Oui, je vais parler politique.
RSA ? Présence de l'Armée en Afghanistan ? Affaire Tapie ? Résultat des Sénatoriales ? Tripatouillage desdites élections ? Que nenni, nous allons parler des conditions de vie étudiantes.
Ah, il y aurait des centaines de choses à faire afin d'améliorer la vie étudiante : améliorer l'accès et l'accompagnement pour les handicapés, faciliter la mobilité des étudiants (imaginez, au hasard, un étudiant qui habite, au hasard, Thorame-Haute et qui fait ses études, au hasard à Aix-en-Provence). Que faire d'autre ? Augmenter le volume et la variété des livres dans les bibliothèques universitaires, améliorer l'état et la propreté des facs. Au niveau du CROUS, réviser les conditions d'attributions des bourses, afin que celles-ci collent mieux au besoin des étudiants, augmenter le nombre de logements universitaires et les attribuer aux étudiants qui en ont besoin et pas à ceux qui connaissent le directeur de la cité U. Il y en aurait des choses à faire.
Bien heureusement, une personne passe bien au-dessus de ces tracas et s'occupe des vrais problèmes : la défense des fils et filles-à-papas qui sont obligés de cohabiter avec leurs parents. Ca, c'est du problème. Les repas du Resto U dégueux ? Non ! Les étudiants aixois qui sont obligés d'aller à Marseille pour une seule matière ? Non ! Les cités U vétustes, les facs qui tombent en lambeaux ? Non !
"On a le droit de vote mais pas l'accès à l'autonomie" , se plaint cette militante de l'UNEF, dans La Provence du 11 septembre 2008. Elle réclame donc la création d'une "aide universelle", pour que chaque étudiant accède à l'autonomie. "Universelle" ? Cela signifie pour tous. Donc, sans condition de ressources ? Sans rapport avec l'éloignement du logement familial et de la fac ?
Je m'offusque. La vie étudiante peut, doit, se défendre sur des dizaines de points, comme ceux que l'on a évoqué, mais franchement. Pour une étudiante qui habite à Aix et va à la fac à Aix, il y a plus important que vivre chez soi pendant la semaine et retourner chez Papa-Maman le week-end pour faire laver son linge.
Il s'agit là ni plus ni moins que du caprice d'une fille-à-papa qui en a marre de vivre avec ses parents, mais qui est loin des vrais besoins des étudiants. Cette étudiante donne une mauvaise image des luttes étudiantes.
En plus, nous connaissons déjà cette étudiante...
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Photo : La Barben - été 2008

