10/10/2008

Le rayonnement international de Thorame, encore

Quand je vous le dis que Thorame est plus importante que ce que l'on croit !!!
Alors, OK, c'est juste Thorame-Basse, mais, c'est déjà bien, non ?


P.S.: vous imaginez la taille de la bête ?

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Photo : Peyrolles (13), Journées du patrimoine 2008

05/10/2008

Les âneries des idiots

La scène se déroule le 06 août, en fin d'après-midi.
J'entends un hélicoptère qui passe au-dessus de Thorame. Intéressé, je cours l'observer au dehors. il semble être jaune et rouge. Il s'éloigne et passe derrière une montagne avoisinante, si bien que je ne l'entend plus. Une poignée de minutes plus tard, le bruit de son moteur m'interpelle à nouveau : le voici revenu. Je ne le vois plus, mais je l'entends se rapprocher. Je devine qu'il va se poser. Ni une, ni deux, j'arme mon appareil photo et j'enfourche mon batvélo.
En général, les hélicos se posent sur le stade de Thorame. Oui, il y a un stade de foot à Thorame, et alors ? J'y descend à toute allure pour ne pas le rater. Il est juste à côté de là, majestueux et vrombissant. Cet hélico me rappelle mon attirance enfantine pour ces engins.

Le médecin de bord rejoint le plancher des moutons et observe l'appareil s'envoler. J'entame la conversation avec lui. Il m'explique qu'ils viennent de Mandelieu (près de Nice) et qu'ils sont venus là pour porter secours à des randonneurs. Je constaterai plus tard qu'il s'agit d'une femme, d'une personne âgée et de trois enfants, tous en très bonne santé. Le médecin m'explique le plus naturellement du monde que les randonneurs ont appelé les pompiers car le jour commençait à tomber et qu'ils n'arrivaient plus à retrouver le chemin pour rentrer, bien qu'ils pussent voir le village.
L'hélico ramènera alors les randonneurs et leurs affaires en trois fois. Pendant ce temps, un Thoramien (certainement ami des randonneurs) viendra les chercher dans son 4x4 avant que l'équipage ne se repose et reparte.

Coût estimé de l'opération : 5000 € (peut-être un peu moins). C'est-à-dire le montant de deux années de bourse pour un étudiant, le coût de 10 mois d'hospitalisation pour une personne, le prix du parc informatique d'un petit collège, etc. 5000 € à la charge de l'Etat, donc des contribuables.

Mais regardons cet incident de plus près : les randonneurs ont fait preuve d'une ou plusieurs erreurs qui ne dépendaient que d'eux-mêmes. Il ne s'agissait pas d'un infarctus à trois heures de marche de la civilisation. De plus, leur ami aurait pu faire la moitié du chemin avec son 4x4 pour les aider ensuite (ravitaillement, allègement des sacs) car il connaissait très bien les lieux. Dans le pire des cas, l'opérateur qui a décidé d'envoyer l'hélico aurait pu, s'il avait regardé une carte des environs, se contenter d'envoyer des secours terrestres à partir du village voisin, un peu plus long, mais sûrement moins cher.

5000 €, donc, pour les erreurs d'une ou deux personnes, c'est un peu élevé, je trouve.
Pourquoi ne pas faire payer ces interventions aux assurances des victimes, pardon, des personnes concernées ? Certes, les cotisations augmenteraient certainement, mais les impôts pourraient baisser en vertu d'une espèce de transfert de compétences. Lors, charge à l'assurance de se retourner éventuellement contre les protagonistes pour leur faire payer l'intervention. Ou d'ailleurs, pourquoi l'Etat ne se retournerait-il pas directement contre ces randonneurs imprudents ? Je reste dubitatif.

Dans tous les cas, si vous souhaitez faire un baptême de l'air gratuitement, c'est très simple : partez faire une rando avec une personne âgée à cinq heures de l'après-midi, puis appelez les pompiers au bout d'une demi-heure en leur disant que vous ne trouvez plus le chemin.
Implacable. Et lamentable.



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Photo : hélicoptère de la Sécurité civile - Août 2008, Thorame

22/09/2008

Julie Toubiana, le retour

L'un des principes du blog était que je ne devais pas parler politique, à moins que ça ne soit un point rarement évoqué dans les médias. Et devinez ce que je vais faire dans ce nouveau commentaire...

Oui, je vais parler politique.
RSA ? Présence de l'Armée en Afghanistan ? Affaire Tapie ? Résultat des Sénatoriales ? Tripatouillage desdites élections ? Que nenni, nous allons parler des conditions de vie étudiantes.

Ah, il y aurait des centaines de choses à faire afin d'améliorer la vie étudiante : améliorer l'accès et l'accompagnement pour les handicapés, faciliter la mobilité des étudiants (imaginez, au hasard, un étudiant qui habite, au hasard, Thorame-Haute et qui fait ses études, au hasard à Aix-en-Provence). Que faire d'autre ? Augmenter le volume et la variété des livres dans les bibliothèques universitaires, améliorer l'état et la propreté des facs. Au niveau du CROUS, réviser les conditions d'attributions des bourses, afin que celles-ci collent mieux au besoin des étudiants, augmenter le nombre de logements universitaires et les attribuer aux étudiants qui en ont besoin et pas à ceux qui connaissent le directeur de la cité U. Il y en aurait des choses à faire.

Bien heureusement, une personne passe bien au-dessus de ces tracas et s'occupe des vrais problèmes : la défense des fils et filles-à-papas qui sont obligés de cohabiter avec leurs parents. Ca, c'est du problème. Les repas du Resto U dégueux ? Non ! Les étudiants aixois qui sont obligés d'aller à Marseille pour une seule matière ? Non ! Les cités U vétustes, les facs qui tombent en lambeaux ? Non !

"On a le droit de vote mais pas l'accès à l'autonomie" , se plaint cette militante de l'UNEF, dans La Provence du 11 septembre 2008. Elle réclame donc la création d'une "aide universelle", pour que chaque étudiant accède à l'autonomie. "Universelle" ? Cela signifie pour tous. Donc, sans condition de ressources ? Sans rapport avec l'éloignement du logement familial et de la fac ?

Je m'offusque. La vie étudiante peut, doit, se défendre sur des dizaines de points, comme ceux que l'on a évoqué, mais franchement. Pour une étudiante qui habite à Aix et va à la fac à Aix, il y a plus important que vivre chez soi pendant la semaine et retourner chez Papa-Maman le week-end pour faire laver son linge.
Il s'agit là ni plus ni moins que du caprice d'une fille-à-papa qui en a marre de vivre avec ses parents, mais qui est loin des vrais besoins des étudiants. Cette étudiante donne une mauvaise image des luttes étudiantes.

En plus, nous connaissons déjà cette étudiante...


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Photo : La Barben - été 2008

13/09/2008

Septembre, le pire mois de l'année (ou Recherche d'emploi : l'épilogue)

Il est poli d'être constant.
Chaque année depuis trois ans, le rituel est immuable pour moi et des milliers d'autres étudiants : nous attendons. Nous attendons encore et encore, comptant chaque jour qui nous approche des résultats escomptés. Et puis, le jour vient.
Comme les milliers d'autres étudiants, je lis les tableaux d'admissions. A la recherche de mon nom, je connais presque tout de suite mon résultat, avantage alphabétique oblige.
Comme des milliers d'autres étudiants, j'espère, en posant mon regard sur les colonnes, voir simplement mon nom. Comme des milliers d'autres étudiants, je repasse plusieurs fois ces satanées colonnes qui - rituel immuable depuis trois ans - ne comportent toujours pas mon nom.

Comme des milliers d'autres étudiants, je laisse tomber. J'abdique. Le cinquième étage de la fac de lettres ne sera plus mon sanctuaire. J'y laisserai là moult espoirs, moult tracasseries et moult amitiés.

Qu'à cela ne tienne. Je vais me lancer. Au revoir la psychologie, bonjour la psychothérapie !

La suite dans les prochains épisodes...

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Image : Affiche détournée du film
Le Seigneur des Anneaux

09/09/2008

C'est (presque) un beau roman...

... c'est (presque) une belle histoire qui commença il y a trois ans, presque jour pour jour.
C'est une histoire qui relève de l'intimité entre deux personnes qu'on nommera Lui et Elle.

Nous étions alors lundi soir. En cette froide rentrée, Lui était avec des amis. Il bût quelques verres durant la soirée - pas trop - peut-être savait-il inconsciemment qu'il allait rencontrer Elle. Lui s'endormît assez tard, vers minuit et se réveilla le lendemain, vers cinq heures, à mon bon souvenir. Il prît son petit-déjeuner, deux cafés puis partît dans son carrosse. Ni Lui ni Elle ne savaient vraiment qu'ils allaient se rencontrer.

Elle commença sa journée comme de nombreuses autres. Elle se leva, puis réveilla sa fille qui avait alors cinq ans. Elles déjeunèrent également. Un millier des choses auraient pu empêcher la rencontre avec Lui, l'homme qui allait changer sa vie. Ce matin-là - qui sait ? - peut-être se réveilla-t-Elle un peu plus tard ou un peu plus tôt que d'habitude. Peut-être sa fille traîna-t-elle pour se lever. Quoi qu'il en fut, Elle partît à l'instant que Dieu, ou le hasard, ou le destin choisit. Un autre millier de choses pût encore empêcher LA rencontre. A-t-elle attendu au cédez-le-passage du pont Clot alors qu'il n'y avait même pas d'autre véhicule ? A-t-elle ralenti pour éviter un lapin sur sa route ?

Et Lui ? Sa fatigue le poussa-t-elle à ralentir et à arriver à l'endroit de la rencontre, au moment qui allait tout bouleverser ? Fut-il ébloui par sa beauté ? Il ferma ses yeux l'espace de quelques secondes. L'instant de tous les instants, l'instant de trois vies. Elle klaxonna. Le poids-lourd de Lui poussa la voiture de Elle dans le ravin. Sa fille dira plus tard "Elle a crié, crié et d'un coup plus rien." C'est dur de crier quand on a la moitié du crâne éclatée et qu'on se vide de son sang.

Elle s'appelait Elisabeth et elle avait 31 ans. Elle est morte tristement, bêtement, douloureusement, le 06 septembre 2005.
Sa présence nous touche encore.