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20/05/2008

Chaque instant de la vie est un pas vers la mort...

Je ne cherche en aucun cas à vous mettre la pression, mais bon...
Cela fait plus d'un an que mes amis, mes collègues ont une fâcheuse tendance à s'endeuiller. Ca n'est pas qu'ils le fassent exprès, mais c'est comme ça, les amis de mes amis meurent cruellement.
Joseph Staline déclarait "La mort d'un homme est une tragédie. La mort d'un million d'hommes est une statistique." A partir de quel seuil, peut-on faire des statistiques ? Parce qu'un calcul simple m'indique que, en moyenne, une personne de mon entourage perd un proche tous les trois mois. Donc, autant de tragédies. La dernière ayant eu lieu il y a presque trois mois, à qui le tour demain ?

A bien y regarder, la mort nous entoure, nous guette, nous tente à chaque instant. N'avez-vous jamais évité de justesse le croche-patte rigolard de la mort qui vous attendait au tournant ? N'avez-vous jamais frôlé l'accident en voiture, par votre faute ou celle du type d'en face ? Avec le recul, ne vous rendez-vous pas compte que, étant enfant, vous avez bien failli mourir le jour où vous avez dérapé en faisant de l'escalade sauvage ou celui où vous avez été pris dans des rapides plus fortes que vous ne le croyiez ?

Avez-vous déjà pensé à cet instant funeste - l'instant de tous les instants - où vous ne pourrez pas éviter de glisser du haut des escaliers ? Avez-vous pensé à l'instant où vous ne pourrez plus lutter contre cette maladie qui vous rongera ?
Il n'est rien de plus certain et incertain que la mort. Vous, qui lisez ceci, vous mourrez bel et bien un jour. Mais quand ? Il est vraisemblable que vous mourriez demain, voire même dans une heure. Il est possible que vous mourriez dans un mois quand vous serez en vacances loin des vôtres. Vous êtes-vous alors posé cette question : que voudrez-vous laisser à votre entourage ? Mais aussi, qu'aimeriez-vous dire à vos proches qu'ils ne sachent pas ? Connaissent-ils vos dernières volontés ?
Tout ceci nous amène à cette question simple mais fabuleuse : pourquoi ne pas leur dire tout cela ?
(Prévenez-moi si vous avez la réponse, je cherche encore).



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Vidéo : adaptation et mise en images d'un journal du futur qu'on peut trouver sur http://sousrealisme.org

27/01/2008

La mère de toutes les erreurs

Nous en avons certainement tous une. Enfouie au plus profond de nous-même, tapie dans l'ombre de la souffrance et de la tristesse. Souvent invisible aux yeux extérieurs car souvent en sommeil. Elle patiente chaque fois en attendant sa prochaine sortie où elle pourra mettre en oeuvre ses desseins malveillants.

Elle, c'est cette blessure infligée par la vie et qui nous hantera, peut-être jusqu'à notre mort. C'est un cheval qui fait que l'on ne regardera jamais plus les chevaux de la même façon. C'est un salaud qui fait que l'on se méfiera toujours un peu des autres hommes. C'est quinze ans sous les coups de ceinturon d'un père qui n'aurait pas dû l'être. C'est un handicap, dont on s'accomode depuis toujours. C'est une voiture folle qui nous obligera à nous retourner à chaque coup de klaxon. C'est ce générique de dessin animé que l'on ne veut plus entendre sous peine de pleurer sans fin. C'est une erreur de la part de nos parents, la mère de toutes les erreurs, fruit d'une refléxion irréfléchie, apparemment banale, mais qui a imposé son sceau à jamais. C'est tout cela.

Cette blessure, telle une blessure de guerre ne fait souffrir que lorsque l'on appuie dessus, soir de spleen, hasard malchanceux de la vie quotidienne ou volonté de nostalgie. Certains l'enferment dans un tiroir et jettent la clé dans l'espoir fou de ne jamais plus la ressentir. Certains la ruminent sans fin et s'en servent d'excuse à tous leurs malheurs. D'autres, encore, attendent en espérant la voir s'évanouir un jour. D'autres, enfin, la combattent de toutes leurs forces en croyant pouvoir la vaincre.
Mais mille alcools, ni mille étreintes avec mille femmes - ni même seulement une, - ni mille victoires, ni mille kilomètres de fuite n'y changeront rien. Tel un chat silencieux, cette plaie béante restera toujours à l'affût de son unique proie.

La solution ? Accepter de vivre dans une maison hantée. Apprendre, ne pas répéter et puis un jour : mourir.

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Photo : crépuscule sur le cours Mirabeau - Aix, février 2007