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05/02/2009

Julie Toubiana à l'IUT

Ma petite Juju. Je peux t'appeler comme ça ?
Je t'écris, ma petite Juju, parce que je t'ai encore vue à la télé il y a quelques jours. Pas n'importe quoi en plus : l'édition locale du 19-20 de France 3 Méditerranée. Tu parlais, mais je n'ai pas tout compris parce que mes grands-parents parlent tout le temps quand un sujet m'intéresse. Oui... tu es un sujet qui m'intéresse.
Bref. J'ai compris "gna gna gna réforme", "gna gna gna grève", "gna gna gna IUT." Bof, comme d'habitude. Mais je te voyais, tu étais là en train de trépigner devant la caméra. Je savais pas si tu avais une envie pressante d'aller faire pipi, si tu étais toute émoustillée à l'idée de passer à la télé (c'est France 3 Méditerranée quand même !) ou si tu avais vu un anti-bloqueur et que tu te retenais d'aller lui casser la gueule avec tous tes potes.
Mon grand-père a lancé à ma grand-mère en te voyant : "Tiens, regarde celle-là, on dirait la danse de Saint-Guy." Je te rassure, moi non plus, je n'ai pas compris tout de suite ce qu'il voulait dire, mais Google m'a aidé.

Donc, qu'est-ce que c'est ton nouveau caprice ? Tu veux bloquer la fac ? l'IUT ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Voyons, ma petite Juju, est-ce bien raisonnable ? Une grande fille comme toi? Passe encore pour un anarco-nihilo-communiste qui espère naïvement faire venir le grand soir. Passe encore pour un stagiaire CGT qui veut s'entraîner avant de devenir chef de la CGT. Mais pas toi, ma petite Juju !

Tu ne crois pas qu'il y a d'autres choses là-dessous ? Tu es sûre que ta révolte s'adresse à la bonne personne ? Non ? Tu ne comprends pas ce que je veux dire ?
Tu sais, à ton âge, "tu te cherches", comme on dit. Tout le monde est passé par là, je te rassure. Tu ne sais pas encore ce que tu aimes, ce que tu n'aimes pas.Tu ne sais pas encore où tu veux aller, ni comment, ni pourquoi et c'est normal !

C'est pour ça que certains garçons et filles qui ont ton âge s'en prennent parfois à leurs parents par des réactions agressives. Et toi, ta façon de te chercher, c'est un peu pareil.
Cette Valérie Pécresse dont tu parles sans arrêt...
Tu ne vois pas le rapport ?
Les blocages que tu veux mettre en place, tu trouves pas que ça ressemble à la porte de ta chambre où tu as collé des gros autocollants "Défense d'entrer" ou "Interdit aux parents" ?
Tu ne vois toujours pas le rapport ?
La "réforme" dont tu parles sans arrêt... Disons que tu n'en as peut-être après la réforme. Tu vois ce que je veux dire, ma petite Juju ?

Bon alors, je vais essayer de t'expliquer mon point de vue.
Mon opinion, c'est que cette réforme que Valérie Pécresse a mis en place, tu l'as prise à ton compte. Pour toi, c'est un peu comme quand ta Maman te punit et te confisque ton lecteur MP3 ou ton téléphone portable. Tu vas t'enfermer dans ta chambre, tu boudes, et un peu plus tard, tu vas la voir en criant pour reprendre ton portable. Là, c'est un peu pareil. Tu trouves pas ?
Donc, peut-être que tu devrais arrêter tes enfantillages - parce que tu sais que tu es plus intelligente que ça - et que tu devrais te concentrer sur des choses qui sont plus importantes pour toi et tes études, parce que je t'assure que c'est pas comme ça que tu pourras entrer à Sciences Pô.

D'accord ? On arrête là et tu reprends tes études plus sérieusement ?

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Photo : ben, cette marmotte a un point commun avec toi, ma petite Juju. Si, regarde bien ses dents. Mont Pelat (Allos, 04) - juillet 2005

22/09/2008

Julie Toubiana, le retour

L'un des principes du blog était que je ne devais pas parler politique, à moins que ça ne soit un point rarement évoqué dans les médias. Et devinez ce que je vais faire dans ce nouveau commentaire...

Oui, je vais parler politique.
RSA ? Présence de l'Armée en Afghanistan ? Affaire Tapie ? Résultat des Sénatoriales ? Tripatouillage desdites élections ? Que nenni, nous allons parler des conditions de vie étudiantes.

Ah, il y aurait des centaines de choses à faire afin d'améliorer la vie étudiante : améliorer l'accès et l'accompagnement pour les handicapés, faciliter la mobilité des étudiants (imaginez, au hasard, un étudiant qui habite, au hasard, Thorame-Haute et qui fait ses études, au hasard à Aix-en-Provence). Que faire d'autre ? Augmenter le volume et la variété des livres dans les bibliothèques universitaires, améliorer l'état et la propreté des facs. Au niveau du CROUS, réviser les conditions d'attributions des bourses, afin que celles-ci collent mieux au besoin des étudiants, augmenter le nombre de logements universitaires et les attribuer aux étudiants qui en ont besoin et pas à ceux qui connaissent le directeur de la cité U. Il y en aurait des choses à faire.

Bien heureusement, une personne passe bien au-dessus de ces tracas et s'occupe des vrais problèmes : la défense des fils et filles-à-papas qui sont obligés de cohabiter avec leurs parents. Ca, c'est du problème. Les repas du Resto U dégueux ? Non ! Les étudiants aixois qui sont obligés d'aller à Marseille pour une seule matière ? Non ! Les cités U vétustes, les facs qui tombent en lambeaux ? Non !

"On a le droit de vote mais pas l'accès à l'autonomie" , se plaint cette militante de l'UNEF, dans La Provence du 11 septembre 2008. Elle réclame donc la création d'une "aide universelle", pour que chaque étudiant accède à l'autonomie. "Universelle" ? Cela signifie pour tous. Donc, sans condition de ressources ? Sans rapport avec l'éloignement du logement familial et de la fac ?

Je m'offusque. La vie étudiante peut, doit, se défendre sur des dizaines de points, comme ceux que l'on a évoqué, mais franchement. Pour une étudiante qui habite à Aix et va à la fac à Aix, il y a plus important que vivre chez soi pendant la semaine et retourner chez Papa-Maman le week-end pour faire laver son linge.
Il s'agit là ni plus ni moins que du caprice d'une fille-à-papa qui en a marre de vivre avec ses parents, mais qui est loin des vrais besoins des étudiants. Cette étudiante donne une mauvaise image des luttes étudiantes.

En plus, nous connaissons déjà cette étudiante...


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Photo : La Barben - été 2008

13/05/2008

Qui est Julie Toubiana ?

J'allais être méchant.
Pire, j'allais faire quelque chose pas très déontologique. Ni très éthique.
Débrouillez-vous pour faire la différence entre les deux termes.
J'allais faire quelque chose qu'il ne fallait pas faire avec une de mes anciennes élèves. Ô, je vous vois venir avec vos allusions, mais il n'y avait rien de sexuel là-dedans.
J'allais insulter une ancienne élève en plein, mais avec une belle façon de faire et c'est pour ça que je me disais que ça passerait.

Que nenni, je ne le ferai pas ! Je vous laisserai seuls juges de la situation.

Je vais évoquer aujourd'hui une petite partie de la vie de Julie Toubiana, que certains d'entre vous connaissent peut-être pour ses engagements syndicaux.
La situation eût lieu, il y a environ deux ans. Peut-être trois, je ne sais plus trop. Un mercredi après-midi en tout cas, ça c'est sûr. Je surveillais alors une salle pleine de lycéens (dont Julie Toubiana) qui composaient sur un contrôle de maths. Normal, jusqu'ici. Durant l'épreuve - joie intense - j'aperçus la Julie Toubiana susnommée jeter des œillades furtives sur ses genoux, plusieurs fois de suite, à intervalles réguliers.
Je dis "joie intense" car il n'est rien de plus ennuyeux que de surveiller un examen, tellement ennuyeux que j'espère à chaque fois attraper un élève en train de tricher, histoire de pimenter les mornes lectures que je m'octroie durant ces surveillances (et que je ne peux même pas lire correctement parce que de toute façon, je fais toujours bien mon travail (si bien que les élèves ne savent jamais si je lis, si je vais lire ou si je les épie)).
Que disais-je, au fait ? Ah, oui, joie intense, un évènement. Généralement, ça ne signifie pas grand-chose : une tâche obnubilante sur un pantalon, des miettes récalcitrantes, un bouchon de stylo fuyant ou tout simplement une raison de penser à autre chose que ce sale 3y² qui devrait être égal à x et qui ne veut pas l'être. Mais là, je sentais le lièvre. Un foulard sur les genoux, des yeux pleins de "Non, non, je regardais pas !", ça ne pouvait pas tromper. Mes techniques secrètes de confirmation de triche criaient en moi : "Alerte ! Alerte ! Tricheuse détectée ! Ceci n'est pas un exercice ! Je répète : ceci n'est pas un exercice ! Déclenchez le plan rose ! Qui c'est la tartignolle qui a nommé ce plan "plan rose" ? Déclenchez le plan qui s'appelait "plan rose" et qui s'appelle maintenant "plan rouge" ! Ceci n'est pas un exercice !"
Plan rouge déclenché, donc : "Tu veux bien déposer ton foulard sur la table ?" Et là, je l'aperçût sur son pantalon, dévoilé par ce foulard lâche : le téléphone portable de Julie Toubiana, en plein contrôle de maths, où, précisons-le, la calculatrice était interdite. Message moins officiel en moi, un type qui lance "Gnark gnark, gnark."
- Tu me passes ton portable ?
- Mais, je m'en servais pas.
- C'est ça... De toute façon, je te rappelle que tu n'as pas le droit de le garder avec toi dans les salles de classe.
Encore ce "Gnark, gnark, gnark."
L'épreuve avança. Sporadiquement, les élèves arrivèrent à mon bureau pour déposer leur copie, avec un grand soupir la plupart du temps. Puis, ce fut au tour de notre brune fraudeuse.
- Je voudrais récupérer mon portable.
- Tu verras ça demain avec la CPE.
- Mais je trichais pas, je lisais juste un texto.
- Non, ça marche pas avec moi. [...]
- De toute façon, si vous dites que j'ai triché, je dirai que vous m'avez harcelée.
Je ne pus m'empêcher de rire et de lancer : "OK, vas-y."
A mon grand désarroi, la mascarade s'arrêta là-dessus, mais me révélait tout de même la partie pauvre en moralité de Julie Toubiana. Manque de crédibilité, surement. C'est sûr que si ça avait été sa copine deux rangs derrière, ça aurait été plus vraisemblable. Mais bon, là, ça devient plus subjectif.

Continuons.
Comme évoqué précédemment, Julie Toubiana a actuellement des activités syndicales étudiantes. Elle fait partie de l'UNEF. Elle est même chef ! Aaah, l'UNEF ! LE syndicat étudiant de gauche, qui n'a rien à voir avec le PS mais qui compte parmi ses ex-dirigeants Lionel Jospin, Arnaud de Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis, Julien Dray, etc. L'UNEF, qui milite pour "l'égalité de tous face au savoir aussi bien en terme d'accès qu'en terme de réussite concrète de chacun et chacune". Leur message est clair.

Mais précisons que j'ai connu la susnommée dans un lycée privé, où la scolarité n'est pas élevée, mais payante quand même. Précisons aussi qu'elle a intégré une écurie à 5 000 € par an pour optimiser ses chances de réussir son entrée à sciences pô.
Drôle de vision de l'égalité pour tous...

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Photo : Quelques méduses - Monaco, avril 2008.