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14/12/2009

Moi, ce que je voudrais pour Noël...

Cher petit Papa Noël,

Je t'écris aujourd'hui parce que c'est bientôt Noël et que je ne t'ai pas encore dit ce que je voulais comme cadeaux. Tu verras, c'est très simple.
Ce qui me ferait vraiment plaisir, cher petit Papa Noël, ça serait un robot aspirateur. Tu sais, une espèce de gros disque sur roulettes qu'on met dans une pièce et qui passe l'aspirateur tout seul. Ça, c'est génial pour ceux qui n'aime pas faire le ménage comme moi.
Et puis aussi, il y a des robots qui leur ressemblent un peu mais qui, eux, passent la serpillière. Ça aussi, ça serait bien. Et puis une machine à laver qui rend le linge facile à repasser, parce que je n'aime pas repasser non plus.

En fait, cher petit Papa Noël, le plus simple je crois, ça serait que tu m'offres une Cambodgienne, ou une Ukrainienne ou quelque chose comme ça. Tu sais, une femme qui voudrait absolument pouvoir envoyer dix euros à sa famille chaque mois. Je serais prêt à bien la nourrir et même à la payer, rassure-toi.
Et puis, comment dire ? ... Il faudrait aussi que... qu'elle puisse... enfin... que je puisse... Tu vois ce que je veux dire ? Il faudrait que je puisse faire avec elle la même chose que tu fais toi avec tes elfes sur la peau de renne devant ta cheminée. Ça serait bénéfique à mon épanouissement personnel.


Ensuite, cher petit Papa Noël, j'aimerais recevoir plein de patients. Pas que je veuille qu'il y ait plus d'agressions, ou d'alcooliques ou de dépressifs, juste qu'ils soient plus nombreux à venir dans mon cabinet.
En fait, je t'explique : il y a quelques temps, le Président des Français, il avait dit qu'il déplacerait la fiscalité qui pèse sur le travail vers la pollution. Et puis il n'a encore rien fait et à mon avis ça ne sera pas fait d'ici la fin de l'année. Alors ce qui serait bien, cher petit Papa Noël, c'est qu'il y ait plus de gens qui aient la motivation pour venir se soigner chez moi, parce que depuis quelques semaines, je dois dire adieu à presque 50% de ce que mes patients versent...

Voilà, voilà. C'est tout ce dont j'ai vraiment besoin, je crois. Si tu peux faire quelque chose pour la paix au Proche-Orient, la faim dans le monde ou les enfants maltraités, c'est bien (mais occupe-toi d'abord de ce que je t'ai demandé en premier, s'il-te-plaît).

Merci d'avoir lu ma lettre en entier et ne te trompe pas de maison quand tu viendras me voir à Thorame. Si tu m'offres tout ça, tu pourras venir goûter mon génépi et faire manger tes rennes dans un champ autant qu'ils le veulent.
Je t'espérerai à mon réveil.

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Photo : Arbre de Noël – Porto (Portugal), décembre 2007


21/06/2009

Les supplices de l'été

J'aime beaucoup l'hiver : la neige, les clodos qui meurent ( « Il a fait moins 10 à Lyon et moins 2 à Marseille » ), le froid, le fait de me la péter en me baladant en T-shirt sous la neige, les vingt centimètres de couette réglementaires pour la nuit, les plats savoyards composés presque exclusivement de fromage, les routes bloquées.

En revanche, mes sentiments envers l'été sont plus mitigés : c'est les vacances, mais je dois difficilement préparer la rentrée. Je dois supporter les discours racistes de mes grands-parents, mais c'est la seule période où je vois certains amis. Je ne vois plus les élèves du lycée, mais certains me manquent, en dehors de toute considération sexuelle. On crève de chaud, mais les vieux crèvent tout court.
Et puis l'été, c'est le seul moment où je suis susceptible de voir quelque Italienne callipyge ou quelque étrangère septentrionale désarmante. Mais l'été c'est aussi le moment où je suis privé de M6, W9, etc. parce qu'on ne capte que trois chaînes de télé à Thorame. Et ça, c'est vraiment horrible.

Il reste que mon plus gros problème, concernant l'été, c'est les filles. Moi qui adore voir une fille en jupe, je suis servi, surtout qu'en cette période, les jupes sont facilement assorties d'un décolleté assez saisissant.
Ah, toutes ces paires de seins qu'on aimerait toucher, étreindre, mordre ! (Desproges, si tu nous regardes...) Toutes ces jupes, sous lesquelles on voudrait laisser nos yeux juste pour voir ce qu'il y a ou ce qu'il n'y a pas dessous. Toutes ces filles, plus moches les unes que les autres, mais qui, grâce à quelques centimètres carrés de tissu bien choisis, deviennent subitement attirantes. Toutes ces autres filles, déjà parfaites, qui nous font lever la tête au ciel.

Et toi, oui, toi, petite ingénue méridionale, toi qui pose ton père en odeur de sainteté, j'ai vraiment une mauvaise nouvelle pour toi. Quand ton père croise une fille dans la rue habillée avec seulement 38 cm² de tissu, il pense exactement à la même chose que moi. Et quand une de tes copines sort de ta piscine avec un bikini ravageur, les cheveux mouillés et le regard d'une actrice porno, sache qu'il s'imagine en une fraction de seconde des millions de choses qu'il n'oserait jamais avouer à ta mère et que d'ailleurs il ne s'avoue que lorsque, le soir même ou les cinq minutes suivantes, selon l'intensité du regard, il conçoit ton futur petit frère en un temps record vu que pour lui, c'est ta copine qui a déjà effectué une grande partie du travail.

Mais revenons à mon problème. Toutes ces filles que je ne peux jamais séduire, pour des raisons qui me sont tout à fait opaques, que puis-je en faire ? Me contenter de mater la naissance de leur soutien-gorge en espérant fébrilement apercevoir ce qui se cache derrière ? Guetter avec impatience ce vent fripon qui ne s'attaque habituellement qu'aux porteurs de chapeaux, mais qui, avec je ne sais quelle grâce divine me permettrait de répondre à la question que des générations entières d'hommes et de lesbiennes se posent : « Cette fille porte-t-elle une culotte ou pas ? »

Au reste, comment un homme peut-il se contrôler quand passe sous ses yeux une fille tellement envoûtante qu'elle lui ferait presque oublier qu'elle est sur terre pour faire la vaisselle ? Que doit faire un homme face à une fille habillée avec une jupe écossaise suffisamment courte pour ranimer tous ses fantasmes ataviques ?
Je tiens au passage à adresser toutes mes excuses auprès du Prince Charles : la ruelle était sombre, j'avais un peu bu, il était en kilt...

Concluons donc. Vu que pour des raisons qui me sont étrangères, il m'apparaît impossible de séduire sans exercer de contrainte sur ces créatures qui passent de mes nuits à mes journées, je crois que je n'ai qu'une seule solution : attendre l'hiver prochain.
En espérant au moins une nouvelle vague de décès chez les vieux pour la fin de cet été, histoire de me consoler un peu.

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Photo : lac de Castillon - août 2003