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29/11/2009

29 novembre 1999, 11 heures 30

C'était il y a dix ans jour pour jour. Peu des visiteurs de ce blog sauront spontanément à quoi je fais référence. C'était le 29 novembre 1999. A priori un lundi comme les autres. Et pourtant après ce jour, plus rien ne fut comme avant pour moi.
Sans tourner plus longtemps autour du pot, mais sans détail impudique, ce jour fut celui de la mort de mon père, quelques jours après mes dix-sept ans.

Ce genre de choses arrive toujours au mauvais moment. Ce genre de deuil n'est jamais bienvenu. Le brouillard tombe et enveloppe ainsi l'horizon des pleurants, comme la tristesse envahit leur cœur. L'un comme l'autre semblent alors irrévocables, imbattables. Il est facile de rester dans ce brouillard, sans horizon, sans but, sans repère autre que ce voile blanc qui ne laisse apparaître que le sol gris aux pieds.

On ne peut jamais rien contre le brouillard. Le couteau le plus tranchant ne saurait y venir à bout, car on ne peut couper l'impalpable.
En revanche, il est possible d'en sortir. Continuer son chemin. Refuser ce linceul blanc qui inonde la vue et les sentiments. Même si l'on n'est pas sûr de ses pas, avancer est nécessaire car ce sera toujours mieux que rester là, immobile et aveugle au monde.

Seul dans le brouillard, j'ai avancé, un peu au hasard. Tout, pourvu que ce soit loin de cet océan blanc et des personnes qui me voulaient du mal. J'ai parfois combattu de toutes mes forces, sachant que je ne pouvais rien perdre. J'ai parfois souffert du froid et de la peur. J'ai parfois fui ou combattu les personnes que l'on ne devrait jamais combattre. Alors, sans autre alternative salvatrice, j'ai avancé. Seul.

Au fond, je n'aurais jamais vécu tout cela sans la mort de mon père. A quoi ressemblerait ma vie sans sa mort ? Je n'en ai aucune idée. Elle serait peut-être plus agréable ou peut-être moins. Je n'aurais pas effectué le même cursus universitaire. Je n'aurais sûrement pas eu les mêmes amis, les mêmes rencontres, les mêmes épreuves, les mêmes victoires et les mêmes défaites, en tout cas pour la plupart. Je n'aurais pas avancé sur les mêmes routes. Je ne serais pas le même.

Le chemin que j'ai parcouru depuis la mort de mon père m'a façonné comme le feu et le marteau façonnent le fer, pour le rendre à la fois dur et résistant. Je n'hésite pas à écarter toute modestie lorsque j'évoque cela, car je sais le prix que j'ai payé pour fabriquer mes qualités. Ce que j'aime chez moi, je le dois à la mort de mon père. En ce sens, sa mort est l'évènement le plus bienfaiteur que j'ai vécu. Mais peut-être aussi que ce que je n'aime pas chez moi, je le dois à ce feu et à ce marteau qui ont changé la disposition dans laquelle j'étais.

J'avais dit « sans détail impudique »... Peut-être suis-je allé trop loin, alors je vais m'arrêter là.

10/01/2009

Bonne et heureuse année 2009


Que pourrais-je vous souhaiter pour l'année 2009 ?

Tout d'abord, sur quelle part pouvez-vous influer ?
Une partie de votre environnement familial, une partie de votre réussite professionnelle, une partie de votre bonheur, une partie de votre santé. Une partie de votre vie, en somme. Cette part-là vous appartient, ses réussites, comme ses échecs. Je ne peux que vous inciter à jouir de vos triomphes, grandioses ou misérables ; apprivoiser vos défaites, recevoir ces deux menteurs d'un même front.

Quelle part est indépendante de vous ?
Le hasard des rencontres, les équilibres aléatoires, la grande main invisible, fut-elle celle de Dieu ou du Marché, la manne providentielle qui tombe à un endroit plutôt qu'un autre, le croche-patte narquois de la mort, la main tendue, mais perverse, de la vie et tout ce que j'oublie ici. Hélas, j'ai beau être un psy fort doué, je n'ai pas plus d'influence sur tous ces évènements. Tous mes souhaits de bonheur ne resteront que paroles. Toute parole ne sera qu'un vent, réchauffant certes, mais l'ondulation d'un champ de blé n'est que belle ; ne résout ni problème, ni tracas.
A bien y réfléchir, je vous souhaite quand même une bonne année. En espérant que ce vœu, comme le vent estival, vous réchauffera un peu l'esprit, en espérant que vous trouverez ces mots agréables, comme autant d'ondulations sur vos printemps rêvés.

Et pour finir ?
J'ai aimé cette année 2008 passée avec vous. J'ai aimé les émois qu'ont provoqué mes articles sur ce blog. J'ai apprécié les horizons dévoilés par ce blog et ceux qui l'animent régulièrement. J'ai apprécié, encore, les liens renforcés par ce blog. J'essaierai de préserver tout cela pour 2009, malgré mes nouvelles obligations bas-alpines.
Je vous le redis :

Tous mes vœux de bonheur,
de santé et de réussite
pour cette année 2009

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Photo : Dattes - La Ciotat, avril 2008
Je ne suis pas sûr que ça soit le cas, mais pour moi, offrir des dattes doit signifier que l'on souhaite prospérité à son invité.

13/09/2008

Septembre, le pire mois de l'année (ou Recherche d'emploi : l'épilogue)

Il est poli d'être constant.
Chaque année depuis trois ans, le rituel est immuable pour moi et des milliers d'autres étudiants : nous attendons. Nous attendons encore et encore, comptant chaque jour qui nous approche des résultats escomptés. Et puis, le jour vient.
Comme les milliers d'autres étudiants, je lis les tableaux d'admissions. A la recherche de mon nom, je connais presque tout de suite mon résultat, avantage alphabétique oblige.
Comme des milliers d'autres étudiants, j'espère, en posant mon regard sur les colonnes, voir simplement mon nom. Comme des milliers d'autres étudiants, je repasse plusieurs fois ces satanées colonnes qui - rituel immuable depuis trois ans - ne comportent toujours pas mon nom.

Comme des milliers d'autres étudiants, je laisse tomber. J'abdique. Le cinquième étage de la fac de lettres ne sera plus mon sanctuaire. J'y laisserai là moult espoirs, moult tracasseries et moult amitiés.

Qu'à cela ne tienne. Je vais me lancer. Au revoir la psychologie, bonjour la psychothérapie !

La suite dans les prochains épisodes...

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Image : Affiche détournée du film
Le Seigneur des Anneaux

25/11/2007

Plaidoyer pour le rétablissement de la peine de mort

La peine de mort. Elle a été abolie en 1981 par Mitterand malgré l'avis majoritairement défavorable de la population. Depuis, les mentalités ont évolué. De 80% des Français prônant la peine de mort, on est passé à 60% prônant le maintien de son abolition.
Malgré tout, le débat refait régulièrement surface. Chaque nouvelle élection est une occasion pour le remettre sur le tapis (salut Jean-Marie !). Chaque fait divers suffisamment lugubre suffit à servir ce débat avec la blanquette du dimanche, mijotée aux petits oignons par Maman.

Alors que faire ? Rétablir la peine de mort ou pas ? La vraie question doit être : pour qui la rétablir ? Les pédophiles ? Ca mettrait au minimum 1% de la population sur l'échafaud. Les terroristes ? Ils n'ont besoin de personne pour se tuer. Les tueurs en série ? Les criminels contre l'Humanité ?
Non. Tout cela n'est rien par rapport à une frange de la population qui mérite la lame oblique ordonnée dans la journée par un juge.

De qui parle-t-il ? De toutes ces espèces de sales connes qui osent encore répondre à leurs soupirants : "Je préfère qu'on reste amis." Elles poussent parfois le vice jusqu'à dire "J'ai peur de perdre notre amitié, alors je préfère que ça reste comme ça."
Mais, espèce de connasse (pardonnez-moi ce langage châtié), tu risques pas de la perdre ! Ca fait trois ans que je suis amoureux de toi, tu crois que c'est ça qui m'empêche de faire ami-ami ?
En plus, généralement, pas moyen d'aller plus loin, d'envisager une lueur d'espoir. Pas de "Peut-être", pas de "Je sais pas."
Cela ne s'arrête pas là. Ces salopes se débrouillent pour détourner habilement la conversation. A la question "Comment dois-je faire pour te séduire ?", elles disent qu'il faut passer à autre chose, penser à une autre fille mais que surtout, surtout, "il faut rester tel que tu es, il faut rester naturel."
Tu comprends rien, grognasse ? Ca fait trois ans que je suis naturel comme le thon et ça marche pas. C'est toi que je veux, ne me dis pas des banalités qui permettraient éventuellement de séduire une fille qui n'est rien par rapport à toi.
Proposition de loi : dans ces cas-là, la fille en question doit subir des châtiments corporels durant deux jours et deux nuits avant sa mise à mort.

Enfin, certaines connes réalisent le grand chelem en croyant bon d'ajouter "Tu sais, c'est quand on s'y attend le moins qu'on rencontre l'amour."
Sur trois ans, je m'y suis attendu, pas attendu, attendu, pas attendu alors tes conneries tu les fous avec les autres dans ton énorme sac à conneries que je te déconseille d'amener avec toi au moment de ton jugement dernier qui s'approche à grands pas.
Proposition de loi : circonstances aggravantes, donc le temps de torture passe à sept jours et sept nuits.

Sinon, je vous rassure, je vais très bien avec ma copine. Je garde juste dans quelque recoin de mon âme une rancœur qui n'est plus atténuée par un sentiment d'amour caché.

Note : une pute est une fille qui couche avec tout le monde. Une salope est une fille qui couche avec tout le monde, sauf avec toi. Une emmerdeuse est une fille qui ne couche qu'avec toi.


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Photo : août 2003. Prise au hasard parmi toutes mes photos.

11/11/2007

Recherche d'emploi ?

C'est rude.
On s'attend à beaucoup d'échecs dans la vie et généralement, on n'est pas déçu.

Cette semaine, j'arrive (enfin) à entrer en contact avec le ù£§%*!@ qui a noté mon dossier d'admission. Je pensais être désillusionné. Je m'attendais à quelque chose du genre "Vous êtes nul. Ne revenez pas. Tentez le Master 2 femme de ménage."
Et là, rien du tout. Le prof m'indique que mon travail n'était pas si mal. Et que je devrais retenter l'an prochain "Parce que vous êtes... Voilà quoi."

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je me sens tout bizarre quand j'ai une lueur d'espoir comme celle-là. Il aurait pas pu me laisser avec mes certitudes plutôt que me faire douter ?

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Image : couverture détournée de Martine