15/10/2009

Le plus beau chemin est celui que l'on choisit

Je vous l'accorde, mes derniers posts n'étaient pas les plus enthousiastes que j'ai écrits. A dire vrai, ils ne reflètent qu'une faible partie des derniers mois vécus. Contrairement à mes appréhensions saisonnières, cet été fut somptueux. Riche en évènements festifs, en découvertes, en retrouvailles, l'été 2009 fut proche d'un été parfait. Je serais bien tenté de vous faire la liste de toutes les évènements qui se sont déroulés, de toutes les personnes que je remercie... Mais du sommet de la Sainte-Victoire aux lieux de mon enfance, de la Camargue à Paris, cela serait trop long. Et peut-être un peu trop ressemblant aux rédactions de primaire...

Cet été peut se voir comme un long film, dont la scène finale ne doit s'apprécier qu'à la lumière des mois précédents. De tout ce que j'ai vécu cet été, que ce soit une banale sortie scolaire, une banale randonnée, un banal mariage, une banale rencontre, un banal séjour ici ou là, chacune de ces scènes a permis de mettre en relief le plan final. Plan final qui peut se résumer en un mot dont la médiocrité orthographique ne saurait être à la hauteur de la fresque vécue : un déménagement. Car au fond, c'est bien plus que cela. Ce déménagement est le résultat d'un processus et le symbole de sa fin, tout comme il est le début d'un autre processus, logiquement articulé avec le premier. Mmh, pas facile à comprendre du premier coup cette phrase, n'hésitez pas à la relire si vous ne l'avez pas saisie...

Concrètement, j'ai fait mes adieux à Aix-en-Provence et j'y ai laissé beaucoup de choses que je ne côtoierai plus, ou plus autant : mon travail, certains amis, mon ex, les contraintes que je n'avais pas choisies. Et surtout cette amertume que j'avais dans le cœur depuis près de neuf ans passés à Aix-en-Provence

Mais maintenant, je revis et re-vis à Thorame. J'ai entendu cet été un dicton qui dit qu'un homme ne pourra jamais voir une deuxième fois le même fleuve. Car le fleuve aura changé, et l'homme aussi.
C'est sur cette image que se clôture un tome de ma vie pendant qu'un autre se laisse esquisser. On y devine quelques éléments : la liberté retrouvée, le refuge, la joie. On y devine des interrogations qui n'auront leurs réponses que plus tard. En somme, on y devine un chemin, sans vraiment être sûr de tout ce qu'il y aura après le virage.

Toutefois, au milieu de toutes ces questions et de toutes ces certitudes, une chose est certaine : le plus beau chemin est celui que l'on choisit.



Pour avoir une meilleure résolution, vous pouvez télécharger le diaporama ici.

01/10/2009

Chamois dort...


Vu sur le pont de la fleur ce matin en allant travailler.

J'aurais bien mangé un civet de chamois (et non pas "J'aurais bien mangé un civet de chat, moi.")

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Photo : Pont de la Fleur - Thorame, 01/10/09

18/08/2009

Les histoires d'amour finissent mal en général

Je ne t'aime plus. Je ne savais pas bien par où commencer, mais cette phrase résume beaucoup de choses à elle seule.
Je t'avoue que je supporterais mal que l'on me dise cela sans autre explication et c'est pour cela que je pense que tu as le droit d'en savoir plus.


Comment notre histoire a-t-elle commencée ? C'était il y a environ trois ans, quand, ce jour de mars, mon histoire avec une autre que toi se terminait.
Je ne te connaissais pas encore, mais dès cette séparation, je t'imaginais déjà. Je pensais aux courbes de ton corps, à la couleur de ta peau... J'imaginais ton nom, je devinais ton caractère, tes qualités ou tes défauts qui feraient ton charme. Je te rêvais belle, insouciante, prête à aller au bout du monde avec moi. Je nous voyais ensemble pour la vie, comme on peut voir certaines personnes dans la rue, encore amoureuses après des décennies de vie commune. Je te voulais combattive, infaillible, élégante partout où tu irais, charmeuse et à la hauteur de nombreux désirs. Je voulais que les plus belles du monde soient jalouses de toi. Je voulais que les hommes se retournent dans la rue pour t'admirer en s'étonnant que je puisse être, moi, en si bonne compagnie.

Je t'ai cherchée ardemment. Pas très longtemps, certes, mais ardemment. Au détour de chaque rue, j'admirais tes semblables en te cherchant, toi.
Et puis je t'ai trouvée. Tu étais là, comme une évidence qui ne s'assumait pas. J'ai hésité, mais je t'ai aimé. Tu as hésité, mais tu m'as aimé.

Nous avons alors vécu beaucoup de choses ensemble. Comme je l'ai toujours espéré, tu m'as emporté loin, tu m'as permis de mieux vivre et d'avancer. Le chemin était plus agréable avec toi que seul. J'ai vécu des moments d'un bonheur intense avec toi et parfois, grâce à toi.

Mais hélas, toute chose a une fin et je crois que nous y sommes arrivés. Insidieusement, ta compagnie m'est devenue de moins en moins heureuse. Tu n'étais plus aussi passionnée, plus aussi aventureuse, plus aussi dévouée, peut-être plus assez forte. Au final, peut-être plus amoureuse. La manière dont je voulais être avec toi ne te plaisait plus et tu ne me le rendais que trop. Tu refusais de faire ce que je pouvais raisonnablement attendre de toi, peut-être par peur de continuer avec quelqu'un, que ce fut moi ou un autre.
Tu n'as pas su trouver en toi les ressources qui auraient pu te permettre d'évoluer, pire je crois que tu as régressé. Au fond, je crois que tu n'as jamais voulu avancer seule et que tu n'as jamais voulu t'épanouir ni apprendre à vivre sans moi. Et donc que tu n'as pas pu t'épanouir tout court.

Si j'avais été plus fort, j'aurais continué, en courbant le dos. En espérant que tu saches changer. En attendant une maturité de ta part qui aurait pu t'ouvrir les yeux sur la réalité de ce que je faisais pour toi.
Je ne t'ai jamais malmené, j'ai exploré avec toi tes propres ressources, en évitant de te mettre en danger. J'ai commis des erreurs, mais je ne t'ai jamais manqué de respect. Je t'ai parfois fait mal, mais jamais sans le vouloir. Même si parfois j'ai failli, j'ai toujours pris soin de toi et je t'ai toujours écouté. J'ai voulu te rendre meilleure, mais sans y arriver, je crois.

Et puis, peu à peu, tu n'as plus voulu faire d'effort, alors, lâche, j'ai abandonné face au défi que tu m'imposais. Tu as choisi de prendre cette pente doucement descendante qui te mènera vers une vie que tu crois sûre, mais qui te mènera inexorablement vers une vie morne et triste. Tu verras peu à peu s'altérer ce que j'ai fait pour toi, puis ce que tu es, à moins que tu ne trouves quelqu'un d'autre qui soit plus patient que moi. Ce pourrait être aussi bien un homme qu'une femme, d'ailleurs.

Si j'ai gagné quelque chose avec toi dans un premier temps, j'ai fini par perdre. Un peu de confiance en moi, en mes qualités, en mes capacités. En définitive un peu de mes habiletés naturelles, un peu de moi et beaucoup trop de liberté. Je dois m'éloigner de toi pour reconstruire tout cela.
Mésententes, échecs, dérapages, je croyais que cela venait d'un manque d'harmonie entre nous deux, mais je sais aujourd'hui que tu en étais plus responsable que moi et ça aussi, je crois que tu ne peux pas le voir aujourd'hui.

Alors de déceptions en chagrins, de colères en désœuvrements, d'impuissances en rejet, d'abandons en douleurs, de Charybde en Scylla, je me suis embarqué avec celle que tu appelles « la Boche. » C'était peut-être une autre erreur de ma part, mais tu aurais dû me pardonner, plutôt que vouloir me nuire. C'est en y réfléchissant que j'ai décidé de te quitter : ta réaction était démesurée, puérile, inadaptée.
Je n'en suis pas désolé, je dois te quitter, je veux reprendre ce que j'ai perdu avec toi, même si j'espère garder dans mon cœur ce que tu m'as permis de gagner.

Maintenant, essayons de vivre en bons termes, sans rancune, sans vouloir faire de mal à l'autre, parce qu'il n'y aurait aucun intérêt pour toi comme pour moi.
Va, je ne te hais point. Je veux une relation sereine entre nous deux avant de t'amener – la larme à l'œil, mais soulagé – à la casse où tu finiras en pièces détachées pour les autres amoureux de Seat, Audi et Volkswagen.
De mon côté, j'irai à la recherche d'une autre voiture, en espérant trouver la perle rare...


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Photo : Moi, au volant de « la Boche » – Lédenon, juillet 2009.

04/07/2009

Émo(i)tions

Bonjour,

Je suis le cortex pré-frontal de Virgile et je me situe à la frontière avec son lobe temporal. Lorsque Virgile ressent une émotion, en fait, c'est moi qui m'en occupe. Je fais la synthèse de tous les stimuli environnant et je crée ainsi une émotion que Virgile aura en charge de traiter par la suite.
Je me contente de faire ça. Les réactions face aux émotions, ce n'est pas moi qui m'en occupe. Un peu comme avec le cortex occipital. Lui, il se contente de dire à Virgile « Il y a une lumière rouge sur un poteau. » Le reste (par exemple interpréter cette lumière comme un feu de signalisation, puis appuyer sur la pédale du milieu pour freiner) c'est Virgile qui s'en occupe.

Globalement, je m'entends bien avec le reste du cerveau de Virgile. Je communique très facilement avec l'hippocampe de Virgile, c'est lui qui gère sa mémoire. C'est une longue histoire entre lui et moi. Lorsque l'on travaille ensemble, ça permet à Virgile de se souvenir ce qu'il a ressenti ce jour, quand il avait 10-11 ans, et qu'il s'était fait punir par son père alors que c'était sa sœur qui avait fait une bêtise. Il peut aussi se souvenir des sentiments qu'il avait eu le jour où son ami ne lui avait pas fait confiance. Et aussi, il y a le jour où cette fille que j'aimais bien lui avait pris la main. Mais comme ça, sans nécessité immédiate. Ensemble, on peut permettre à Virgile de se souvenir ce qu'il avait ressenti les mois qui suivirent. Et puis aussi les mois qui suivirent ces mois qui suivirent... J'avais fabriqué beaucoup d'émotions à ces périodes-là... Je ne suis pas sûr que vous me compreniez bien. En fait, c'est parce que j'ai du mal à communiquer avec les aires du cerveau qui s'occupent du langage.

Ah, ça c'est quelque chose... Autant, mes aires « miroir » (celles qui s'activent lorsque Virgile est en empathie avec l'émotion de quelqu'un d'autre) arrivent assez bien à communiquer avec les aires du langage. Autant, moi... j'ai vraiment du mal. Comment dire ? J'arrive très bien à communiquer à Virgile ce que je ressens, mais il reste difficile de travailler avec les aires du langage afin de mettre des mots dessus. Peut-être que ces aires ne sont pas assez développées pour être à mon niveau. On ne peut en vouloir à personne : une fois, une aire qui avait suivi un cours de psycho différentielle m'a expliqué que les hommes étaient moins doués que les femmes pour le langage, mais j'ai oublié de quelle aire il s'agissait.

De ce que je peux observer, je trouve que les réactions de Virgile sont plutôt appropriées lorsque je lui transmet une émotion. Parfois les stimuli qui me parviennent sont très intenses, je crée donc une émotion très intense. Là où beaucoup agiraient en mettant de côté leur intelligence, Virgile arrive à utiliser la sienne normalement. Il a parfois des réactions physiques paradoxales ou révélatrices, mais il applique ses comportements dans le même cadre que si je ne lui transmettais rien.

En revanche, je suis parfois la seule partie de son cerveau à lui communiquer des choses. Et là, ça lui pose des problèmes.
Tenez, quand il sortait avec cette fille que j'aimais bien, et bien j'étais le seul à lui transmettre des choses. Alors il était là, sur son petit nuage. Je ne lui envoyais que bonheur, joie, bien-être, fierté... Rien pour me contrarier. Mais il n'en avait tellement pas l'habitude qu'il était perdu : il ne savait plus quoi faire, il avait des problèmes pour dormir, etc.

Et puis il y a d'autres périodes où les stimuli sont différents. Là, je ne fais que les transformer en tristesse, angoisse et toutes ces émotions que je ne peux exprimer. Je n'y vais pas de main morte dans ces cas-là. Quand il rate la soutenance de son mémoire, ou quand il a un échec sentimental, ou quand il a des problèmes relationnels avec des gens de son entourage, ou ces fois où il a une difficulté à son boulot, je fais toujours mon travail. Je lui envoie plein d'émotions, bien intenses. C'est à ça que je sers. Il en arrive parfois à croire qu'il va échouer dans sa grande quête personnelle.

Mais il est rusé, Virgile. Des fois, il en a marre de n'entendre que moi, alors il essaie de se créer de nouveaux stimuli : les jeux vidéos, la voiture, la photo, le travail, etc. J'ai été obligé de rajouter des couches d'émotions à chaque deuil qu'il a traversé. Il avait tendance à se détourner de ce que je lui donnais à traiter. Mais, je vous rassure, nous nous sommes presque toujours débrouillés pour construire quelque chose d'utile avec ce que je lui donnais.
Si, je vous assure. Quand son père est mort, ses notes au lycée ont augmenté. Quand il était seul en cité U, il sublimait mes émotions dans l'écriture. Et puis il faut dire ce qui est : il a pris des photos somptueuses pour essayer de m'éviter. Quand je le décourage dans ses desseins, il se débrouille toujours pour se dépasser et parfois faire mieux que prévu initialement.

Je n'existe pour ainsi dire que pour lui et je représente une partie importante de sa personne. Mais comme chaque zone de son cerveau, je cherche constamment à dominer, à étendre mon influence sur lui. Un peu comme ces hommes politiques qui font tout pour occuper le plus d'espace possible au sein de leurs milieux d'influence.
Pour filer la métaphore, repensez à des hommes tels que Jacques Chirac, François Mitterand ou Nicolas Sarkozy. Ce sont des hommes qui, à un moment donné, furent mis de côté avant de pouvoir conquérir le pouvoir suprême.
Je suis un peu comme ça. En tout cas, j'en ai la conviction. Un jour ou l'autre, les circonstances feront peut-être que je pourrai m'installer au pouvoir et rendre mes émotions prééminentes.
Ce jour n'est peut-être pas si éloigné..

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Photo : lac de Castillon (encore !) - Août 2003