31/05/2013

J'aime pas les grosses

J'aime pas les grosses.

Ah bon ? Tu dis ça comme ça, toi ?
Ben oui : j'aime pas les grosses.

T'es gonflé quand même ! Tu aurais toi-même quelques kilos à perdre.
C'est vrai. Mais j'aime pas les grosses.

Je crois que tu as fréquenté des filles qui n'étaient pas toujours très filiformes.
Tout à fait. Mais j'aime pas les grosses.

Toi qui a appris à ne pas rejeter une personne en fonction de sa couleur de peau, de ses opinions, de son passé ou de quoi que ce soit d'autre, tu te permets de rejeter une personne juste parce qu'elle est grosse ?
Je sais, mais j'aime toujours pas les grosses.

Toi qui te bats contre les diktats imaginaires et utopiques de l'uniformisation, toi qui te bats pour que chacun s'assume tel qu'il est, pour que chacun travaille son estime de soi sans pour autant changer ce qu'il est, tu dis d'un coup que t'aimes pas les grosses ?
C'est exactement ça, j'aime pas les grosses. Elles sont moches.

Mais c'est le discours du pire des salauds, du pire des machos ! Tu chosifies un être humain, une femme, que tu réduis à sa seule dimension physique ou sexuelle ; implicitement tu considères qu'une femme – grosse ou pas – devrait te plaire plutôt qu'être elle-même. T'as rien trouvé de mieux pour satisfaire ton ego ?
Ce raisonnement va peut-être un peu trop loin. Mais dans tous les cas, j'aime pas les grosses.

Toi qui méprises plus que tout l'émission de la TNT où l'on « relooke » les femmes à coups de bistouris pour qu'elles se sentent bien dans leur peau, tu dis d'un coup que c'est bien ?
Pas du tout. Je ne dis rien de plus que cela : j'aime pas les grosses.

Toi qui te dis plus que féministe - c'est-à-dire humaniste - tu méprises ainsi le combat que les féministes ont mené depuis des décennies, c'est incohérent.
De toute façon, je goûte peu à leurs combats en général. Et si elles sont grosses de surcroît, ça ne me les fera pas plus aimer.

C'est pas toi qui disais apprécier le charme de Marianne James ?
Si. Mais j'aime pas les grosses.

Pourtant, le moins qu'on puisse dire, c'est que Marianne James a quelques kilos en trop.
C'est tout à fait vrai, mais Marianne James n'est pas grosse.

Bon, ok, je pige plus.
Toutes les grosses sont moches, à l'inverse des femmes pulpeuses. Ou qui ont des kilos en trop. Ou qui ont des formes. Ou peu importe comment vous les appelez. Le problème, ça n'est pas les kilos, c'est la façon de les porter. A titre d'exemple, certains vêtements, comme les pantalons moulants, sont évidemment à bannir. Les pantalons « tuyaux de poêle » sont aussi à éviter. Il ne s'agit pas de dissimuler les formes, mais de les mettre en valeur, car au fond, peu de personnes détestent vraiment ces kilos superflus. Vous n'allez peut-être pas me croire, mais oui, il existe une vie après le 38 (et je ne parle pas seulement de l'Isère et du Jura), elle est composée de décolletés chics, de robes à dentelles ou de longs manteaux de cuir fourrés en hiver. Cette vie après le 38 est aussi composée de fierté, de postures, de gaieté et de dizaines d'autres états valorisants.

Si vous ne devez retenir qu'une seule chose, c'est que la beauté n'est pas dans les kilos ni dans leur absence, il n'y a pas de poids parfait, pas de silhouette à rejeter. Vous voulez un exemple flagrant qui saura vous convaincre, si ce n'est déjà fait ?
Le voilà.


Alors pour conclure, Mesdames, je vous en prie, arrêtez d'être grosses, devenez belles !

2 commentaires:

Picard a dit…

Après avoir relu ton texte plusieurs fois et réfléchi sur icelui, je reste quand même arrêté à ma première impression : ton argumentation est peut-être un peu trop "facile".
Cette exhortation aux femmes de se sentir belles quelque soit leur poids me semble un peu oublier comment elles peuvent vivre leurs propres corps.

En exemple, je mets un lien vers le blog d'une jeune femme qui fréquente un même forum que moi, et dont la dernière entrée est l'un des trucs les plus déprimants à lire :
http://douleur.over-blog.com/article-v-comme-velpeau-117839922.html

Certes, cet article parle plus largement du rapport au corps féminin, mais achoppent, ici et là, quelques indices sur les problèmes de poids de l'autrice.

Virgile A. a dit…

surtout qu'elle aborde le problème d'un point de vue opposé au mien et au demeurant insoluble !