En revanche, mes sentiments envers l'été sont plus mitigés : c'est les vacances, mais je dois difficilement préparer la rentrée. Je dois supporter les discours racistes de mes grands-parents, mais c'est la seule période où je vois certains amis. Je ne vois plus les élèves du lycée, mais certains me manquent, en dehors de toute considération sexuelle. On crève de chaud, mais les vieux crèvent tout court.
Et puis l'été, c'est le seul moment où je suis susceptible de voir quelque Italienne callipyge ou quelque étrangère septentrionale désarmante. Mais l'été c'est aussi le moment où je suis privé de M6, W9, etc. parce qu'on ne capte que trois chaînes de télé à Thorame. Et ça, c'est vraiment horrible.
Il reste que mon plus gros problème, concernant l'été, c'est les filles. Moi qui adore voir une fille en jupe, je suis servi, surtout qu'en cette période, les jupes sont facilement assorties d'un décolleté assez saisissant.
Ah, toutes ces paires de seins qu'on aimerait toucher, étreindre, mordre ! (Desproges, si tu nous regardes...) Toutes ces jupes, sous lesquelles on voudrait laisser nos yeux juste pour voir ce qu'il y a ou ce qu'il n'y a pas dessous. Toutes ces filles, plus moches les unes que les autres, mais qui, grâce à quelques centimètres carrés de tissu bien choisis, deviennent subitement attirantes. Toutes ces autres filles, déjà parfaites, qui nous font lever la tête au ciel.
Et toi, oui, toi, petite ingénue méridionale, toi qui pose ton père en odeur de sainteté, j'ai vraiment une mauvaise nouvelle pour toi. Quand ton père croise une fille dans la rue habillée avec seulement 38 cm² de tissu, il pense exactement à la même chose que moi. Et quand une de tes copines sort de ta piscine avec un bikini ravageur, les cheveux mouillés et le regard d'une actrice porno, sache qu'il s'imagine en une fraction de seconde des millions de choses qu'il n'oserait jamais avouer à ta mère et que d'ailleurs il ne s'avoue que lorsque, le soir même ou les cinq minutes suivantes, selon l'intensité du regard, il conçoit ton futur petit frère en un temps record vu que pour lui, c'est ta copine qui a déjà effectué une grande partie du travail.
Mais revenons à mon problème. Toutes ces filles que je ne peux jamais séduire, pour des raisons qui me sont tout à fait opaques, que puis-je en faire ? Me contenter de mater la naissance de leur soutien-gorge en espérant fébrilement apercevoir ce qui se cache derrière ? Guetter avec impatience ce vent fripon qui ne s'attaque habituellement qu'aux porteurs de chapeaux, mais qui, avec je ne sais quelle grâce divine me permettrait de répondre à la question que des générations entières d'hommes et de lesbiennes se posent : « Cette fille porte-t-elle une culotte ou pas ? »
Au reste, comment un homme peut-il se contrôler quand passe sous ses yeux une fille tellement envoûtante qu'elle lui ferait presque oublier qu'elle est sur terre pour faire la vaisselle ? Que doit faire un homme face à une fille habillée avec une jupe écossaise suffisamment courte pour ranimer tous ses fantasmes ataviques ?
Je tiens au passage à adresser toutes mes excuses auprès du Prince Charles : la ruelle était sombre, j'avais un peu bu, il était en kilt...
Concluons donc. Vu que pour des raisons qui me sont étrangères, il m'apparaît impossible de séduire sans exercer de contrainte sur ces créatures qui passent de mes nuits à mes journées, je crois que je n'ai qu'une seule solution : attendre l'hiver prochain.
En espérant au moins une nouvelle vague de décès chez les vieux pour la fin de cet été, histoire de me consoler un peu.
--
Photo : lac de Castillon - août 2003
6 commentaires:
Carolina et Valentina qui sont chez moi à Paris sont dégoûtées par ton message... seraient-elles ces "italiennes callipyges"??
Ben quoi ? C'est un compliment comme un autre. Et c'est quand même plus classe que certaines expressions typiquement marseillaises...
Dis donc, ça ne serait pas une réécriture de l'un des textes de la mythique "photo de la semaine" dont tu régalais tes correspondants voici quelques années ?
Sinon, ça me rappelle quand même quelque chose que tu as déjà écrit.
Tu as entièrement raison, Cédric.
Au passage, je viens de me rendre compte que j'avais déjà utilisé la photo pour un article de l'an dernier.
What a shame ! Si j'étais un lecteur régulier de ce blog, je créerai un groupe sur facebook !
Si ça peut te consoler, je suis à Londres ici la longueur règlementaire des juppes et bien inférieure à celle de la France et d'ailleurs je peux te dire que hier j'ai vu un cul sans rien dessus à part un petit collant noir qui fait office de pantalon dans cette contrée... et d'ailleurs je suis plus sensible à ça qu'à la taille du décolleté question de goût. Bref donc tu l'aura compris je compatis et je te déconseille de venir passer tes vacances ici.
Au fait, à propos des "expressions marseillaises", je t'emmerde, espèce de sale bas-alpin.
De même que mon arrière-arrière-grand-mère piémontaise : lors de la dernière séance de spiritisme de mon groupe de réflexion, elle a juré "Non ho un grosso culo, testa di cazzo".
Ou un truc approchant.
Enregistrer un commentaire