18/10/2010

Lettre de Virgile Moquet

Ma petite Maman chérie,
Ma grande sœur adorée,
Mon petit Papa aimé,

Je vais vivre ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite Maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais pu mourir. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma vie serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser ma sœur. J'ai embrassé mes deux neveux. Quant au véritable je ne peux le faire hélas.
J'espère que je pourrai garder mes affaires elles pourront me servir, et je l'escompte, les garder longtemps. A toi petit Papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour développer la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon neveu que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
28 ans, ma vie est encore courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de rester encore trop proche de certains. Je vais vivre avec mes amis ou loin d'eux. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous attends tous, toutes, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur de grand enfant. Courage !

Votre Virgile qui vous aime.

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Photo : La Mur(g)e - été 2005

30/09/2010

Je suis en manque !

J'ai peine à le dire ici, l'avouer à mes proches ou aux autres.
Au début, on se dit que « c'est pas grave », qu'on n'est « pas seul à faire comme ça » et... je me rends compte que je parle avec des « on » au lieu de « je ». Je vais alors essayer de dire « je », même si ce n'est pas facile.
Je ressens depuis longtemps cette chose. J'entends cette voix douce murmurant sans fin : « Regarde, voilà comme tu es ! »

Vous essayez d'abord de lui résister mais le besoin grandit, déferlant sur vous comme une vague. Un besoin qui vous taraude, vous excite, vous provoque pour pouvoir être assouvi. Puis la voix douce que vous entendiez finit par vous hurler « Fais-le ! » Et vous savez que vous allez obéir parce que c'est la seule chose que vous désirez.
Alors il vous a possédé et vous appartenez à cette chose tapie au fond de vous, à ce passager noir.

Tout a commencé il y a huit ans, presque jour pour jour. C'étaient les prémices. J'avais encore beaucoup de mal à le faire « comme il le fallait. » J'étais assez maladroit et j'en avais honte. Enfin, honte d'être maladroit. Je le faisais deux jours par semaine, des fois plus. J'essayais d'imiter ceux qui avaient l'air d'y arriver, mais je n'y arrivais pas.
C'est devenu vraiment grave trois ans plus tard, là aussi, presque jour pour jour. Au début, je n'y faisais pas attention. Je faisais ça bien et je le faisais plus souvent. Ça devenait naturel et je crois que c'était le problème. C'était naturel. Etait-ce une seconde nature ou ma vraie nature ? La question ne se pose même plus aujourd'hui tant la réponse est évidente.

J'y pensais pendant que je le faisais bien sûr, mais aussi un peu avant et un peu après. Et au bout d'un moment, j'y pensais tout le temps. Ce qu'il s'était passé, dans les moindres détails. Comment ça allait se passer la fois suivante. C'était une obsession et le pire, c'est que j'aimais ça ! Je me faisais détester par de nombreuses personnes, mais j'y étais totalement indifférent. Et puis, d'ailleurs, je me demande si je ne prenais pas plaisir à ça aussi. 


Voilà à peu près comment je vivais mon emploi de surveillant dans un collège.
Mes anciens collègues peuvent en témoigner : j'en ai mis des punitions, j'en ai collé des morveux, j'en ai interdit des jeux stupides, j'en ai terrorisé des enfreigneurs de règlements.
C'était devenu une vraie drogue. Le pouvoir d'interdire à un élève en pleurs de sortir de l'établissement parce qu'il n'avait pas son passeport. Son carnet de correspondance, je veux dire. L'adrénaline qui montait lorsque j'attrapais un élève en train de fumer dans un couloir caché. L'extrême jouissance que je pouvais ressentir quand j'arrivais enfin à coincer l'élève qui avait claqué une boule puante dans le grand hall.

Je guettais toutes les occasions de sortir mes phrases, devenues cultes pour des milliers d'élèves : « Si vous croyez que ça me gène de coller quinze élèves d'un coup, vous vous trompez. » ou bien « Tu sais pourquoi les garçons là-bas regardent dans ta direction ? C'est parce que quand on met une jupe et qu'on s'assoit, il vaut mieux serrer les jambes. »
J'en avais des dizaines ! « On va essayer de communiquer par la pensée. Lis dans mes pensées maintenant. » Ça, c'était quand les élèves se trouvaient aux endroits interdits. En général, ils me comprenaient et partaient. Parfois, je n'avais même pas à dire un mot, un regard (très) appuyé pouvait suffire.
« Je sais pas quoi faire, là. Selon toi, quelle punition je devrais te mettre ? » ou l'une de mes préférées : « Tu as fait ça, ça et ça. Est-ce que tu vois une seule raison pour que je ne te colle pas ? » Eventuellement suivie de « Non, le fait que je sois sympa n'est pas une raison. T'as pas mieux ? Tant pis. Ton prochain mercredi après-midi n'est plus libre. Ah... Tu as foot ? Peut-être, mais pas mercredi prochain. Ou à la limite celui d'après, c'est comme tu préfères. »
Quel plaisir je prenais lorsqu'un élève me demandait quelque chose. La joie dans ses yeux quand je commençais mes phrases, c'était magnifique. Tout autant que l'expression de déception qui se lisait juste après. C'est fou ce qu'un « Bien sûr que non ! » bien prononcé peut avoir plus de répercussions qu'un simple « Non. »
Je m'amusais aussi avec les parents : « Ecoutez Madame, vous êtes la une, deux, trois... la treizième parent d'élève de cette classe que j'appelle et vous êtes le treizième à me dire que votre fils n'est pas allé en cours parce qu'il était le seul dans sa classe. »

J'aurais encore mille anecdotes où j'étais comme poussé à la cruauté et au cynisme. Hélas, mille fois hélas cette période est révolue. Cette partie de moi ne peut plus s'exprimer que lors de rares escarmouches avec quelque interlocuteur généralement hypo-cortiqué...
Plus sérieusement, ces années de pionnicat ont été parmi les expériences les plus formatrices de ma vie d'aujourd'hui, de ma personne même, au même rang que mes études. J'ai tant appris sur les relations humaines et sur la communication, j'ai passé tant de  bon temps que j'y repense souvent avec nostalgie. C'est aussi ça qui est intéressant : les souvenirs désagréables s'effacent peu à peu, laissant d'innombrables moments plus beaux en tête.
Je n'oublierai sûrement jamais cette petite fille qui était amoureuse de moi, mais il m'est déjà difficile de remettre un nom sur ce collégien arrogant qui m'a inspiré moult pensées pas du tout professionnelles.
Sur le chemin de ma vie, ce passage est agréable et - qui sait ? - peut-être y retournerai-je un jour dans d'autres conditions. En attendant, j'invite mes anciens collègues (et éventuellement anciens élèves) à mettre en commentaires ce qu'ils ont aimé ou détesté chez moi, ce qui les a marqué durant cette période.

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Photo : Allos, été 2005
P.S.: une partie du début de ce post  à été inspirée par un épisode de Dexter où sa tutrice évoque son rapport avec l'addiction aux narcotiques. Vous pouvez voir cela comme un hommage plus que comme un plagiat...

28/08/2010

Rien (ou presque)


L'on dit toujours qu'un bon humoriste peut faire rire les gens rien qu'en lisant le dictionnaire. J'en avais fait l'expérience il y a 10 ans tout juste en lisant le mode d'emploi d'un transformateur industriel, ou un truc du genre vachement compliqué. 
Et bien, je vais m'inspirer aujourd'hui de cette croyance populaire (alliée à mon incroyable talent de narrateur) pour récidiver en parlant de... rien.

Faire divaguer ma prose au gré de mes obsessions, mes goûts ou ma folie, juste pour parler de rien, ou presque. Pas du temps qu'il fera demain, quoique vous devriez sortir vos lunettes de Soleil, ni de la politique actuelle du gouvernement, et encore moins de mon point de vue sur la taille maximale recommandée pour les trombones.

Rien. Le désert intersidéral, empli de vide impalpable et invisible comme peut l'être l'argumentaire de Olivier Besancenot quand il parle de l'interdiction des licenciements. Ça balance, hein ? Je réponds au vide par le vide, sans argument. Tiens, comme la fois où je me suis positionné pour la destruction massive et immédiate des Multipla de Fiat. Encore que là, c'était différent, j'avais un argument : les Multipla sont moches ! Mais à bien y regarder, l'argument ne tient pas vraiment. Si on devait détruire ou tuer tout ce qui est moche sur Terre...

Mais, je vais me calmer, car là , je sens que le néant ne l'est plus tout à fait et je me dois de retourner vers d'autres aires inhabitées. Cela pourrait être l'occasion de parler de certaines personnes que je n'ai pas encore pu citer sur ce blog.
Oui, l'une des règles, lorsque l'on fait un récit (un discours par exemple) consiste à s'adresser successivement à des interlocuteurs précis : les femmes, puis le personnel de santé, puis les victimes de délinquance, puis les zoophiles, puis les jeunes, puis les vieux, puis les philatélistes, etc.
Ainsi, pour capter l'attention successive du plus grand nombre de mes amis, ceux-ci ont une place sur mon blog, l'espace d'une phrase, voire même d'un article entier. Mais je n'arrive pas toujours à caser tout le monde dans mes articles et celui-ci peut être l'occasion de donner une place à ceux qui n'en ont pas encore eu.
Je pourrais parler de Caroline, peut-être. Oui, mais laquelle ? De toute façon, les deux ont eu droit à leur propre article. Un(e) ami(e) en particulier, une ex ? Julien, Florence, Makayel, Emily. Leur tour viendra, si ce n'est déjà fait.

Ben oui, « déjà fait ». Il faut parfois analyser la trame du texte plutôt que de se limiter à la couleur du tissu. Mais ça, c'est un peu le boulot du lecteur. Moi, je me triture les neurones à dissimuler Charlie dans une pleine feuille A3, et vous, les lecteurs, vous avez le choix entre regarder simplement l'image ou bien vous triturer les neurones pour trouver Charlie.
Tenez, par exemple, vous croyez vraiment que j'ai caressé un chamois dans la forêt ? En fait, c'est un peu comme un système de cryptage comme on voit dans les films d'espionnage. En surface, ça peut paraître intrigant, drôle ou agréable à lire, mais en vrai, c'est peut-être des ordres pour faire péter une bombe nucléaire sur Washington... Et oui, il faut y penser, à ça !

Mais je me rends compte, une fois de plus que je remplis cet espace que je voulais plein de rien. Rien, un peu comme la pile des bulletins de vote du MODEM où les caisses de l'assurance maladie. C'est dur de rien dire ! Regardez, même Miss France dit ce dont elle rêve. Elle remplit, elle ! Avec un BTS d'esthéticienne, parfois un diplôme d'infirmière, certes, mais elle remplit. Elle évacue le rein, comme après une greffe ratée (là, c'est un jeu de mots tout pourri. Vous avez le droit de me jeter des aliments avariés dessus pour me punir. Enfin, sur l'écran de votre PC, parce que là, je ne suis pas en face de vous).

Sinon, j'ai un ami qui m'a sorti une phrase intéressante, il y a quelques semaines : « Moi personnellement, je partage l'avis de ceux qui sont d'accord avec moi en ce qui concerne certains points de vue relatifs à ce que je pense de ces questions-là. »
Voilà comment on peut remplir de rien.

Mais maintenant que j'y pense, je me rends compte que j'ai réussi à glisser les deux-trois infos intéressantes que je voulais glisser en faisant semblant de parler de rien, donc, maintenant que c'est fait...
Je vous remercie pour votre attention. A très bientôt pour un nouvel article passionnant !


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Photo : Avignon, juillet 2010 – Est-ce vraiment de la folie ?

29/07/2010

Hier soir, dans les ruelles embrumées de mon âme


Hier soir, dans les recoins obscurcis de Thorame,
Hier soir, dans les ruelles embrumées de mon âme,
J'ai rencontré quelques compagnons de chemin
Présents parfois depuis un passé lointain.

Presque nus, ces êtres qui n'en sont pas vraiment,
Etalaient leurs apparats les plus séduisants.
Pour un moment, voulant à tout prix m'attirer,
Ils comptent encore avec moi longtemps deviser.

Très tôt sur mon chemin, je pus trouver Humour.
Il me dit : « J'en ferai fuir de ta petite cour,
Je suis noir, lourd, corrosif, j'ai six-cents facettes.
Mais je suis toi, ceux qui m'aiment t'acceptent. »

Plus loin sur un vieux banc, rêvaient deux acolytes.
« Je suis le volant, lui, le frein de ta conduite.
Tu as besoin de moi, tu devras l'endurer. »
J'ai vu Intelligence, et Paresse à côté.

Dans le jardin public, un garçon m'appelait : 
« Tu viens de voir ma mère, mais c'est mieux de jouer !
J'ai un nom impossible, je fais pas mes devoirs.
"Procrastination", allons sur la balançoire. »

Lors, une femme ceinturée de néant murmurait : 
« Je suis ton pire fléau, comme je fais tes succès.
En bonne épouse, j'empêche quiconque de t'approcher. »
C'était Solitude, maladroite île imposée.

Au hasard de mes pas, une étudiante offrait
Les clés pour comprendre l'Homme et sa société.
Elle me demanda d'être prudent avec elle,
Quand elle sert pour les autres, c'est là qu'elle est belle.

Des enfants courraient sur la place des marronniers, 
« Tout le monde nous aime, viens avec nous jouer »
C'était le Sport et les Arts qui faisaient les durs.
Mais seuls Ecriture et Photographie me plurent.

A force de fouiller, je vis enfin cette femme 
« Tu cherchais à vaincre le fléau de ton âme,
Si tu me retrouves, je serai plus forte qu'elle. »
Ainsi parla Amour, puis disparut au ciel.

Egaré, je continuais mes errements
Inquiété par ceux que je verrai au tournant
Résignation, Peur et mille autres m'appelèrent
Je fis le choix de les laisser loin, loin derrière.

Au bout de mon voyage, se trouvait ma maison
Où j'invitais à venir tous ces compagnons.
Ceux qui les aiment y seront toujours bienvenus
En espérant voir un jour la timide élue.

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Photo : Le mois dernier sur les quais troublés de Paris

30/06/2010

Affaire 2010 C4R0/83 - L'Etat contre Zazie

Nom : De Truchis de Varenne
Prénom : Isabelle
Nom d'usage : Zazie
Chefs d'accusation :
- article 278-1 du code amoureux portant sur la cruauté envers une personne amoureuse
- article 6 du code amoureux portant sur l'ambiguïté dans une relation
La parole est maintenant au Procureur de la République.

Aujourd'hui, nous n'allons pas accabler Zazie de tous les maux de la Terre. Non. Zazie, ici présente, possède avant tout des qualités qui ne sont aucunement négligeables : ses mélodies, ses chansons sont souvent bien calibrées, un peu variété, un peu pop-rock. Voici de quoi charmer un public majoritairement féminin. Ou gay.
Certes, ses paroles sont souvent... à l'image de son physique, pouvons-nous dire. Un peu plates. Mais aux dernières nouvelles, cela n'est pas contraire aux lois actuellement en vigueur dans notre pays.

Plongeons-nous maintenant dans l'univers de l'accusée : Zen, Larsen, Homme sweet homme, etc., voilà de quoi jouer en sa faveur.
Et puis il y a Chanson d'ami. Zazie y dit à un ami qu'elle le considère justement comme un ami, mais pas plus. Les paroles y sont crues, voire cruelles. Je laisse la cour en juger : "Je ne t'aime pas. Je t'aime bien."
Je rappelle à la cour que la jurisprudence actuelle fait souvent preuve de sévérité dans pareil cas. Car, rappelons-le, ces paroles tombent sous le coup de l'article 278 alinéa 1 du code amoureux. Oui, il est clairement interdit de s'adresser un homme amoureux (ou une femme) de cette façon, n'en déplaise à Madame de Truchis de Varenne.  L'accusée eut été bien mieux inspirée en utilisant d'autres formulations plus douces et tout aussi vraies : "Tes intentions sont très touchantes, mais je ne souhaite pas avoir ce genre de relation avec toi." ou bien "J'aimerais ressentir les mêmes sentiments que les tiens, mais ce n'est pas le cas. Cela ne m'empêche pas de vouloir garder contact avec toi." Madame de Truchis de Varenne ne pouvait ignorer lors de l'infraction qu'elle était hors-la-loi, elle ne pouvait ignorer qu'elle avait le choix ! Elle l'a fait en toute connaissance de cause, ce qui aggrave son cas !

Mais il y a encore pire que ces mots.
Dans cette même chanson, Madame de Truchis de Varenne introduit la pire chose qui puisse exister pour un homme amoureux ou même dans une relation quelle qu'elle soit : l'ambiguïté.
Madame de Truchis de Varenne, dans les derniers couplets, modifie de manière presque imperceptible les paroles de sa chanson. Au lieu de dire "Ce n'est qu'une chanson d'ami, promis pas d'amour." Madame de Truchis de Varenne murmure "Ce n'est qu'une chanson d'ami, promis mon amour."
Oui, vous avez bien entendu "MON AMOUR !" L'accusée réussit le tour de force de dire dans la même chanson, au même interlocuteur, "Je ne t'aime pas" et à l'appeler "Mon amour".
Ceci est donc une ambiguïté aux yeux de la loi. A quel moment doit-on croire l'accusée ? Lorsqu'elle dit qu'elle n'aime pas cette personne ou lorsqu'elle dit l'aimer ? L'on peut même imaginer que l'accusée adopte des comportements ambigus avec celui que nous pouvons désormais appeler sa victime. Comment alors interpréter un sourire de l'accusée ? un mot doux ? une invitation ? Doit-on voir de tels agissements à la lumière du "Je t'aime bien" ou du "Mon amour" ?
C'est précisément pour éviter ces situations dramatiques pour de nombreuses personnes qu'a été rédigé par le législateur l'article 6 du code amoureux.

Nous avons donc fourni la preuve que Madame de Truchis de Varenne a enfreint deux articles de loi parmi les plus graves du code amoureux. L'accusée ne nie même pas les faits. Certes, la défense aura beau jeu de dire que sa cliente agissait sans connaître toutes les subtilités de la loi française, mais ce ne sont là que mensonges destinés à tromper la cour !
Pour toutes ces raisons, je demande respectueusement à la cour l'application la plus raisonnable possible de la loi. La peine de mort, qui aurait eu valeur d'exemple pour de nombreux bourreaux, ayant été abolie, Madame de Truchis de Varenne devra absolument participer à un stage de remise à niveau du comportement humain dans les situations amoureuses.
En outre, l'accusée devra clarifier sa situation vis-à-vis de sa victime, par exemple au cours d'un repas qu'elle aura elle-même provoqué.
Enfin, je demande à la cour une période de cinq années de mise à l'épreuve concernant Madame de Truchis de Varenne, période durant laquelle elle devra montrer des efforts significatifs dans son comportement, toute nouvelle infraction étant alors considérée comme une provocation envers la justice de la République et une mise en danger de la société, ce qui entraînerait alors une lourde peine d'emprisonnement.
Je remercie la cour d'avoir pris mes paroles en compte.


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Photo : Pas facile de comprendre quelque chose quand une photo est troublée... - Noël 2006, Aix-en-Provence