Pire, j'allais faire quelque chose pas très déontologique. Ni très éthique.
Débrouillez-vous pour faire la différence entre les deux termes.
J'allais faire quelque chose qu'il ne fallait pas faire avec une de mes anciennes élèves. Ô, je vous vois venir avec vos allusions, mais il n'y avait rien de sexuel là-dedans.
J'allais insulter une ancienne élève en plein, mais avec une belle façon de faire et c'est pour ça que je me disais que ça passerait.
J'allais insulter une ancienne élève en plein, mais avec une belle façon de faire et c'est pour ça que je me disais que ça passerait.
Que nenni, je ne le ferai pas ! Je vous laisserai seuls juges de la situation.
Je vais évoquer aujourd'hui une petite partie de la vie de Julie Toubiana, que certains d'entre vous connaissent peut-être pour ses engagements syndicaux.
La situation eût lieu, il y a environ deux ans. Peut-être trois, je ne sais plus trop. Un mercredi après-midi en tout cas, ça c'est sûr. Je surveillais alors une salle pleine de lycéens (dont Julie Toubiana) qui composaient sur un contrôle de maths. Normal, jusqu'ici. Durant l'épreuve - joie intense - j'aperçus la Julie Toubiana susnommée jeter des œillades furtives sur ses genoux, plusieurs fois de suite, à intervalles réguliers.
Je dis "joie intense" car il n'est rien de plus ennuyeux que de surveiller un examen, tellement ennuyeux que j'espère à chaque fois attraper un élève en train de tricher, histoire de pimenter les mornes lectures que je m'octroie durant ces surveillances (et que je ne peux même pas lire correctement parce que de toute façon, je fais toujours bien mon travail (si bien que les élèves ne savent jamais si je lis, si je vais lire ou si je les épie)).
Que disais-je, au fait ? Ah, oui, joie intense, un évènement. Généralement, ça ne signifie pas grand-chose : une tâche obnubilante sur un pantalon, des miettes récalcitrantes, un bouchon de stylo fuyant ou tout simplement une raison de penser à autre chose que ce sale 3y² qui devrait être égal à x et qui ne veut pas l'être. Mais là, je sentais le lièvre. Un foulard sur les genoux, des yeux pleins de "Non, non, je regardais pas !", ça ne pouvait pas tromper. Mes techniques secrètes de confirmation de triche criaient en moi : "Alerte ! Alerte ! Tricheuse détectée ! Ceci n'est pas un exercice ! Je répète : ceci n'est pas un exercice ! Déclenchez le plan rose ! Qui c'est la tartignolle qui a nommé ce plan "plan rose" ? Déclenchez le plan qui s'appelait "plan rose" et qui s'appelle maintenant "plan rouge" ! Ceci n'est pas un exercice !"
Plan rouge déclenché, donc : "Tu veux bien déposer ton foulard sur la table ?" Et là, je l'aperçût sur son pantalon, dévoilé par ce foulard lâche : le téléphone portable de Julie Toubiana, en plein contrôle de maths, où, précisons-le, la calculatrice était interdite. Message moins officiel en moi, un type qui lance "Gnark gnark, gnark."
- Tu me passes ton portable ?
- Mais, je m'en servais pas.
- C'est ça... De toute façon, je te rappelle que tu n'as pas le droit de le garder avec toi dans les salles de classe.
Encore ce "Gnark, gnark, gnark."
L'épreuve avança. Sporadiquement, les élèves arrivèrent à mon bureau pour déposer leur copie, avec un grand soupir la plupart du temps. Puis, ce fut au tour de notre brune fraudeuse.
- Je voudrais récupérer mon portable.
- Tu verras ça demain avec la CPE.
- Mais je trichais pas, je lisais juste un texto.
- Non, ça marche pas avec moi. [...]
- De toute façon, si vous dites que j'ai triché, je dirai que vous m'avez harcelée.
Je ne pus m'empêcher de rire et de lancer : "OK, vas-y."
A mon grand désarroi, la mascarade s'arrêta là-dessus, mais me révélait tout de même la partie pauvre en moralité de Julie Toubiana. Manque de crédibilité, surement. C'est sûr que si ça avait été sa copine deux rangs derrière, ça aurait été plus vraisemblable. Mais bon, là, ça devient plus subjectif.
Continuons.
Comme évoqué précédemment, Julie Toubiana a actuellement des activités syndicales étudiantes. Elle fait partie de l'UNEF. Elle est même chef ! Aaah, l'UNEF ! LE syndicat étudiant de gauche, qui n'a rien à voir avec le PS mais qui compte parmi ses ex-dirigeants Lionel Jospin, Arnaud de Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis, Julien Dray, etc. L'UNEF, qui milite pour "l'égalité de tous face au savoir aussi bien en terme d'accès qu'en terme de réussite concrète de chacun et chacune". Leur message est clair.
Mais précisons que j'ai connu la susnommée dans un lycée privé, où la scolarité n'est pas élevée, mais payante quand même. Précisons aussi qu'elle a intégré une écurie à 5 000 € par an pour optimiser ses chances de réussir son entrée à sciences pô.
Drôle de vision de l'égalité pour tous...
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Photo : Quelques méduses - Monaco, avril 2008.