miraculeux. Je voyais le nom des nouvelles chaînes défiler, parmi elles, les plus attractives du satellite : Syfy, 13ième rue, Fox, Canal+ cinéma, etc.
Bon, première désillusion, il s'agissait uniquement d'écrans noirs pour ces chaînes-là. Snif.

En revanche, joie, j'aurai désormais le choix de la radio que je veux écouter quand je suis chez moi. Oui, France Inter était jusqu'alors la seule radio que je pouvais capter chez moi. Sauvé.

Continuons. Parmi toutes les nouvelles télés reçues, se trouvent des chaînes aux noms évocateurs : Eros TV, Hot Girls TV, 6live (jeu de mot dans la langue de Goethe, 6 se prononce comme « sexe »), Amore TV, GayBoys LIVE, Kamasutra TV, etc.
Je ne peux pas toutes les citer car il y en a une cinquantaine, avec des noms qui prêtent parfois à sourire : Traumgirls.TV (en Français : Filles de rêve TV), Voyeur TV, Das Erotische TV (La télé érotique), Bizarr24, etc.
Calmez vos ardeurs tout de suite, il s'agit uniquement de chaînes où tournent en boucle des spots publicitaires du genre « Salut, tu te sens seul ce soir ? Appelle-moi au 0900... c'est seulement 99 centimes la minute. », le tout, avec un suave accent germanique. So glam.

Mais ces chaînes ne sont pas mes préférées. Je capte désormais Eurosport. Waou. Quelle joie de connaître 24 heures sur 24 tous les résultats sportifs européens. J'ai même pu voir une interview de Franck Ribéry, doublée en pour ses supporters munichois s'il-vous-plaît. Que du bonheur, cette chaîne ! Surtout pour moi !

Ça ne s'arrête pas là. Non. Je capte en vrac Bibel TV. Oui, la chaîne qui parle de la Bible 24/24. Dan la langue de Goethe, bien sûr. Et Dhd24, alors ? Je crois que c'est une chaîne qui diffuse en non-stop des petites annonces (je donne un chien, je vends ma voiture, etc.)
Ne nous attardons pas sur Al-Jazeera (toujours utile pour voir les vidéos de Al-Qaïda), Juwelo TW (pour acheter des bijoux en télé-achat 24h/24), MTV German (pour voir les épisodes de South Park ou Bob l'éponge dans la langue de Goethe), Cubavision International, Tirol TV ou Demain (avec des émissions au nom improbable comme Découvrir les merveilles du Béarn).


Et puis, il y a ces chaînes qui sont tout simplement exceptionnelles : France 24, la chaîne d'info française en continu, payée par le contribuable français et diffusée partout sur Terre, sauf en France. Principe implacable.

Mais qu'est France 24 à côté de Renault TV ? Renault TV... la seule télé au monde dont l'unique sujet est la marque Renault. J'ai ainsi découvert Suzanne qui nous montre des photos de son père dans sa première voiture, une Renault, dans les années 30. Là, c'est Suzanne avec son frère quand ils ont dix ans et qu'ils jouent dans une voiture, une Renault. Et aujourd'hui, Suzanne est contente, parce qu'elle va avec sa famille sur un circuit pour conduire toute la journée – devinez quoi ! – des Renault. Une pure merveille télévisuelle.

Et pour finir, ma préférée CCTV F – China Central TeleVision Français – où l'on voit de nombreux reportages touristiques sur la Chine. J'ai d'ailleurs appris que « la Chine compte 30 millions de musées, c'est-à-dire un musée pour 600 000 personnes. » Cela signifie donc qu'il y a 18 milliards d'habitants en Chine. C'est ce que je me disais aussi.
J'aime aussi particulièrement les pièces de théâtre et autres films « historiques » agrémentés de chansons « typiques » de la Chine. Ou plutôt du communisme des années 60 : « Courageux sont tes fils et braves sont leurs cœurs pour lutter contre la tyrannie » avec pour illustration des images de drapeau britannique brûlé ou de prêtre vindicatif.
On peut aussi voir de savoureux JT, comme en France. Ou presque. Les cours de la bourse défilent en bas de l'écran. C'est ce qu'on appelle le communisme à la Chinoise. Les infos sportives sont très intéressantes : l'Atletico Madrid qui a battu Séville en Liga espagnole. Sûrement aussi intéressant que le match Nantes-Montpellier.
Les informations sur la scène politique sont exclusives. Ici, en France, on nous ment, on nous montre un mannequin qui est censé représenter Bernard Kouchner. Sur CCTV, ils ont le cran de nous montrer le vrai Bernard Kouchner, plus bedonnant et moins bien équipé en cheveux. De toute façon, c'est soit ça, soit le monteur du reportage s'est emmêlé les pinceaux.


Bref, grâce à un peu de persévérance et de curiosité, je peux profiter de moments savoureux à découvrir absolument. Ou pas.

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Photo : Thorame sur lit de Verdon - mai 2009

15/10/2009

Le plus beau chemin est celui que l'on choisit

Je vous l'accorde, mes derniers posts n'étaient pas les plus enthousiastes que j'ai écrits. A dire vrai, ils ne reflètent qu'une faible partie des derniers mois vécus. Contrairement à mes appréhensions saisonnières, cet été fut somptueux. Riche en évènements festifs, en découvertes, en retrouvailles, l'été 2009 fut proche d'un été parfait. Je serais bien tenté de vous faire la liste de toutes les évènements qui se sont déroulés, de toutes les personnes que je remercie... Mais du sommet de la Sainte-Victoire aux lieux de mon enfance, de la Camargue à Paris, cela serait trop long. Et peut-être un peu trop ressemblant aux rédactions de primaire...

Cet été peut se voir comme un long film, dont la scène finale ne doit s'apprécier qu'à la lumière des mois précédents. De tout ce que j'ai vécu cet été, que ce soit une banale sortie scolaire, une banale randonnée, un banal mariage, une banale rencontre, un banal séjour ici ou là, chacune de ces scènes a permis de mettre en relief le plan final. Plan final qui peut se résumer en un mot dont la médiocrité orthographique ne saurait être à la hauteur de la fresque vécue : un déménagement. Car au fond, c'est bien plus que cela. Ce déménagement est le résultat d'un processus et le symbole de sa fin, tout comme il est le début d'un autre processus, logiquement articulé avec le premier. Mmh, pas facile à comprendre du premier coup cette phrase, n'hésitez pas à la relire si vous ne l'avez pas saisie...

Concrètement, j'ai fait mes adieux à Aix-en-Provence et j'y ai laissé beaucoup de choses que je ne côtoierai plus, ou plus autant : mon travail, certains amis, mon ex, les contraintes que je n'avais pas choisies. Et surtout cette amertume que j'avais dans le cœur depuis près de neuf ans passés à Aix-en-Provence

Mais maintenant, je revis et re-vis à Thorame. J'ai entendu cet été un dicton qui dit qu'un homme ne pourra jamais voir une deuxième fois le même fleuve. Car le fleuve aura changé, et l'homme aussi.
C'est sur cette image que se clôture un tome de ma vie pendant qu'un autre se laisse esquisser. On y devine quelques éléments : la liberté retrouvée, le refuge, la joie. On y devine des interrogations qui n'auront leurs réponses que plus tard. En somme, on y devine un chemin, sans vraiment être sûr de tout ce qu'il y aura après le virage.

Toutefois, au milieu de toutes ces questions et de toutes ces certitudes, une chose est certaine : le plus beau chemin est celui que l'on choisit.



Pour avoir une meilleure résolution, vous pouvez télécharger le diaporama ici.

01/10/2009

Chamois dort...


Vu sur le pont de la fleur ce matin en allant travailler.

J'aurais bien mangé un civet de chamois (et non pas "J'aurais bien mangé un civet de chat, moi.")

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Photo : Pont de la Fleur - Thorame, 01/10/09

17/12/2008

Les lois de Murphy et les chaînes à neige


Vous connaissez tous les lois de Murphy. Le genre de loi empirique qui édicte que toute tartine qui tombe par terre tombera du côté de la confiture.
Et bien mon dernier périple à Thorame m'en a inspiré quelques unes...

1. Vous apprenez à vos dépens que les pneus neige ne sont pas suffisants et que vous devez investir dans des chaînes à neige.
2. Le mode d'emploi des chaînes à neige ne correspond jamais à celles que vous devez monter.
3. Plus vous êtes pressé, plus vous mettrez du temps à monter ces foutues chaînes.
4. Quand une chaîne se bloque derrière la roue, c'est toujours à l'endroit le plus inaccessible.
5. Le temps à mettre la chaîne sur le premier pneu est inversement proportionnel à mettre la chaîne sur le second pneu.
6. Ce n'est qu'au dernier moment que vous vous rendez compte que vous avez monté une chaîne à l'envers.
7. Vous ne pouvez demander d'aide à personne.
7.1.De toute façon, personne ne veut vous aider dans ces cas-là.
7.1.1.De toute façon, jamais personne ne veut vous aider, quelle que soit votre situation.
8. La difficulté à monter ces chaînes est proportionnelle aux difficultés climatiques subies (froid, vent et neige).
9. C'est au moment où vous ne sentez plus vos doigts et que vous êtes à un cheveu de réussir que le (les) enfant(s) qui est (sont) dans la voiture commence(nt) à pleurer.
10. Le temps que vous mettez à vous occuper de ces satanées chaînes est inversement proportionnel à la distance sur laquelle vous vous en servez.
11. Vos chaînes vous ont coûté un bras alors que vous n'allez pas vous en servir.
12. Vous avez besoin des chaînes le seul jour où vous les avez oublié.
13. Lorsque vous venez juste de finir le montage des chaînes, le chasse-neige vous déblaie la route.
14. Il s'arrête de neiger quand vous enlevez les chaînes.
14.1.C'est à ce moment-là qu'il pleut.
15. Les chaînes sont strictement inefficaces sur la glace.
15.1.Vous n'avez aucun moyen de faire la différence entre glace et neige.
16. Lorsque vous devez choisir entre enfiler des gants (et donc être moins précis) et attaquer à mains nues (donc se geler les doigts), vous prenez toujours la mauvaise décision.
17. Vous n'avez pas le choix : il neige toujours quand vous devez partir.
17.1.Vous auriez pu partir plus tôt, mais la météo n'annonçait pas la neige.
18. Vous devez racheter des chaînes à chaque fois que vous changez de voiture et vous ne savez pas quoi faire de six jeux de chaînes différents.

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Photo : Lac des Sagnes - Thorame, décembre 2008

30/11/2008

L'histoire sans fin

Je me doutais bien que ce moment arriverait un jour ou l'autre.
Il y a un peu plus d'un an, quelques amis, quelques connaissances se connectaient sur ce blog, alors tout jeune.
A l'heure où je vous parle, 1800 visiteurs (pour 2644 visites) se sont connectés sur le blog et c'est le cœur entâché de tristesse que je vous annonce le ralentissement du blog, une petite mort en quelque sorte.
J'ai toujours à l'esprit moult idées d'articles, mais depuis quelques temps, l'augmentation du temps que je passe à Thorame, la concrétisation de mon projet professionnel m'empêchent toute régularité dans mes publications. Je ferai de mon mieux pour laisser ce blog survivre.

A vrai dire, j'ai ouvert récemment un nouveau blog, moins édulcoré, moins marrant, mais plus sérieux et plus utile à une certaine catégorie de population.
Vous pouvez passer sur http://psy-haute-provence.blogspot.com, vous saurez alors où j'en suis de ma recherche d'emploi et de mon emploi du temps actuel, quelque peu chargé. D'ailleurs vous pouvez me dire dans le sondage actuel ce que vous en pensez.

Quoi qu'il en soit, je tiens à tous vous remercier de vos visites sur mon blog, de vos commentaires, de votre humour, de votre goût pour mon phrasé, en un sens, de votre amitié. Ce blog ne finira jamais et c'est grâce à vous.

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Photo : Pralognan-la-Vanoise, été 2008

10/10/2008

Le rayonnement international de Thorame, encore

Quand je vous le dis que Thorame est plus importante que ce que l'on croit !!!
Alors, OK, c'est juste Thorame-Basse, mais, c'est déjà bien, non ?


P.S.: vous imaginez la taille de la bête ?

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Photo : Peyrolles (13), Journées du patrimoine 2008

05/10/2008

Les âneries des idiots

La scène se déroule le 06 août, en fin d'après-midi.
J'entends un hélicoptère qui passe au-dessus de Thorame. Intéressé, je cours l'observer au dehors. il semble être jaune et rouge. Il s'éloigne et passe derrière une montagne avoisinante, si bien que je ne l'entend plus. Une poignée de minutes plus tard, le bruit de son moteur m'interpelle à nouveau : le voici revenu. Je ne le vois plus, mais je l'entends se rapprocher. Je devine qu'il va se poser. Ni une, ni deux, j'arme mon appareil photo et j'enfourche mon batvélo.
En général, les hélicos se posent sur le stade de Thorame. Oui, il y a un stade de foot à Thorame, et alors ? J'y descend à toute allure pour ne pas le rater. Il est juste à côté de là, majestueux et vrombissant. Cet hélico me rappelle mon attirance enfantine pour ces engins.

Le médecin de bord rejoint le plancher des moutons et observe l'appareil s'envoler. J'entame la conversation avec lui. Il m'explique qu'ils viennent de Mandelieu (près de Nice) et qu'ils sont venus là pour porter secours à des randonneurs. Je constaterai plus tard qu'il s'agit d'une femme, d'une personne âgée et de trois enfants, tous en très bonne santé. Le médecin m'explique le plus naturellement du monde que les randonneurs ont appelé les pompiers car le jour commençait à tomber et qu'ils n'arrivaient plus à retrouver le chemin pour rentrer, bien qu'ils pussent voir le village.
L'hélico ramènera alors les randonneurs et leurs affaires en trois fois. Pendant ce temps, un Thoramien (certainement ami des randonneurs) viendra les chercher dans son 4x4 avant que l'équipage ne se repose et reparte.

Coût estimé de l'opération : 5000 € (peut-être un peu moins). C'est-à-dire le montant de deux années de bourse pour un étudiant, le coût de 10 mois d'hospitalisation pour une personne, le prix du parc informatique d'un petit collège, etc. 5000 € à la charge de l'Etat, donc des contribuables.

Mais regardons cet incident de plus près : les randonneurs ont fait preuve d'une ou plusieurs erreurs qui ne dépendaient que d'eux-mêmes. Il ne s'agissait pas d'un infarctus à trois heures de marche de la civilisation. De plus, leur ami aurait pu faire la moitié du chemin avec son 4x4 pour les aider ensuite (ravitaillement, allègement des sacs) car il connaissait très bien les lieux. Dans le pire des cas, l'opérateur qui a décidé d'envoyer l'hélico aurait pu, s'il avait regardé une carte des environs, se contenter d'envoyer des secours terrestres à partir du village voisin, un peu plus long, mais sûrement moins cher.

5000 €, donc, pour les erreurs d'une ou deux personnes, c'est un peu élevé, je trouve.
Pourquoi ne pas faire payer ces interventions aux assurances des victimes, pardon, des personnes concernées ? Certes, les cotisations augmenteraient certainement, mais les impôts pourraient baisser en vertu d'une espèce de transfert de compétences. Lors, charge à l'assurance de se retourner éventuellement contre les protagonistes pour leur faire payer l'intervention. Ou d'ailleurs, pourquoi l'Etat ne se retournerait-il pas directement contre ces randonneurs imprudents ? Je reste dubitatif.

Dans tous les cas, si vous souhaitez faire un baptême de l'air gratuitement, c'est très simple : partez faire une rando avec une personne âgée à cinq heures de l'après-midi, puis appelez les pompiers au bout d'une demi-heure en leur disant que vous ne trouvez plus le chemin.
Implacable. Et lamentable.



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Photo : hélicoptère de la Sécurité civile - Août 2008, Thorame

09/09/2008

C'est (presque) un beau roman...

... c'est (presque) une belle histoire qui commença il y a trois ans, presque jour pour jour.
C'est une histoire qui relève de l'intimité entre deux personnes qu'on nommera Lui et Elle.

Nous étions alors lundi soir. En cette froide rentrée, Lui était avec des amis. Il bût quelques verres durant la soirée - pas trop - peut-être savait-il inconsciemment qu'il allait rencontrer Elle. Lui s'endormît assez tard, vers minuit et se réveilla le lendemain, vers cinq heures, à mon bon souvenir. Il prît son petit-déjeuner, deux cafés puis partît dans son carrosse. Ni Lui ni Elle ne savaient vraiment qu'ils allaient se rencontrer.

Elle commença sa journée comme de nombreuses autres. Elle se leva, puis réveilla sa fille qui avait alors cinq ans. Elles déjeunèrent également. Un millier des choses auraient pu empêcher la rencontre avec Lui, l'homme qui allait changer sa vie. Ce matin-là - qui sait ? - peut-être se réveilla-t-Elle un peu plus tard ou un peu plus tôt que d'habitude. Peut-être sa fille traîna-t-elle pour se lever. Quoi qu'il en fut, Elle partît à l'instant que Dieu, ou le hasard, ou le destin choisit. Un autre millier de choses pût encore empêcher LA rencontre. A-t-elle attendu au cédez-le-passage du pont Clot alors qu'il n'y avait même pas d'autre véhicule ? A-t-elle ralenti pour éviter un lapin sur sa route ?

Et Lui ? Sa fatigue le poussa-t-elle à ralentir et à arriver à l'endroit de la rencontre, au moment qui allait tout bouleverser ? Fut-il ébloui par sa beauté ? Il ferma ses yeux l'espace de quelques secondes. L'instant de tous les instants, l'instant de trois vies. Elle klaxonna. Le poids-lourd de Lui poussa la voiture de Elle dans le ravin. Sa fille dira plus tard "Elle a crié, crié et d'un coup plus rien." C'est dur de crier quand on a la moitié du crâne éclatée et qu'on se vide de son sang.

Elle s'appelait Elisabeth et elle avait 31 ans. Elle est morte tristement, bêtement, douloureusement, le 06 septembre 2005.
Sa présence nous touche encore.

03/08/2008

Mon irrésistible attraction

Je sais que certains ne voudront pas me croire, mais j'ai connu des dizaines d'histoires d'amour. Je ne tiens pas de comptes précis, mais 80-90 me semble une approximation correcte.

Elles s'appellent Angèle, Jessica, Sandra, Estelle, Annabelle, Laurence, Chloé, Nadia, Alexandra. Elles sont blondes, brunes, rousses. Quelquefois, leurs peaux indiquent qu'elles viennent d'Afrique, de Tahiti, d'Asie. Elles ont mon âge ou dix ans de plus. Elles sont pleines d'argent (ou plutôt Papa-Maman) ou n'ont pas un sou en poche. Ce sont des connaissances, des amies, des amies d'amis ou des filles que j'ai croisées dans la rue ou ailleurs. Certaines sont célèbres, mais je ne dévoilerai pas les noms.
En fait, chaque fille un tant soit peu attirante porte avec elle une histoire potentielle.

Evidemment pour arriver à un tel score – soyons honnêtes – j'ai parfois cumulé plusieurs histoires en même temps. Ce sont des histoires d'un soir ou une semaine, six mois ou cinq ans. Cinq ans ! Ça vous paraît sûrement être peu, vieillards rhône-alpins, mais cinq ans, quand on en a vingt-cinq, c'est énorme !

Ah ! Si seulement une histoire d'amour sur quatre avait été réciproque et concrète...
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Photo : il en fallait bien une. Thorame - été 2006

04/06/2008

Résultats (et analyse !) des sondages plus anciens



Je récapitule ici les résultats des différents sondages qui ont eu lieu sur le blog depuis sa création.




Vous vous diriez... (17 votes)
  • Très à gauche 4 (23%)
  • A gauche 2 (11%)
  • Au centre 2 (11%)
  • A droite 4 (23%)
  • Très à droite 2 (11%)
  • Ca dépend 1 (5%)
  • Autre (anar, royaliste...) 0
  • Pas intéressé par la politique 2 (11%)
On peut donc considérer les idées politiques des visiteurs du blog comme étant très équilibrées, mais pas représentatives de l'ensemble des Français.


Avez-vous déjà téléchargé une photo de ce blog ? (9 votes)
  • Oui 1 (11%)
  • Non 8 (88%)
Ben, moi qui faisait en sorte que mes photos aient une résolution assez élevée pour être utilisées en fond d'écran, je me dis que ça sert pas à grand-chose. Maintenant, je les réduis pour que le blog soit plus accessible pour les téléphones portables.


Quel que soit votre degré de pratique, vous vous diriez... (20 votes)
  • Chrétien catholique 6 (31%)
  • Chrétien protestant 3 (15%)
  • Chrétien autre 0
  • Juif 0
  • Musulman 1 (5%)
  • Bouddhiste 0
  • Athéiste 8 (42%)
  • Autre 2 (10%)
Grosse surprise en ce qui me concerne, je suis étonné du peu de diversité et du nombre important d'athéistes.


Comment trouvez-vous le blog ? (16 votes)
  • Génial 13 (81%)
  • Assez bien 2 (12%)
  • Moyen 1 (6%)
  • Pas terrible
  • Nul
Le résultat est assez logique, vu que les gens qui vont quelque part y vont parce qu'ils aiment ça.


Quel âge as-tu ? (15 votes)
  • Moins de 15 ans 0
  • 15-20 ans 1 (6%)
  • 20-30 ans 11 (73%)
  • 30-40 ans 2 (13%)
  • 40-50 ans 1 (6%)
  • plus de 50 ans 0
C'est normal, quand on est jeunes (tout est relatif), on côtoie des jeunes, non ?


Si une minorité de visiteurs vote sur le blog, certains indices tendent à penser que c'est une minorité représentative (taux des âges, opinions politiques).
Je ne peux que vous inviter à plus participer aux sondages plus régulièrement. Et sachez que si vous estimez le sondage mal posé, vous pouvez m'en faire part par mail ou dans les commentaires. Je corrigerai alors le problème.

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Photo : Thorame - novembre 2007. Elle n'a pas grand-chose à voir avec l'article, mais bon, je l'aime bien.

13/04/2008

Le rayonnement international de Thorame

On peut avoir des surprises en se baladant près d'Aix-en-Provence...

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Photo : Rue Ferdinand Thorame - Vauvenargues, mars 2008