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21/11/2011

C'est la taille qui compte !


La Barben - été 2008
Derrière cette affirmation – très sujette à caution, je vous l'accorde – se cache une intolérable réalité que subit toute une frange de la société. Cette population, dont je fais moi-même partie, se voit pernicieusement entravée dans sa vie quotidienne.

En un sens, je fais partie d'une minorité opprimée, moi, homme blanc hétéro et chrétien. Combien sommes-nous ? De plus en plus. Qui sommes-nous ? Des hommes, principalement, qui viennent de tous les horizons. Riches, pauvres, blancs, noirs, peu importe. Que voulons-nous ? Le changement, à défaut de la révolution.

A l'heure où toutes les revendications communautaires sont exacerbées, montrées, communiquées, nous faisons partie des oubliés, des sans-parole. Tous ont droit à une place dans les médias : les sans-papiers, les handicapés, les homosexuels, les noirs, les juifs, les Roumains, les gros, les communistes, les bobos, les rappeurs, les pauvres, etc. Tous sont entendus, le commerce s'adapte à eux, les hommes politiques leur adressent des discours et adaptent leurs actions.

Et moi ? Et moi ? Et moi ?
Ou plutôt : et nous ? Et nous ? Et nous ?
Oui, nous les grands, que nous propose-t-on ? Car c'est là que se trouve le problème.
On nous propose juste des lits trop courts, des éviers trop bas, des volants trop proches, des places trop exigües dans les transports en commun, des miroirs qui ne permettent de se voir que le buste, des lumières en plein visage, des poutres sournoises, des couettes trop petites, des baignoires qui ne permettent même pas d'allonger nos jambes, des portes dont l'encadrement arrive juste à la hauteur de notre cuir chevelu (histoire qu'on ne puisse pas savoir a priori, si on peut passer), des chaises et des tables qui ne permettent ni d'étendre ses jambes, ni de les garder perpendiculaires, des rampes d'escalier inatteignables, des plafonds dans les voitures si bas qu'il est impossible de boire à la bouteille, des cercueils plus chers, des difficultés pour embrasser nos compagnes ou nos compagnons (et encore, je vous laisse imaginer si votre position sexuelle préférée serait compatible avec une personne de trente centimètres de plus ou de moins que vous). La liste est interminable.

Alors évidemment, il existe de nombreux avantages à avoir une grande taille, et plus particulièrement pour les hommes. Avant tout, les grands bénéficient de plusieurs représentations sociales, très souvent positives. En effet, dans l'imaginaire collectif les grands sont rassurants, virils, forts tandis que les grandes sont sveltes et distinguées.
Au quotidien, être grand c'est ne jamais avoir besoin de demander à quelqu'un de prendre cette boîte là-haut. Etre grand, c'est pouvoir retrouver plus facilement quelqu'un dans une foule (et inversement), c'est aussi pouvoir réaliser plus facilement d'innombrables tâches, avoir un avantage dans de nombreux sports. Là aussi, la liste est longue.
Mais notre quotidien est souvent oppressant, au sens physique du terme, les accidents sont fréquents et la posture voûtée que nous devons sans cesse adopter nous donne mal au dos, car notre environnement est adapté aux personnes de taille moyenne.
Pire, notre environnement est adapté aux femmes de taille moyenne, aux ménagères de moins de cinquante ans, c'est-à-dire aux femmes d'environ 1,60 m.

Prenons un exemple : la cuisine et le ménage. Allez dans votre cuisine et observez bien : aucun meuble, plan de travail, table de cuisson ou appareil électroménager ne dépasse les 90 cm de hauteur. 90 cm, ça n'arrive même pas au bassin d'une personne qui mesure 1,80 m !! Mesdames, essayez de cuisiner dans une casserole qui serait située à mi-chemin entre vos genoux et votre bassin !! De même, essayez de passer le balai, mais en supprimant les vingt-cinq derniers centimètres du manche. Essayez de faire la vaisselle debout sur un marche-pieds, vos doigts n'atteindront même pas l'évier. Dans toutes ces situations, au bout de même pas dix minutes, votre dos vous enjoindra à aller vous allonger !
Au fond, cela crée un cercle vicieux où les hommes fuient le ménage parce que le ménage est plus difficile à faire pour eux. Donc les femmes font plus le ménage, donc les industriels fabriquent de petits balais, donc les hommes ont mal au dos, donc ils font moins le ménage, donc...

Pour palier à ces désagréments, une marque, une seule, s'enorgueillit de faire des meubles adaptables à tous. Oui, Ikea est la seule marque à proposer des lits dont le standard est 200 cm de long au lieu de 1,90 m. Passage obligatoire quand on mesure 1,88 m comme moi. Hélas, ils n'ont pas poussé la réflexion jusqu'aux couettes encore un brin trop courtes, ni aux plans de travail auxquels il manque toujours la possibilité d'ajouter trente centimètres de hauteur...
Pire encore : les grands sont de plus en plus nombreux, ce que les commerçants semblent ignorer. La preuve, vous pouvez constater que les XL et les grandes pointures sont les tailles les plus fréquemment indisponibles, ce qui montre une inadéquation entre l'offre et la demande !

Alors si les ingénieurs sont capables de prévoir des rampes d'accès pour les fauteuils roulants, au nom de tous mes semblables, je réclame l'égalité d'accessibilité à tous les services du quotidien !!

22/09/2008

Julie Toubiana, le retour

L'un des principes du blog était que je ne devais pas parler politique, à moins que ça ne soit un point rarement évoqué dans les médias. Et devinez ce que je vais faire dans ce nouveau commentaire...

Oui, je vais parler politique.
RSA ? Présence de l'Armée en Afghanistan ? Affaire Tapie ? Résultat des Sénatoriales ? Tripatouillage desdites élections ? Que nenni, nous allons parler des conditions de vie étudiantes.

Ah, il y aurait des centaines de choses à faire afin d'améliorer la vie étudiante : améliorer l'accès et l'accompagnement pour les handicapés, faciliter la mobilité des étudiants (imaginez, au hasard, un étudiant qui habite, au hasard, Thorame-Haute et qui fait ses études, au hasard à Aix-en-Provence). Que faire d'autre ? Augmenter le volume et la variété des livres dans les bibliothèques universitaires, améliorer l'état et la propreté des facs. Au niveau du CROUS, réviser les conditions d'attributions des bourses, afin que celles-ci collent mieux au besoin des étudiants, augmenter le nombre de logements universitaires et les attribuer aux étudiants qui en ont besoin et pas à ceux qui connaissent le directeur de la cité U. Il y en aurait des choses à faire.

Bien heureusement, une personne passe bien au-dessus de ces tracas et s'occupe des vrais problèmes : la défense des fils et filles-à-papas qui sont obligés de cohabiter avec leurs parents. Ca, c'est du problème. Les repas du Resto U dégueux ? Non ! Les étudiants aixois qui sont obligés d'aller à Marseille pour une seule matière ? Non ! Les cités U vétustes, les facs qui tombent en lambeaux ? Non !

"On a le droit de vote mais pas l'accès à l'autonomie" , se plaint cette militante de l'UNEF, dans La Provence du 11 septembre 2008. Elle réclame donc la création d'une "aide universelle", pour que chaque étudiant accède à l'autonomie. "Universelle" ? Cela signifie pour tous. Donc, sans condition de ressources ? Sans rapport avec l'éloignement du logement familial et de la fac ?

Je m'offusque. La vie étudiante peut, doit, se défendre sur des dizaines de points, comme ceux que l'on a évoqué, mais franchement. Pour une étudiante qui habite à Aix et va à la fac à Aix, il y a plus important que vivre chez soi pendant la semaine et retourner chez Papa-Maman le week-end pour faire laver son linge.
Il s'agit là ni plus ni moins que du caprice d'une fille-à-papa qui en a marre de vivre avec ses parents, mais qui est loin des vrais besoins des étudiants. Cette étudiante donne une mauvaise image des luttes étudiantes.

En plus, nous connaissons déjà cette étudiante...


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Photo : La Barben - été 2008