| La Barben - été 2008 |
Derrière cette affirmation – très sujette à caution, je vous l'accorde – se cache une intolérable réalité que subit toute une frange de la société. Cette population, dont je fais moi-même partie, se voit pernicieusement entravée dans sa vie quotidienne.
En un sens, je fais partie d'une minorité opprimée, moi, homme blanc hétéro et chrétien. Combien sommes-nous ? De plus en plus. Qui sommes-nous ? Des hommes, principalement, qui viennent de tous les horizons. Riches, pauvres, blancs, noirs, peu importe. Que voulons-nous ? Le changement, à défaut de la révolution.
A l'heure où toutes les revendications communautaires sont exacerbées, montrées, communiquées, nous faisons partie des oubliés, des sans-parole. Tous ont droit à une place dans les médias : les sans-papiers, les handicapés, les homosexuels, les noirs, les juifs, les Roumains, les gros, les communistes, les bobos, les rappeurs, les pauvres, etc. Tous sont entendus, le commerce s'adapte à eux, les hommes politiques leur adressent des discours et adaptent leurs actions.
Et moi ? Et moi ? Et moi ?
Ou plutôt : et nous ? Et nous ? Et nous ?
Oui, nous les grands, que nous propose-t-on ? Car c'est là que se trouve le problème.
On nous propose juste des lits trop courts, des éviers trop bas, des volants trop proches, des places trop exigües dans les transports en commun, des miroirs qui ne permettent de se voir que le buste, des lumières en plein visage, des poutres sournoises, des couettes trop petites, des baignoires qui ne permettent même pas d'allonger nos jambes, des portes dont l'encadrement arrive juste à la hauteur de notre cuir chevelu (histoire qu'on ne puisse pas savoir a priori, si on peut passer), des chaises et des tables qui ne permettent ni d'étendre ses jambes, ni de les garder perpendiculaires, des rampes d'escalier inatteignables, des plafonds dans les voitures si bas qu'il est impossible de boire à la bouteille, des cercueils plus chers, des difficultés pour embrasser nos compagnes ou nos compagnons (et encore, je vous laisse imaginer si votre position sexuelle préférée serait compatible avec une personne de trente centimètres de plus ou de moins que vous). La liste est interminable.
Alors évidemment, il existe de nombreux avantages à avoir une grande taille, et plus particulièrement pour les hommes. Avant tout, les grands bénéficient de plusieurs représentations sociales, très souvent positives. En effet, dans l'imaginaire collectif les grands sont rassurants, virils, forts tandis que les grandes sont sveltes et distinguées.
Au quotidien, être grand c'est ne jamais avoir besoin de demander à quelqu'un de prendre cette boîte là-haut. Etre grand, c'est pouvoir retrouver plus facilement quelqu'un dans une foule (et inversement), c'est aussi pouvoir réaliser plus facilement d'innombrables tâches, avoir un avantage dans de nombreux sports. Là aussi, la liste est longue.
Mais notre quotidien est souvent oppressant, au sens physique du terme, les accidents sont fréquents et la posture voûtée que nous devons sans cesse adopter nous donne mal au dos, car notre environnement est adapté aux personnes de taille moyenne.
Pire, notre environnement est adapté aux femmes de taille moyenne, aux ménagères de moins de cinquante ans, c'est-à-dire aux femmes d'environ 1,60 m.
Prenons un exemple : la cuisine et le ménage. Allez dans votre cuisine et observez bien : aucun meuble, plan de travail, table de cuisson ou appareil électroménager ne dépasse les 90 cm de hauteur. 90 cm, ça n'arrive même pas au bassin d'une personne qui mesure 1,80 m !! Mesdames, essayez de cuisiner dans une casserole qui serait située à mi-chemin entre vos genoux et votre bassin !! De même, essayez de passer le balai, mais en supprimant les vingt-cinq derniers centimètres du manche. Essayez de faire la vaisselle debout sur un marche-pieds, vos doigts n'atteindront même pas l'évier. Dans toutes ces situations, au bout de même pas dix minutes, votre dos vous enjoindra à aller vous allonger !
Au fond, cela crée un cercle vicieux où les hommes fuient le ménage parce que le ménage est plus difficile à faire pour eux. Donc les femmes font plus le ménage, donc les industriels fabriquent de petits balais, donc les hommes ont mal au dos, donc ils font moins le ménage, donc...
Pour palier à ces désagréments, une marque, une seule, s'enorgueillit de faire des meubles adaptables à tous. Oui, Ikea est la seule marque à proposer des lits dont le standard est 200 cm de long au lieu de 1,90 m. Passage obligatoire quand on mesure 1,88 m comme moi. Hélas, ils n'ont pas poussé la réflexion jusqu'aux couettes encore un brin trop courtes, ni aux plans de travail auxquels il manque toujours la possibilité d'ajouter trente centimètres de hauteur...
Pire encore : les grands sont de plus en plus nombreux, ce que les commerçants semblent ignorer. La preuve, vous pouvez constater que les XL et les grandes pointures sont les tailles les plus fréquemment indisponibles, ce qui montre une inadéquation entre l'offre et la demande !
Alors si les ingénieurs sont capables de prévoir des rampes d'accès pour les fauteuils roulants, au nom de tous mes semblables, je réclame l'égalité d'accessibilité à tous les services du quotidien !!
En un sens, je fais partie d'une minorité opprimée, moi, homme blanc hétéro et chrétien. Combien sommes-nous ? De plus en plus. Qui sommes-nous ? Des hommes, principalement, qui viennent de tous les horizons. Riches, pauvres, blancs, noirs, peu importe. Que voulons-nous ? Le changement, à défaut de la révolution.
A l'heure où toutes les revendications communautaires sont exacerbées, montrées, communiquées, nous faisons partie des oubliés, des sans-parole. Tous ont droit à une place dans les médias : les sans-papiers, les handicapés, les homosexuels, les noirs, les juifs, les Roumains, les gros, les communistes, les bobos, les rappeurs, les pauvres, etc. Tous sont entendus, le commerce s'adapte à eux, les hommes politiques leur adressent des discours et adaptent leurs actions.
Et moi ? Et moi ? Et moi ?
Ou plutôt : et nous ? Et nous ? Et nous ?
Oui, nous les grands, que nous propose-t-on ? Car c'est là que se trouve le problème.
On nous propose juste des lits trop courts, des éviers trop bas, des volants trop proches, des places trop exigües dans les transports en commun, des miroirs qui ne permettent de se voir que le buste, des lumières en plein visage, des poutres sournoises, des couettes trop petites, des baignoires qui ne permettent même pas d'allonger nos jambes, des portes dont l'encadrement arrive juste à la hauteur de notre cuir chevelu (histoire qu'on ne puisse pas savoir a priori, si on peut passer), des chaises et des tables qui ne permettent ni d'étendre ses jambes, ni de les garder perpendiculaires, des rampes d'escalier inatteignables, des plafonds dans les voitures si bas qu'il est impossible de boire à la bouteille, des cercueils plus chers, des difficultés pour embrasser nos compagnes ou nos compagnons (et encore, je vous laisse imaginer si votre position sexuelle préférée serait compatible avec une personne de trente centimètres de plus ou de moins que vous). La liste est interminable.
Alors évidemment, il existe de nombreux avantages à avoir une grande taille, et plus particulièrement pour les hommes. Avant tout, les grands bénéficient de plusieurs représentations sociales, très souvent positives. En effet, dans l'imaginaire collectif les grands sont rassurants, virils, forts tandis que les grandes sont sveltes et distinguées.
Au quotidien, être grand c'est ne jamais avoir besoin de demander à quelqu'un de prendre cette boîte là-haut. Etre grand, c'est pouvoir retrouver plus facilement quelqu'un dans une foule (et inversement), c'est aussi pouvoir réaliser plus facilement d'innombrables tâches, avoir un avantage dans de nombreux sports. Là aussi, la liste est longue.
Mais notre quotidien est souvent oppressant, au sens physique du terme, les accidents sont fréquents et la posture voûtée que nous devons sans cesse adopter nous donne mal au dos, car notre environnement est adapté aux personnes de taille moyenne.
Pire, notre environnement est adapté aux femmes de taille moyenne, aux ménagères de moins de cinquante ans, c'est-à-dire aux femmes d'environ 1,60 m.
Prenons un exemple : la cuisine et le ménage. Allez dans votre cuisine et observez bien : aucun meuble, plan de travail, table de cuisson ou appareil électroménager ne dépasse les 90 cm de hauteur. 90 cm, ça n'arrive même pas au bassin d'une personne qui mesure 1,80 m !! Mesdames, essayez de cuisiner dans une casserole qui serait située à mi-chemin entre vos genoux et votre bassin !! De même, essayez de passer le balai, mais en supprimant les vingt-cinq derniers centimètres du manche. Essayez de faire la vaisselle debout sur un marche-pieds, vos doigts n'atteindront même pas l'évier. Dans toutes ces situations, au bout de même pas dix minutes, votre dos vous enjoindra à aller vous allonger !
Au fond, cela crée un cercle vicieux où les hommes fuient le ménage parce que le ménage est plus difficile à faire pour eux. Donc les femmes font plus le ménage, donc les industriels fabriquent de petits balais, donc les hommes ont mal au dos, donc ils font moins le ménage, donc...
Pour palier à ces désagréments, une marque, une seule, s'enorgueillit de faire des meubles adaptables à tous. Oui, Ikea est la seule marque à proposer des lits dont le standard est 200 cm de long au lieu de 1,90 m. Passage obligatoire quand on mesure 1,88 m comme moi. Hélas, ils n'ont pas poussé la réflexion jusqu'aux couettes encore un brin trop courtes, ni aux plans de travail auxquels il manque toujours la possibilité d'ajouter trente centimètres de hauteur...
Pire encore : les grands sont de plus en plus nombreux, ce que les commerçants semblent ignorer. La preuve, vous pouvez constater que les XL et les grandes pointures sont les tailles les plus fréquemment indisponibles, ce qui montre une inadéquation entre l'offre et la demande !
Alors si les ingénieurs sont capables de prévoir des rampes d'accès pour les fauteuils roulants, au nom de tous mes semblables, je réclame l'égalité d'accessibilité à tous les services du quotidien !!
3 commentaires:
Euh moi personnellement pour les soldes, je déplore justement le contraire, il ne reste que des grandes tailles, je crois que les S-M (haha jeux de mots) ne sont pas favorisés...
Mats-toi à la place des gens de petite taille taille. Echangerais-tu ta taille contre celle de Sarko par exemple ?
Attention, je n'ai pas dit que je voulais changer ma taille ! J'enjoins juste les industriels à prendre les grands en compte, et pas seulement ceux qui ont une taille moyenne.
Signalons par exemple, les femmes qui sont obligées d'aller dans les boutiques pour travelos pour s'acheter des chaussures un peu chics en pointure 44.
On m'a aussi signalé les difficultés des gauchers, et on arrive aux mêmes conclusions, avec des problèmes différents.
Il y a des avantages et des inconvenient pour chaque être, être petite et fine et être obligé de faire croire qu'on cherche des vetement pour sa petite soeur de 14ans pour pouvoir s'habiller(petite soeur qu'on a pas d'ailleur), avec en plus l'étiquette "lesbienne vegetarienne" et en plus de ça chrétienne, bah franchement j'aimerais pas que ça m'arrive...heureusement que je suis une grande et grosse hetero carnivore! nous au moins on sait ouvrir les pots de confiture avec 2 doigts..
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