18/08/2009

Les histoires d'amour finissent mal en général

Je ne t'aime plus. Je ne savais pas bien par où commencer, mais cette phrase résume beaucoup de choses à elle seule.
Je t'avoue que je supporterais mal que l'on me dise cela sans autre explication et c'est pour cela que je pense que tu as le droit d'en savoir plus.


Comment notre histoire a-t-elle commencée ? C'était il y a environ trois ans, quand, ce jour de mars, mon histoire avec une autre que toi se terminait.
Je ne te connaissais pas encore, mais dès cette séparation, je t'imaginais déjà. Je pensais aux courbes de ton corps, à la couleur de ta peau... J'imaginais ton nom, je devinais ton caractère, tes qualités ou tes défauts qui feraient ton charme. Je te rêvais belle, insouciante, prête à aller au bout du monde avec moi. Je nous voyais ensemble pour la vie, comme on peut voir certaines personnes dans la rue, encore amoureuses après des décennies de vie commune. Je te voulais combattive, infaillible, élégante partout où tu irais, charmeuse et à la hauteur de nombreux désirs. Je voulais que les plus belles du monde soient jalouses de toi. Je voulais que les hommes se retournent dans la rue pour t'admirer en s'étonnant que je puisse être, moi, en si bonne compagnie.

Je t'ai cherchée ardemment. Pas très longtemps, certes, mais ardemment. Au détour de chaque rue, j'admirais tes semblables en te cherchant, toi.
Et puis je t'ai trouvée. Tu étais là, comme une évidence qui ne s'assumait pas. J'ai hésité, mais je t'ai aimé. Tu as hésité, mais tu m'as aimé.

Nous avons alors vécu beaucoup de choses ensemble. Comme je l'ai toujours espéré, tu m'as emporté loin, tu m'as permis de mieux vivre et d'avancer. Le chemin était plus agréable avec toi que seul. J'ai vécu des moments d'un bonheur intense avec toi et parfois, grâce à toi.

Mais hélas, toute chose a une fin et je crois que nous y sommes arrivés. Insidieusement, ta compagnie m'est devenue de moins en moins heureuse. Tu n'étais plus aussi passionnée, plus aussi aventureuse, plus aussi dévouée, peut-être plus assez forte. Au final, peut-être plus amoureuse. La manière dont je voulais être avec toi ne te plaisait plus et tu ne me le rendais que trop. Tu refusais de faire ce que je pouvais raisonnablement attendre de toi, peut-être par peur de continuer avec quelqu'un, que ce fut moi ou un autre.
Tu n'as pas su trouver en toi les ressources qui auraient pu te permettre d'évoluer, pire je crois que tu as régressé. Au fond, je crois que tu n'as jamais voulu avancer seule et que tu n'as jamais voulu t'épanouir ni apprendre à vivre sans moi. Et donc que tu n'as pas pu t'épanouir tout court.

Si j'avais été plus fort, j'aurais continué, en courbant le dos. En espérant que tu saches changer. En attendant une maturité de ta part qui aurait pu t'ouvrir les yeux sur la réalité de ce que je faisais pour toi.
Je ne t'ai jamais malmené, j'ai exploré avec toi tes propres ressources, en évitant de te mettre en danger. J'ai commis des erreurs, mais je ne t'ai jamais manqué de respect. Je t'ai parfois fait mal, mais jamais sans le vouloir. Même si parfois j'ai failli, j'ai toujours pris soin de toi et je t'ai toujours écouté. J'ai voulu te rendre meilleure, mais sans y arriver, je crois.

Et puis, peu à peu, tu n'as plus voulu faire d'effort, alors, lâche, j'ai abandonné face au défi que tu m'imposais. Tu as choisi de prendre cette pente doucement descendante qui te mènera vers une vie que tu crois sûre, mais qui te mènera inexorablement vers une vie morne et triste. Tu verras peu à peu s'altérer ce que j'ai fait pour toi, puis ce que tu es, à moins que tu ne trouves quelqu'un d'autre qui soit plus patient que moi. Ce pourrait être aussi bien un homme qu'une femme, d'ailleurs.

Si j'ai gagné quelque chose avec toi dans un premier temps, j'ai fini par perdre. Un peu de confiance en moi, en mes qualités, en mes capacités. En définitive un peu de mes habiletés naturelles, un peu de moi et beaucoup trop de liberté. Je dois m'éloigner de toi pour reconstruire tout cela.
Mésententes, échecs, dérapages, je croyais que cela venait d'un manque d'harmonie entre nous deux, mais je sais aujourd'hui que tu en étais plus responsable que moi et ça aussi, je crois que tu ne peux pas le voir aujourd'hui.

Alors de déceptions en chagrins, de colères en désœuvrements, d'impuissances en rejet, d'abandons en douleurs, de Charybde en Scylla, je me suis embarqué avec celle que tu appelles « la Boche. » C'était peut-être une autre erreur de ma part, mais tu aurais dû me pardonner, plutôt que vouloir me nuire. C'est en y réfléchissant que j'ai décidé de te quitter : ta réaction était démesurée, puérile, inadaptée.
Je n'en suis pas désolé, je dois te quitter, je veux reprendre ce que j'ai perdu avec toi, même si j'espère garder dans mon cœur ce que tu m'as permis de gagner.

Maintenant, essayons de vivre en bons termes, sans rancune, sans vouloir faire de mal à l'autre, parce qu'il n'y aurait aucun intérêt pour toi comme pour moi.
Va, je ne te hais point. Je veux une relation sereine entre nous deux avant de t'amener – la larme à l'œil, mais soulagé – à la casse où tu finiras en pièces détachées pour les autres amoureux de Seat, Audi et Volkswagen.
De mon côté, j'irai à la recherche d'une autre voiture, en espérant trouver la perle rare...


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Photo : Moi, au volant de « la Boche » – Lédenon, juillet 2009.

5 commentaires:

Estelle a dit…

sacré Virgile! J'espère que tout va bien pour toi! Ca faisait longtemps que je voulais te laisser un petit mot sur ton bog, mais le temps passe, et passe si vite.
Biz.
Estelle.

Anonyme a dit…

C'est qui la blonde à la place du mort?!!!!!

Virgile A. a dit…

Je réponds si tu te présentes.

Picard a dit…

Je m'présente, je m'appelle Henri
J'voudrais bien réussir ma vie, être aimééééé...

Euh, pardon, un réflexe bête.
Je sors (mais pas trop longtemps, il risque de pleuvoir à Paris).

Plus sérieusement, une voiture aussi puissante est-elle vraiment utile dans les Alpes, pays de virages où l'on n'a guère loisir de dépasser le 70 km/h ?

Virgile A. a dit…

Je n'ai pas compris tout ton message...
Et la Porsche, c'était sur circuit, mais je suis prêt à en conduire une dans le 04 s'il le faut...