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23/04/2013

Pourquoi j'ai décidé de voter pour François Hollande

23 avril 2017, je vais entrer dans l'isoloir d'un instant à l'autre pour participer à l'élection du Président de la République.



Contrairement à toutes les élections présidentielles précédentes, ma réflexion ne s'est pas éternisée. Il est évident que je vais voter pour François Hollande. Mieux : ça n'est pas un choix par défaut, c'est réellement ce qu'on appelle un vote d'adhésion.

En effet, au cours des cinq années qui viennent de s'écouler, François Hollande a indéniablement changé le visage de la France. A l'aide de sa majorité, il a rendu le pays objectivement meilleur.

Nous sommes en 2017 et pour la première fois depuis les chocs pétroliers des années 70, la France a connu une baisse continue du chômage pendant 51 mois de suite ! Oui, lorsque François Hollande nous annonçait une « inversion de la courbe du chômage dans un an » (c'est-à-dire pour septembre 2013) puis pour la fin de l'année 2013, il ne nous mentait pas ! 51 mois de baisse du chômage, c'est un million de chômeurs en moins. Faisant fi de la crise, des cauchemars économiques vécus par nos voisins européens, ayant su anticiper avec génie la crise des prêts étudiants américains non-remboursés, le Président a su faire avancer le paquebot France en pleine tempête sans sourciller ni perdre son cap. De quoi rendre jaloux tous les dirigeants du G8, du G20 et même du G-spot et du G-Squad. Ainsi, la France est presque systématiquement citée en exemple lors des discours de divers hommes politiques en Europe et dans le monde. On se souviendra particulièrement de la phrase du successeur de Barack Obama pendant sa campagne : « Nous avons le devoir d'atteindre le niveau de la France et de la politique menée par son Président. »

Il est vrai que depuis les débuts de l'industrialisation, l'économie française ne s'est jamais aussi bien portée sur une période de quatre ans, permettant ainsi au pays d'entrer dans un cercle vertueux : plus d'exportations = plus de production = plus de recettes pour les entreprises = moins de chômeurs = plus de consommation = plus de croissance = plus de recettes pour l'Etat = moins de dettes = plus d'infrastructures = plus d'emplois. La boucle est bouclée. Nous sommes en 2017 et François Hollande a réparé à lui seul tous les impairs et toutes les difficultés des cinquante dernières années.

Et que dire de son bilan moral ? Lui qui avait fondé sa campagne 2012 sur l'apaisement, la réconciliation entre deux France qui s'opposaient, François Hollande a réussi son pari. Mariage homosexuel, morale laïque à l'école, 35 heures, et bien d'autres questions de société ont concouru à l'apaisement de la société. Désormais, la France est unie, mais pas dans un consensus mou, signe de marasme, d'avancée millimétrique. Non, la France est unie derrière un homme charismatique et avance à grands pas comme environ une fois par siècle. Seuls deux hommes dans l'histoire de France moderne avaient su être à la hauteur de François Hollande jusque là : Napoléon Bonaparte et Charles De Gaulle.


Le bilan politique de François Hollande est également irréprochable. Peu importent les débuts difficiles de son mandat – conséquences de la gestion chaotique de la droite durant dix ans – François Hollande a su gérer les quatre années suivantes d'une main de maître.
Contrairement à nombre de ses prédécesseurs, François Hollande a tenu TOUTES ses promesses de campagne. Toutes ? Oui, toutes.
François Hollande s'était engagé à renégocier le traité budgétaire européen pour privilégier la croissance et l'emploi. Victoire, il a su mettre l'Allemagne et le Royaume-Uni au pas.
François Hollande avait fermement combattu l'augmentation de la TVA prévue par la droite, les nouvelles rentrées financières lui ont permis de baisser la TVA.
François Hollande avait encore plus fermement combattu « la culture du chiffre » au sein de la police, condamnant les objectifs chiffrés de reconduites à la frontière. Sa ligne politique s'est située à l'opposé. En effet, ses incroyables talents diplomatiques ont permis de développer la qualité de vie dans les pays du Maghreb, d'Afrique, et d'Europe de l'Est, réduisant l'immigration illégale à peau de chagrin. François Hollande n'a donc jamais fait appliquer un objectif de 30 000 reconduites à la frontière par an, posture idéologique qui rendait l'Etat immoral lorsque la droite était au gouvernement.
François Hollande s'était engagé avant 2012 à donner le droit de vote aux étrangers lors des élections locales. Il savait pertinemment qu'un changement de la constitution serait nécessaire et donc qu'il devrait convaincre les députés de droite de voter cette révision. Ici aussi, comme on pouvait le prévoir avec un homme d'un tel talent, François Hollande a su négocier avec la droite et arriver à mettre en place cette mesure qui, là encore, a su réconcilier les Français entre eux.
François Hollande s'était engagé à réformer le statut pénal du chef de l'Etat. Victoire. François Hollande s'était engagé à supprimer tous les « avantages » liés à sa fonction (ne plus griller de feux rouges, ne plus utiliser l'avion pour ses déplacements courts, simplifier la gestion de ses déplacements en train, diminuer les frais de fonctionnement, etc.) Victoire.


Palais de l'Elysée - Paris, juin 2010

François Hollande s'était engagé à mettre en place le non-cumul des mandats ainsi qu'un code de déontologie pour les ministres. Ce système s'est montré totalement efficace, ce qui fait qu'aucun scandale politique n'a eu lieu au cours de son mandat. Une première dans l'histoire de France ! De même, le non-cumul des mandats a permis à la fois une baisse du gaspillage de l'argent public et une meilleure efficacité institutionnelle.
François Hollande s'était engagé à mettre fin au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Victoire.
François Hollande qui avait promis une république exemplaire a réussi son pari. En effet, aucun ministre de son gouvernement n'a jamais été nommé malgré une condamnation dans son casier judiciaire. Le Premier Ministre choisi n'a d'ailleurs jamais été condamné pour favoritisme, la ministre de la justice n'a jamais été condamnée (d'ailleurs, François Hollande n'a absolument pas manqué de logique en nommant dans le gouvernement français une indépendantiste guyanaise), et le premier secrétaire du PS n'a jamais été non plus condamné pour recel d'abus de biens sociaux, aucun ministre n'a été forcé à démissionner à cause d'une procédure judiciaire.

Il serait long et fastidieux de détailler ici toutes ses autres victoires politiques, je vais donc les passer rapidement en revue :

  • relocalisation des usines en France, 
  • politique agricole européenne,
  • réduction des dépenses inutiles pour mieux utiliser l'argent public,  
  • réconciliation entre l'ouvrier et le patron,  
  • système de retraite,  
  • développement de systèmes de transport moins polluants,  
  • mise en place d'une Organisation Mondiale de l'Environnement (particulièrement efficace),  
  • fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG,  
  • chute considérable de la délinquance et de la criminalité (permettant ainsi de faire exécuter toutes les peines de prisons, dans des conditions dignes),  
  • choc de simplification (la justice est plus rapide, l'URSSAF est devenue un exemple de simplicité, le mille-feuilles administratifs n'est plus, etc.)  
  • grands projets européens concrétisés (et notamment la recherche sur les énergies renouvelables, les grandes infrastructures, le tout sans augmentation des prélèvements sur les contribuables),
  • intégration sociale et conditions de vie des handicapés,  
  • réussite éducative à l'école,  
  • résolution de la crise du logement en France en général et en Ile-de-France en particulier,  
  • et enfin, le dernier, qui me tient particulièrement à cœur : Marseille. Marseille qui connaissait un taux d'homicide près de huit fois supérieur à la moyenne nationale sous Nicolas Sarkozy a connu grâce à l'action gouvernementale un effondrement sans précédent de ses statistiques morbides. La BAC est désormais irréprochable. Les élus aussi. Tous. Il est même devenu agréable de conduire en voiture à Marseille, les incivilités y sont désormais marginales, la pauvreté et le chômage s'y résorbent peu à peu.

Là où François Hollande a également fait preuve d'un esprit visionnaire, c'est dans sa gestion de la République. C'est has been la séparation des pouvoirs, c'est pour ça que Esther Benbassa, sénatrice écolo, a été convoquée à plusieurs reprises dans des ministères pour lui faire retirer sa proposition de loi, pourtant inscrite à l'ordre du jour. Has been, on vous dit ! Comme quand François Hollande et le Ministre de l'Intérieur ont écrit une lettre au juge chargé de juger la plainte de Valérie Trierweiler, François Hollande sachant qu'il ne pourrait pas être entendu en cas de contestation de la partie adverse, et Manuel Valls s'exprimant en tant que Ministre et non pas en tant que personne. Voilà une façon de révolutionner la cinquième République, toujours dans l'intérêt général !


Alors oui, je n'ai pas peur de le dire : je vais voter François Hollande avec la main sur le cœur et la conviction inébranlable que François Hollande est et restera le meilleur Président que la France ait connu.

09/05/2012

Un chef de l'Etat peut-il laisser le harcèlement sexuel avoir cours légal ?

Monsieur le Président, Monsieur le futur Président,


Le 4 mai dernier, le Conseil constitutionnel abrogeait l'article 222-33 du code pénal portant sur le harcèlement sexuel, laissant ainsi un vide juridique quant à ce sujet. 

A la surprise générale, le Conseil constitutionnel rendait sa décision durant la période qui était à la fois celle de la campagne présidentielle et celle de la vacance de l'Assemblée nationale. De fait, un nouveau texte de loi ne pouvait être soumis immédiatement au vote des parlementaires en même temps qu'une circulaire ministérielle ou un décret étaient très difficilement applicables. 
Actuellement, le harcèlement sexuel est donc légal. Une personne a le droit d'effectuer des pressions psychologiques incessantes, des menaces, des ordres, des contraintes sur une autre personne afin d'en obtenir des faveurs sexuelles, et ce aussi longtemps que désiré. 
Il existe même un flou législatif quant à d'éventuels actes qui ne sont pas forcément qualifiés d'agressions sexuelles mais plus comme faisant partie de la logique du harcèlement sexuel. Par exemple, une main aux fesses est-elle une agression sexuelle ? Un rapprochement intrusif mais sans contact, non consenti, constitue-t-il une tentative de viol ? 

Pour toutes ces raisons, il est capital d'agir de manière urgente afin d'empêcher les agissements éventuels d'hommes qui se sentiraient libérés de la contrainte légale et ainsi protéger d'éventuelles victimes. 
Evidemment, il existe de nombreuses urgences dans les mesures qui seraient à adopter, dans les lois qui seraient à voter. La question concernant le statut pénal du Président de la République est certes importante, mais elle peut attendre plusieurs années. La renégociation de tel ou tel traité peut être capitale, mais elle peut attendre plusieurs mois sans problème. Les mesures concernant l'âge de départ en retraite peuvent être utiles, mais leur application à trois semaines près n'impacte pas profondément la population. 
En revanche, des mesures destinées à lutter contre le harcèlement sexuel ne peuvent souffrir l'attente de la reprise parlementaire prévue dans plusieurs mois. C'est une question de jours, peut-être d'heures afin de limiter le désastre engendré par ce vide juridique. En agissant immédiatement, vous pourrez peut-être empêcher un homme d'agir. Vous pourrez empêcher une femme d'être prostrée par la peur de rencontrer tel homme. Vous pourrez mettre des mots sur la douleur d'une victime. Vous pourrez aider une femme à relever la tête. Vous pourrez aider une femme à sortir de chez elle sans crainte. Vous pourrez empêcher les blessures invisibles, mais pourtant si prégnantes, d'une innocente. 
En agissant immédiatement, vous œuvrez dans l'utilité d'une femme, dix, cent ou mille. En n'agissant pas dans les prochains jours, vous mettez en danger une femme innocente, dix, cent ou mille, ce qui ne peut pas être compatible avec la définition d'un chef d'Etat responsable. 

Comment faire ? La convocation d'une session parlementaire extraordinaire pourrait résoudre rapidement ce problème qui ne serait certainement pas l'objet de clivage partisan, et dont la discussion serait sûrement plus rapide que les négociations de lois comme celles portant sur le complexe système des retraites. 
La publication d'un décret ou d'une circulaire ministérielle pourrait également faire autorité dans l'attente de la reprise parlementaire. Peut-être même pourrez vous, Monsieur le Président, Monsieur le futur Président trouver d'autres moyens que j'ignore pour réprimer le harcèlement sexuel. 

Alors pour la paix de nombreuses personnes, pour le bien de nombreuses femmes, pour l'intérêt de l'ordre public, je vous prie, je vous supplie d'agir dès les prochains jours pour rétablir la protection des victimes, sans quoi, vous serez tenu par les Français comme co-responsables de l'inertie des services de l'Etat. 

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, Monsieur le futur Président, l'assurance de mon profond respect.