28/01/2011

Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera

J'ai un excellent ami que nous allons appeler Régis. Mais ce Régis n'est pas un con. Je le connais depuis environ toujours. Nous avons atteint une proximité que je rencontre avec peu de personnes et, sans vouloir me vanter, je pense être une des rares personnes sur Terre qui le connaisse et le comprenne aussi profondément. Souvent, il n'a pas besoin de parler, je sais ce qu'il veut me dire. Nous sommes, comme on dit, sur la même longueur d'ondes.
Oh, évidemment, tout n'est pas exactement parfait entre nous deux : nous avons des idées politiques on ne peut plus opposées, j'ai quelques légers reproches à lui faire, nous avons eu quelques différends. Et tous ces points sont réciproques.

Nous avons donc bâti quelque chose ensemble, quelque chose qui semble être d'une solidité singulière, mais malgré cela, je ne l'ai vu pleurer que trois fois, alors que je me doute qu'il est en vérité bien plus sujet à ce genre de manifestations.

La première fois, c'était il y a une dizaine d'années. Il traversait alors des difficultés que je comprenais mal. Moi-même, je n'aurais sûrement pas su faire face à ces difficultés. Il a tenu bon. Douloureusement, mais il a tenu bon. Un jour, il m'a manifesté cette douleur. Nous étions assis sur les marches d'une grande maison aux volets verts dominant une placette, et sans que l'un d'entre nous ne s'y attende, les digues ont lâché. Je ne savais pas trop quoi dire ou faire. J'ai essayé de l'aider, mais je me suis perdu dans des questions inutiles et je ne sais pas si je lui ai vraiment été utile à ce moment-là.

La deuxième fois, c'était il y a cinq ans, au décès de l'une de ses amies dont moi-même j'étais encore plus proche. Je l'ai vu entrer chez moi et lorsqu'il a voulu saluer les personnes présentes, il est tombé en sanglots dans les bras de la première personne venue, plus touchée que lui. Nous étions plusieurs, les yeux épuisés de larmes, et ses larmes apportaient encore de l'oxygène au feu qui nous consumait. Mais il était là, en partie pour moi et ça aussi ça m'a touché. Bon, durant les jours suivants, je l'ai vu pleurer pas mal de fois, mais je ne les compte que pour une seule.
Il a été d'une bienveillance et d'un soutien exemplaires envers moi et malgré son chagrin. Il n'a compté ni les heures ni les pleurs pour jouer son rôle d'ami. Il m'a remplacé durant mes absences, il a été un soutien lors de mes présences.
A un moment, il m'a tapé sur l'épaule pour me dire « Regarde, on est tous derrière toi. » Il avait réuni derrière moi tous mes amis les plus proches. J'ai n'ai jeté qu'un œil furtif. Un peu plus tard, j'ai glissé un mot à ma petite amie, puis j'ai à nouveau jeté un œil furtif encore plus tard. Il ne sait pas trop pourquoi, mais je ne lui ai jamais dit ce que j'ai ressenti à ce moment-là.

La troisième fois, c'était il y a juste quelques semaines. Il me dressait son bilan, particulièrement pessimiste, de l'année écoulée. Un excellent début, puis une dégringolade sans fin. Ses perspectives étaient à peine plus gaies. Et il a craqué. Je le soupçonnerais presque d'avoir préparé son coup.
C'est toujours gênant de voir quelqu'un pleurer. On ne sait jamais trop comment réagir. Surtout que là, je pouvais pas dire grand' chose. Il était lucide, ça faisait des mois qu'il avait tourné toutes ses idées dans sa tête. Ça faisait des mois qu'il cherchait des solutions. Et je me rendais compte que ça faisait des mois qu'il était en détresse. Et que ça faisait des mois que je n'avais pas été là.
Que pouvais-je lui apporter comme solution nouvelle ? Aucune. Mais ce soir-là, j'ai été présent. C'était peut-être la seule chose qu'il attendait de moi, faute de pouvoir lui apporter la solution miracle à laquelle il n'aurait pas pensé.

Au fond, c'est aussi cela que l'on peut attendre d'un ami : être là, rendre la pluie plus agréable, le froid moins mordant, la douleur plus légère. 

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Photo : Thorame, été 2006

21/12/2010

Deux ans avant l'apocalypse

C'est officiel, nous sommes à deux ans exactement de la fin du monde. Oui, c'est officiel. Le calendrier maya prend fin le 21/12/2012. Le même constat s'impose au regard des prédictions de Nostradamus ou du webbot, du nouveau cycle hindou, etc. Même la Bible l'affirme ! (cf. le code secret de la Bible) Raz-de-marées, éruptions volcaniques, séismes, météorites, holocauste nucléaire, c'est ce qui nous attend. Fin du monde, nous voilà !

Là où tout le monde n'est pas d'accord, c'est sur la façon dont ça va se passer. Destruction totale de la population terrienne ou énorme(s) cataclysme(s) laissant quelques poignées de survivants par-ci par-là ?


Une chose est sûre, c'est que je ne vivrai pas la fin du monde avec certaines personnes parties durant l'année. Pas qu'il y ait eu beaucoup de morts dans mon entourage, juste que quelques amis ou compagnons ont décidé de continuer leur chemin en se séparant de moi.
J'ai d'abord été blessé à chacun de ces départs, mais aujourd'hui, je suis simplement déçu.

Toi, mon ami qui rendit la pente de mon chemin moins abrupte,
Toi, autour de qui je bâtis ma plus belle œuvre,
Toi, la compagne d'un moment trop bref, en qui j'avais placé peut-être plus que tu ne le penses,
Toi, l'ancienne inconnue rencontrée au hasard de mes divagations,
Toi, qui n'as pas su pardonner mes erreurs,
Toi encore, qui n'a pas voulu chercher plus profondément une signification dans mes paroles,
Tu as décidé de partir, j'ai essayé de te retenir, peut-être trop. Mais c'est toujours difficile d'accepter l'impuissance. Alors je t'en ai voulu de partir comme ça, pour de mauvaises raisons. Mais après tout, tu ne me dois rien. Tu es parti avec la confiance que je t'avais donnée, l'espoir que je t'avais confié, un peu de mon amitié, un peu de mon cœur, un peu de mes fondations ou un peu de tout ça.
Voilà tout ce que tu as pu emporter avec toi, mais je te le laisse. Un jour ou pendant des années, je t'ai offert tout ça et tu m'en as offert autant en retour jusqu'à ce jour où, pour des raisons qui t'appartiennent, tu as voulu arrêter ces échanges. Garde ces cadeaux en ton sein, utilise-les, fais-les fructifier, régale-toi de ces fruits. Que notre ancien lien te serve encore longtemps.

En venant t'asseoir auprès de moi, même le temps d'un battement d'aile, tu as gagné une place unique. Comme on le dit, les histoires, d'amour ou d'amitié, ne se terminent jamais vraiment. Elles continuent, chacun de son côté. Et peut-être qu'un jour tu voudras de nouveau goûter les joies que nous avons connues ou en construire d'autres, différentes. Alors tu pourras revenir prendre ta place parce que tu ne m'as pas blessé assez pour que je veuille t'en bannir.

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Photo : Porto, Noêl 2007 - Avec un peu d'imagination, on peut penser voir l'ange de l'apocalypse...

30/11/2010

La dure vie des célibataires - Stade 0 à 2

Mardi 17. C'est la énième dispute et Sophie a franchi le cap : elle l'a plaqué. A cet instant, Marc entre dans le stade 0 du célibataire. Ce stade est indéfinissable tant il est différent chez les millions d'hommes célibataires dans le monde. Cette rupture peut être perçue comme une libération, un drame, un mauvais passage, un recentrage sur soi, etc. Même si, au fond, c'est souvent un mélange de tout ça...

C'est à partir du stade 1 que nous pouvons commencer à définir les points communs à tous les célibataires.

Ce stade arrive souvent sans que le sujet n'en ait vraiment conscience. Il se développe lentement, dans la prolongation du stade 0. Un indice permet toutefois de déceler la transition entre ces deux stades : c'est quand le célibataire se remet à draguer. Il utilise alors les méthodes traditionnelles : collègues de travail, amis d'amis en soirée, boîtes de nuit, etc.
Il faut dire que, sans mauvais jeu de mots, le pendant de cette situation, c'est que le célibataire commence à regarder quelques pornos par-ci par-là.

L'aspect général de l'appartement montre peu à peu que son occupant est célibataire : la vaisselle sale s'entasse, le frigo et les placards se vident. Le sol aurait bien besoin d'un coup de balai.
Seul point positif qui change l'appartement : le célibataire décide qu'il est enfin temps de s'acheter son fameux écran plat...


Au stade 2, les choses commencent à se gâter.

Côté drague, le célibataire passe en marche forcée. Ses seuils d'exigence vont peu à peu s'abaisser au niveau des filles potables, puis au niveau des moches. Ce point est valable pour tous les autres critères : le célibataire va draguer des femmes plus âgées qu'à l'accoutumée, des filles de moins en moins drôles, de plus en plus paumées, éventuellement de moins en moins riches...
Parallèlement, le célibataire regarde de plus en plus de pornos. Il en télécharge quelques uns sur son ordi, mais il les dissimule dans un dossier appelé « Factures 2007 » ou bien « Photos réfection de la toiture » ou encore « Courrier SFR ». De toute façon, le genre de dossier où personne n'ira fouiller...

L'aspect nourriture est aussi intéressant. Les placards contiennent principalement des pâtes, de la sauce tomate et des paquets de biscuits que le célibataire n'aime pas. En y repensant bien,la dernière fois qu'il a mangé un légume c'était... « hier ? La sauce tomate ? Ah ! Un légume frais ? Une salade ? Ben... c'était la fois où Sophie avait préparé une salade de tomates. Y'a deux mois à peu près... »

Dans ce stade, la propreté commence à être préoccupante, mais pas encore inhumaine. Le linge propre s'accumule sur une chaise en même temps que son armoire se vide. Le célibataire tape à chaque fois dans le tas de vêtements pas repassés pour s'habiller. Les poubelles débordent, la vaisselle sale déborde, la table du salon déborde de courrier à peine ouvert. Tout déborde. Sauf le frigo, toujours plus vide.

Seul sanctuaire à peu près acceptable, le coin télé est bien aménagé : un petit meuble à côté du fauteuil pour déposer la bière ou la pizza, les étagères qui s'enjolivent de nouveaux DVD, des DVD pour les vrais mecs avec Will Smith ou Angelina Jolie, avec plein d'explosions et d'action.


Désormais, le célibataire aime aller au travail, non pas parce qu'il aime ça, mais par contraste avec son domicile...


Le pire, c'est-à-dire les stades 3 et 4, sera abordé lors d'un prochain article.

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Photo : Une bonne photo pour illustrer la solitude, prise lors d'une rando incroyable autour de Thorame, (au lac de Lignen pour ceux que ça intéresse) - été 2010

18/10/2010

Lettre de Virgile Moquet

Ma petite Maman chérie,
Ma grande sœur adorée,
Mon petit Papa aimé,

Je vais vivre ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite Maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais pu mourir. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma vie serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser ma sœur. J'ai embrassé mes deux neveux. Quant au véritable je ne peux le faire hélas.
J'espère que je pourrai garder mes affaires elles pourront me servir, et je l'escompte, les garder longtemps. A toi petit Papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour développer la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon neveu que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
28 ans, ma vie est encore courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de rester encore trop proche de certains. Je vais vivre avec mes amis ou loin d'eux. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous attends tous, toutes, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur de grand enfant. Courage !

Votre Virgile qui vous aime.

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Photo : La Mur(g)e - été 2005

30/09/2010

Je suis en manque !

J'ai peine à le dire ici, l'avouer à mes proches ou aux autres.
Au début, on se dit que « c'est pas grave », qu'on n'est « pas seul à faire comme ça » et... je me rends compte que je parle avec des « on » au lieu de « je ». Je vais alors essayer de dire « je », même si ce n'est pas facile.
Je ressens depuis longtemps cette chose. J'entends cette voix douce murmurant sans fin : « Regarde, voilà comme tu es ! »

Vous essayez d'abord de lui résister mais le besoin grandit, déferlant sur vous comme une vague. Un besoin qui vous taraude, vous excite, vous provoque pour pouvoir être assouvi. Puis la voix douce que vous entendiez finit par vous hurler « Fais-le ! » Et vous savez que vous allez obéir parce que c'est la seule chose que vous désirez.
Alors il vous a possédé et vous appartenez à cette chose tapie au fond de vous, à ce passager noir.

Tout a commencé il y a huit ans, presque jour pour jour. C'étaient les prémices. J'avais encore beaucoup de mal à le faire « comme il le fallait. » J'étais assez maladroit et j'en avais honte. Enfin, honte d'être maladroit. Je le faisais deux jours par semaine, des fois plus. J'essayais d'imiter ceux qui avaient l'air d'y arriver, mais je n'y arrivais pas.
C'est devenu vraiment grave trois ans plus tard, là aussi, presque jour pour jour. Au début, je n'y faisais pas attention. Je faisais ça bien et je le faisais plus souvent. Ça devenait naturel et je crois que c'était le problème. C'était naturel. Etait-ce une seconde nature ou ma vraie nature ? La question ne se pose même plus aujourd'hui tant la réponse est évidente.

J'y pensais pendant que je le faisais bien sûr, mais aussi un peu avant et un peu après. Et au bout d'un moment, j'y pensais tout le temps. Ce qu'il s'était passé, dans les moindres détails. Comment ça allait se passer la fois suivante. C'était une obsession et le pire, c'est que j'aimais ça ! Je me faisais détester par de nombreuses personnes, mais j'y étais totalement indifférent. Et puis, d'ailleurs, je me demande si je ne prenais pas plaisir à ça aussi. 


Voilà à peu près comment je vivais mon emploi de surveillant dans un collège.
Mes anciens collègues peuvent en témoigner : j'en ai mis des punitions, j'en ai collé des morveux, j'en ai interdit des jeux stupides, j'en ai terrorisé des enfreigneurs de règlements.
C'était devenu une vraie drogue. Le pouvoir d'interdire à un élève en pleurs de sortir de l'établissement parce qu'il n'avait pas son passeport. Son carnet de correspondance, je veux dire. L'adrénaline qui montait lorsque j'attrapais un élève en train de fumer dans un couloir caché. L'extrême jouissance que je pouvais ressentir quand j'arrivais enfin à coincer l'élève qui avait claqué une boule puante dans le grand hall.

Je guettais toutes les occasions de sortir mes phrases, devenues cultes pour des milliers d'élèves : « Si vous croyez que ça me gène de coller quinze élèves d'un coup, vous vous trompez. » ou bien « Tu sais pourquoi les garçons là-bas regardent dans ta direction ? C'est parce que quand on met une jupe et qu'on s'assoit, il vaut mieux serrer les jambes. »
J'en avais des dizaines ! « On va essayer de communiquer par la pensée. Lis dans mes pensées maintenant. » Ça, c'était quand les élèves se trouvaient aux endroits interdits. En général, ils me comprenaient et partaient. Parfois, je n'avais même pas à dire un mot, un regard (très) appuyé pouvait suffire.
« Je sais pas quoi faire, là. Selon toi, quelle punition je devrais te mettre ? » ou l'une de mes préférées : « Tu as fait ça, ça et ça. Est-ce que tu vois une seule raison pour que je ne te colle pas ? » Eventuellement suivie de « Non, le fait que je sois sympa n'est pas une raison. T'as pas mieux ? Tant pis. Ton prochain mercredi après-midi n'est plus libre. Ah... Tu as foot ? Peut-être, mais pas mercredi prochain. Ou à la limite celui d'après, c'est comme tu préfères. »
Quel plaisir je prenais lorsqu'un élève me demandait quelque chose. La joie dans ses yeux quand je commençais mes phrases, c'était magnifique. Tout autant que l'expression de déception qui se lisait juste après. C'est fou ce qu'un « Bien sûr que non ! » bien prononcé peut avoir plus de répercussions qu'un simple « Non. »
Je m'amusais aussi avec les parents : « Ecoutez Madame, vous êtes la une, deux, trois... la treizième parent d'élève de cette classe que j'appelle et vous êtes le treizième à me dire que votre fils n'est pas allé en cours parce qu'il était le seul dans sa classe. »

J'aurais encore mille anecdotes où j'étais comme poussé à la cruauté et au cynisme. Hélas, mille fois hélas cette période est révolue. Cette partie de moi ne peut plus s'exprimer que lors de rares escarmouches avec quelque interlocuteur généralement hypo-cortiqué...
Plus sérieusement, ces années de pionnicat ont été parmi les expériences les plus formatrices de ma vie d'aujourd'hui, de ma personne même, au même rang que mes études. J'ai tant appris sur les relations humaines et sur la communication, j'ai passé tant de  bon temps que j'y repense souvent avec nostalgie. C'est aussi ça qui est intéressant : les souvenirs désagréables s'effacent peu à peu, laissant d'innombrables moments plus beaux en tête.
Je n'oublierai sûrement jamais cette petite fille qui était amoureuse de moi, mais il m'est déjà difficile de remettre un nom sur ce collégien arrogant qui m'a inspiré moult pensées pas du tout professionnelles.
Sur le chemin de ma vie, ce passage est agréable et - qui sait ? - peut-être y retournerai-je un jour dans d'autres conditions. En attendant, j'invite mes anciens collègues (et éventuellement anciens élèves) à mettre en commentaires ce qu'ils ont aimé ou détesté chez moi, ce qui les a marqué durant cette période.

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Photo : Allos, été 2005
P.S.: une partie du début de ce post  à été inspirée par un épisode de Dexter où sa tutrice évoque son rapport avec l'addiction aux narcotiques. Vous pouvez voir cela comme un hommage plus que comme un plagiat...