15/08/2014
Autopsie d'un fantôme
27/04/2014
Dans un paquet de céréales, tu serais le truc un peu trop caramélisé
Dans une équipe de football, tu serais celui qui regarde le match depuis les tribunes pour conseiller l'entraîneur après le match.
Dans un groupe d'amis, tu es celui qui demande "Au fait, on a pensé à... ?"
Dans une équipe de tournage, tu serais le script, qui signale les erreurs qui sont commises pour les corriger.
Quand on parle d'un fait divers sordide, tu es le seul qui analyse la situation, qui rationalise et qui pense aux conséquences sur chaque protagoniste.
Dans un orchestre, tu serais celui qui aide les musiciens à trouver le la avant de laisser place au concert.
Dans un jardin public, tu es celui qui repère tout de suite que le gamin en bleu est différent des autres.
Dans une ville, tu es celui qui pense à l'accessibilité des lieux pour tous.
Quand tu regardes un film, tu es celui qui pense aux acteurs derrière les personnages.
Dans un lieu public, tu es celui qui se demande à quoi pense cette femme contre le mur.
Dans un théâtre, tu es celui qui regarde les spectateurs.
Dans une forêt, tu serais le banc public où l'on aime aller sans toujours savoir pourquoi.
Dans un paquet de céréales, tu serais le truc un peu trop caramélisé.
Dans un restaurant, tu serais le maître d'hôtel.
Dans un sommeil, tu serais le rêve qui fait réfléchir une fois réveillé.
Dans un journal, tu serais l'éditorialiste.
Dans un groupe de rock, tu serais l'ingé son.
Dans une équipe de travail, tu es le psychologue.
03/01/2014
01/10/2013
Tu fais chier, Bertrand Cantat
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| Bertrand Cantat, himself |
26/06/2013
Bref, on est des gamins
Nous pensons alors à différents membres de notre famille, à une peluche qu'on n'a pas donnée lors de ce rite cruel de l'adolescence, à ce colifichet qui traîne dans une poche, quelque part, à un animal de compagnie, à un bijou offert un jour de notre enfance, par une personne qui revêtait alors une importance particulière dans notre royaume. Ces objets, ces gens, nous apportent de la stabilité et du réconfort, c'est en ça que nous les apprécions.
Malgré tout, nous oublions presque systématiquement celui ou celle qui est si proche depuis si longtemps. Si intime, si habituel que nous avons tendance à ne plus le ou la voir.
Le mien – car il est bien masculin – est toujours là. C'est lui qui dispose bien la fourchette à gauche et le couteau à droite avant de passer à table car ses parents lui ont appris à faire comme ça et c'est lui qui remet le rangement de ses affaires à plus tard, car là, ses parents n'ont pas réussi à lui apprendre la nécessité de le faire. C'est lui qui mange mes bonbons et c'est lui qui accumule ses BD chez moi. C'est lui qui s'attache très fort très vite et qui est blessé quand ça n'est pas réciproque. C'est lui qui a peur de s'adresser à un inconnu pour demander un renseignement et c'est encore lui qui regarde la télé des heures durant. C'est lui qui n'aime pas du tout revendre ses objets. C'est lui qui détourne le regard lorsqu'une fille se déshabille et c'est lui qui planque des objets pour embêter son entourage. C'est lui qui ramasse ce caillou parce qu'il est joli. C'est lui qui ne dit pas de gros mots parce que ses parents lui interdisent. C'est lui qui pleure devant certains films, à moins que ce ne soit moi, parce que d'un coup je le trouve trop éloigné. C'est lui qui ne sait pas séduire une jolie fille, c'est lui qui ne fume pas. C'est lui qui est terrifié lorsque les esprits autour de lui s'échauffent. C'est lui qui prépare soit une tarte au chocolat, soit une tarte au citron meringuée lorsqu'il invite des gens car son père faisait comme ça. C'est lui qui aime bien rester seul pour jouer, c'est lui qui aime bien être avec des proches pour jouer. C'est lui qui est prêt à dépenser des heures de son temps pour régler un détail qui l'exaspère. C'est lui qui est super fort en dictée. C'est lui qui transforme un tas de pierres en Empire et c'est encore lui qui montre ses jouets contemporains aux autres. C'est surtout lui qui souffre quand il doit se séparer d'une personne qu'il aime et c'est lui qui est fier de réussir une chose qui lui paraissait pourtant si difficile. C'est encore lui qui ne se rend pas vraiment compte de sa propre fragilité et qui sans s'en rendre compte, cherche à construire quelque chose de rassurant avec la fille qui veut bien jouer avec lui. C'est lui qui sait parfaitement bien gérer son argent. C'est lui qui a du mal à accepter que les gens puissent mentir. C'est lui qui est curieux de tout ce qui se passe autour de lui et c'est même un peu lui qui a décidé de faire des études en psycho car il y avait là des tas de phénomènes dont il apercevait les mécanismes, sans vraiment les comprendre.
Il est toujours là, omniprésent, discret ou
envahissant, craintif ou plein de courage, insouciant ou tourmenté
parfois pour un rien. Je ne sais pas précisément quel âge il a.
Peut-être six, sept ou dix ans.Celui que nous oublions souvent, c'est ce petit garçon ou cette petite fille que nous étions et qui est toujours là, quelque part. Sa présence nous renvoie à cette question débattue par les philosophes depuis la nuit des temps : changeons-nous vraiment ?
Lorsque je croise quelqu'un, j'ai très souvent tendance à l'imaginer dans son futur ou dans son passé. Cette gamine aux cheveux longs, je l'imagine étudiante, sûrement en LEA. Cet étudiant croisé dans la rue, il a dix ans et il vient de construire une cabane avec ses copains dans les bois. Cette quadra qui me parle dans une file d'attente vient de retourner au collège avec pour préoccupation principale l'achat du dernier album de son chanteur préféré. Je peux imaginer tout cela car une partie de nous est invariante, elle n'est ni un atavisme, ni une involution, juste un centre de gravité, comme le cœur de l'arbre qui garde le même diamètre mais grandit avec le reste. Privé de son centre, l'arbre meurt. Privé de son enfant caché, l'Homme perd ses qualités fondamentales d'être humain.
